Dungeon of the Endless

Disponible depuis quelques temps déjà sur l’accès anticipé de Steam, Dungeon of the Endless vire sa cuti et sort enfin dans la cour des grands. Faisant figure d’outsider entre les deux monstres que sont Endless Space et Endless Legend, il mange de la même mythologie en faisant bande à part. Il est un peu comme une petite friandise que le studio frenchy du moment qui monte se serait permise. Derrière une apparente simplicité, il pourrait par contre vous étonner par la richesse intérieure qui est la sienne.

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Donjons sans dragons

Le Succès est un vaisseau spatial qui avait pour mission de livrer un paquet sur Auriga Prime, une planète prétendument inexplorée. En vérité, une ancienne civilisation appelée Endless y aurait laissé sa marque il y a de cela bien longtemps. Cette livraison est composée de prisonniers, qui pour regagner un semblant d’humanité devront y jouer de l’huile de coude pour dompter ces terres inconnues. Seulement voilà, tout ne se passe pas comme prévu. Les systèmes de défense de la planète se réveillent et font du vaisseau un méchoui de métal en feu.

Une nacelle de survie s’échappe à temps pour s’échouer dans un donjon. Mais ce n’est pas un donjon comme les autres. C’est un donjon Endless. Voilà pour le contexte qui plaira sans aucun doute aux fans du méta-univers inventé par Amplitude Studios. Dans cet épisode à part, on troque les rictus habituels du 4X pour y ajouter un peu plus de roguelike au goût tower-défensif. Prisonniers et gardes ne sont plus. Il ne reste que des survivants, ou plutôt des héros.

Il n’y aura pas énormément de narration dans ce jeu. Par contre, il est de grande classe. Dans un style qui rappelle furieusement le meilleur du pixel art et de la 3d low-fi façon Playstation, c’est un jeu très coloré, mais parfois aussi un peu fouillis en pleine action il est vrai. Il reste néanmoins un plaisir des yeux et une gourmandise au goût légèrement rétro.

L’excellente bande son, disponible gratuitement d’ailleurs, parachève la beauté éphémère de ces donjons sans lendemain. Ils sont générés aléatoirement au cas où vous n’auriez pas compris ma sublime prose de comptoir. Bref, j’ai joué à Dongeon of The Endless. Ce fut magnifique pour mes yeux et mes oreilles.

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Vivre et laisser mourir

Votre mission, si vous l’acceptez, sera de survivre ou inévitablement périr. Douze étages vous séparent de la liberté. Douze étages à traverser, non sans difficultés, à transporter un cristal de Brume (Dust). Il s’agit de la fameuse énergie qui anime toutes les convoitises dans le petit monde d’Endless. Dune avait l’Epice, Auriga aura la Brume. Cet énorme cristal est vital à votre survie. Sans lui, impossible d’alimenter en énergie les différentes pièces du donjon.

Car une pièce sans alimentation, c’est une pièce où apparaîtront inévitablement des monstres. De toute façon, votre objectif est de paver le chemin entre le cristal et la sortie de l’étage en cours pour vous enfuir avec. Le cristal détruit, vous perdez la partie. Enfin pour cela, il faut déjà ne pas mourir soi-même avant que cela ne se produise.

Roguelike oblige, la défaite implique de recommencer de zéro. Le seul sentiment de progression réel vient des héros à débloquer et de nouveaux vaisseaux qui se verront accompagnés de nouvelles conditions de jeu pouvant changer notre façon de s’amuser en ces lieux. C’est plutôt sympa pour la rejouabilité.

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Stratégie dans un mouchoir de poche

Du coup, votre réussite va passer par une préparation minutieuse de votre avancée dans les couloirs de ce donjon Endless. Pas trop non plus. Quelque part, en prenant du recul, on aura l’impression d’être dans un 4X simplifié. Arcade dans l’esprit même. Quand je dis arcade, je veux dire accessible par la simplicité de sa prise en main. Par contre, cela veut également dire “attention, jeu difficile!” (il faut bien vous délester de vos quelques sous). Ne vous laissez donc pas berner par les deux modes de difficulté qui se prénomment facile et très facile. On les imagine mal être naïf chez Amplitude. Il s’agit donc plus d’un troll de leur part. L’un comme l’autre, mais surtout le mode facile, vous en feront baver.

Pour en revenir au 4X, DotE en a les caractéristiques. Vous devrez eXplorer le donjon, eXpanser votre prise sur ce territoire sauvage, eXploiter les ressources qu’il aura à vous offrir et enfin eXterminer toute menace. Bien évidemment, tout est à un degré moins compliqué – en apparence – que dans Endless Space ou Endless Legend. Votre plongée dans cet environnement sera plus rapide, directe et instantanée. On ne vous laisse pas le choix de toute façon malgré la présence d’un bouton pause.

C’est alors que le côté tower-defense prend le pas. Une salle pourra renfermer des slots mineurs et majeurs. Dans les premiers pourront être installés en échange d’une ressource dite d’industrie, une tourelle pour l’attaque ou ou la défense. Ou bien encore d’autres gadgets. Les slots majeurs serviront à un installer des modules aux utilisations variées souvent orientées vers l’exploitation de ressources. Néanmoins, pour fonctionner, la pièce où vous compterez installer ces modules devra être alimentée en Brume.

Or, cette denrée est rare. Parfois récupérée en ouvrant une nouvelle porte, souvent en éliminant des ennemis, sa faible quantité vous obligera à prendre des décisions drastiques. Illuminer une pièce plutôt qu’une autre veut dire que celle restée dans les ténèbres sera peut-être l’endroit où des monstres feront surface. C’est impossible à éviter si vous vous laissez avoir par votre avarice. Il faudra parfois éviter d’ouvrir trop de salles d’un coup pour mieux assurer le transport du cristal de l’entrée à la sortie de l’étage en cours. Car une fois le transport lancé, les “chiens” seront lâchés, toutes les portes ouvertes, et vous ne pourrez que fuir face à tant de dangers.

D’autant que vos ennemis n’auront pas tous le même comportement. Leur but principal est de détruire le cristal. Mais tandis que certains s’arrêteront devant vos héros pour les combattre ou détruire vos modules, d’autres continueront d’avancer sans demander leur reste pour se rendre directement à celui-ci. D’où l’utilité des tourelles. Sur le principe, on est par conséquent très proche du tower defense.

Excepté en ce qui concerne la gestion de vos héros et de vos ressources. Sous cet aspect, Dungeon of the Endless se révèle un trésor d’ingéniosité. Cette couche de complexité supplémentaire vient compléter le tableau d’un jeu au final plus stratégique que famélique, qui le met directement dans le haut du panier.

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Ressources en voie de disparition

Nourriture, industrie et science. Voici les trois éléments fondateurs de votre survie. Sans oublier la Brume. La nourriture servira à améliorer vos héros ou à les soigner. S’ils récupèrent leur vie à la fin d’un combat, rien ne dit qu’un peu de soins pendant ne leur sera pas souhaitable. Ensuite, un petit level up pour augmenter leur statistiques et ajouter de précieuses compétences actives ou passives ne sera pas de refus. Oh que oui vous le ferez sous peine de mort. Le souci étant que plus aurez d’individus à votre solde, plus il faudra diviser la nourriture entre eux.

Il vous faudra choisir qui montera le plus souvent de niveau, à moins que vous ne soyez communiste et ne vouliez faire dans le partage équitable. Cela peut très bien marcher, si derrière vous vous sentez capable de gérer la difficulté que cela peut apporter. Car les monstres n’attendront pas, eux, de monter en puissance. C’est comme ça.

Les deux autres ressources auront un impact différent. L’industrie servira à construire les fameux modules majeurs et mineurs dont j’ai déjà parlé plus haut. Par contre, chaque nouveau module majeur installé augmentera le prix de l’installation du suivant. La science, utilisable dans des espèces de gros cristaux, vous offriront l’opportunité de développer de nouvelles technologies ou d’en améliorer d’existantes au prix de quelques tours d’attente.

Tout repose en effet sur le principe de tour. Plus exactement l’ouverture des portes. Une porte ouverte équivaut à un tour. Au passage vous ramasserez parfois de la Brume et un certain nombre de ressources conditionnées par les modules majeurs installés. Tout le sel du jeu repose là-dessus. Sur une bonne gestion de vos ressources mais surtout sur la prise de risque. Car derrière ces portes peuvent se trouver un vendeur, des coffres, un tas de trucs différents, mais surtout des ennemis en quantité. Il faudra bien à un moment éviter d’ouvrir la porte de trop. A plus forte raison dans les étages les plus élevés. Car plus on avance et plus les situations deviennent complexes.

Une bonne grosse dose de stratégie, voilà ce que c’est en définitive. Ce qui ne peut que nous renvoyer à ce que le studio a su faire de mieux par le passé et dans le futur. Du 4X. Car ce n’est que ça dans une certaine mesure. Malgré sa difficulté jamais injuste mais beaucoup plus dans une volonté de pousser le joueur à apprendre de ses erreurs, Dungeon of the Endless pourrait constituer une approche intéressante aux 4X. Toutes proportions gardées bien sûr. Nous sommes entre gens civilisés.

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Mode multijoueur, je t’adore

Rien de mieux qu’une déclaration d’amour pour nous mettre dans l’état d’esprit pour jouer à deux, trois ou quatre. Que cela soit en tête à tête intime ou à plusieurs pour plus de fun, le mode multijoueur est une addition bien agréable. Il y a bien quelques bugs qui subsistent malheureusement encore aujourd’hui. Mais rien que quelques mises à jour bien senties ne pourront régler.

Dans ce mode, il n’y aura pas de pause. Dans ce mode, il faut savoir jouer à plusieurs. De préférence, trouvez-vous des amis ayant suffisamment de goût pour avoir acheté ce jeu. Ceci fait, regroupez-vous et lancez-vous dans l’aventure. Définissez des rôles et des préférences. Il ne sera par exemple pas nécessaire que vous développiez tous des tourelles d’attaque. Répartissez donc les tâches. Vous aurez tous d’ailleurs vos propres ressources et votre héros à gérer.

Une fois prêt, c’est parti. Et si vous veniez à mourir, vous aurez toujours la possibilité de jouer un rôle important. Une fois décédé, vous gagnerez toujours des ressources. Vous pourrez également installer des modules. Malheureusement, ça s’arrête à peu près là. Pour pouvoir revenir dans la partie, vous devrez compter sur la chance par la découverte d’un héros perdu dans les parages qui vous rejoindra contre une quantité définie de nourriture.

Le seul regret, c’est qu’il n’y a pas de drop in. Un pote arrivé en retard ne pourra visiblement pas rejoindre une partie en cours. Dommage mais en même temps logique car c’est un roguelike. Amplitude ne triche pas trop avec ça.

Jouez à plusieurs a beaucoup d’avantages. On se marre bien, mais surtout les stratégies adoptées et les événements peuvent prendre une tournure très différente du mode solo. D’autant plus que vous ne serez pas à l’abri d’un joueur qui paniquerait ou ne remplirait pas son rôle idéalement. Le cafouillage n’est jamais bien loin. Et pourtant ma bonne dame, quel plaisir à partager.

S’il n’existait pas, le mode multijoueur de Dungeon of the Endless resterait à inventer. Il est une véritable valeur ajoutée.

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Conclusion

Si arrivé à ma conclusion vous ne vous êtes toujours pas procuré Dungeon of the Endless, on n’a vraiment plus rien à se dire. Ce mélange dangereux de roguelike, tower defense avec une vague allure de 4X dans une forme bien moins complexe, aurait pu lui péter à la figure. Il n’en est rien. L’équilibre de cette formule cocasse est bien là. Déjà très amusant tout seul, le multijoueur est un ajout qui lui apporte une dimension supplémentaire malgré quelques soucis qui mériteront quelques patchs salvateurs. Rien de bien gênant en définitive.

C’est un jeu assez dur. Mais ce n’est pas non plus l’Everest que vous devrez grimper. Avec un peu de persévérance, on arrive au bout. Apprendre de nos erreurs, c’est fun. En plus, avec des amis, c’est encore mieux. Excellente surprise pour un petit jeu fait comme ça pour le plaisir, Amplitude Studios nous sert plus qu’un amuse-gueule, mais un véritable plat de résistance qui devrait parvenir à satisfaire les appétits les plus féroces.

3 réflexions au sujet de “Dungeon of the Endless”

  1. Coucou. Il parait pas mal ce jeu. La façon dont tu nous le décris me donne vraiment envie de l’essayer. Perso, j’aimerai tester directement le mode multijoueur. À+

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