Bladestorm : The Hundred Years’ War & Nightmare

La Guerre de Cent Ans vu par les créateurs de Dynasty Warriors ? Pourquoi on a du mal à y croire ? Déjà sorti sur Xbox 360 et PlayStation 3 il y a quelques années, Bladestorm revient en mode Nightmare avec la volonté de se refaire une popularité. Sauf que pour ça, il aurait fallu changer quelques gros défauts…

Un jeu d’escouades

Oubliez Dynasty Warriors. Ça en a clairement le visuel (des anciens) et le principe de régions, mais finalement ça n’a pas grand-chose à voir. Bladestorm : Nightmare tente de nous faire revivre à la sauce Japonaise la Guerre de Cent Ans. En vrai, elle dura 116 ans, mais avec plusieurs trêves au milieu, ce qui devient difficile à compter. Dans le monde japonais de Bladestorm, les files ont des chignons, les gars ont des cheveux qui partent dans les airs avec une tonne de gel et évidemment, tout est parfaitement normal et réaliste ! Non, je rigole, c’est n’importe quoi… Mais à la limite, pourquoi pas.

Quand on créé son personnage, car on ne jouera aucun héros connu de cette Guerre, on peut lui mettre des lunettes de soleil, les cheveux verts, des vestes et autres accoutrement un peu modernes. D’accord, donc on se fiche officiellement du cadre historique ? C’est ça ? Faisons avec… On se lance dans la partie, on débarque dans un bar où un vieux serveur avec un bandeau sur l’œil nous parle de la guerre en cours. Vous êtes un mercenaire, vous allez aussi bien vous battre pour les Anglais que pour les Français. Comme ça, c’est sûr, vous ne vous intéresserez pas du tout à l’Histoire ! Dans ce bar vous choisirez donc vos missions mais pourrez suivre aussi des rumeurs de soldats mal modélisés, pour des événements uniques.

Sur le terrain ça ressemble encore à Dynasty Warriors sans en avoir la moindre saveur : une grande carte, des armées, des camps stratégiques qu’il faut vider de tout soldat pour voir apparaître un « chef de camps » qui, une fois vaincu, colorera la zone de votre couleur… Mais ça ne se joue pas pareil. Vous devez, avec votre avatar, tapoter sur Croix devant une armée (épée, lanciers, cavalerie, archers, etc.) pour en prendre le contrôle. Vous dirigez l’armée entière, prête à se battre. Avec la gâchette, ils frappent du mieux qu’ils peuvent (et vous aussi), mais trois attaques (Triangle, Rond et Carré) vous permettent de frapper fort, à la chaîne ou tout simplement de vous défendre. Ces attaques demandent cependant d’être rechargées, certaines fois longtemps, après chaque utilisation.

L’utilité des livres…

Quand vous finissez une mission sur une carte, généralement dédiée au début à sortir glorieux d’une prise de camp situé juste à côté de votre point de départ alors que la carte de l’affrontement est gigantesque, vous obtenez une note. Celle-ci est positive en fonction des ennemis tués, des camps pris, etc. Vous pouvez donc et c’est même conseillé vous balader dans la carte pour affronter tout ce beau monde avant de revenir à votre objectif. Vous y collecterez des objets pour vous équiper et gagner en statistiques, mais aussi des points d’expérience.

Ces points vous serviront à améliorer les livres, une sorte de recueil vous permettant d’améliorer les statistiques de vos troupes. Le problème c’est qu’il n’y a absolument aucune stratégie ni finesse là-dedans : placez tous vos points dans les épées et ne jouez qu’avec vos troupes armées de tranchants pour devenir un véritable dieu sur le champ de bataille. Le jeu est alors extrêmement facile (déjà qu’il semble l’être assez même sans évolutions des troupes…) et c’est franchement dommage.

Ces livres vous permettront aussi d’améliorer vos compétences. Vous pourrez alors, par exemple, faire se téléporter devant vous et à n’importe quel moment des troupes de plusieurs types de soldats sur le terrain. C’est encore une fois totalement n’importe quoi, absolument pas réaliste et cela simplifie davantage le jeu.

Vous prendrez un peu de Fantasy ?

Dans cette version du jeu, en plus de la Guerre de Cent Ans, vous avez le droit au mode Nightmare. En fait, c’est même le seul intérêt de cette « nouvelle version » qui ressemble davantage à un portage un peu malhonnête. Le jeu étant complètement moche, daté et pas du tout amélioré pour l’occasion. Le mode Nightmare ? En gros, on vous amène des démons, des dragons et autres cyclopes maléfiques dans le monde pourtant Historique (ahah !) de Bladestorm… Et ça fonctionne. Le côté un peu débile des visuels du jeu de base gagne ici en logique puisque plus rien n’a de sens. La campagne de moins de dix missions se fait sans aucun arrêt au bar et autre choix d’équipe : on vous oblige à suivre un scénario, une quête principale et c’est d’une linéarité classique.

Le mode Nightmare est amusant : plus bourrin, plus linéaire, il gagne en désactivation de cerveau et en gameplay jouissif à défaut d’être réellement réussi. Les ennemis sont plus crétins que jamais et comme ce mode reprend le personnage de votre partie « classique » (vous pouvez en créer d’autres sinon), vous êtes toujours aussi monstrueusement fort et le jeu n’est pas bien difficile. Bref, c’est un mode intéressant mais qui n’apporte rien au jeu d’origine.

Un vrai cauchemar, en effet !

Bladestorm : Nightmare ne vaut le cout que si l’envie de frapper dans le tas avec une armée de pantins à la force abusive vous tente et encore, on vous conseillera un bon Dynasty Warriors pour cela. Bladestorm était déjà assez mauvais et ce « remake » ne vient absolument rien sauver. Le mode Nightmare est tout juste amusant mais il aurait été bien plus intéressant de corriger le jeu original plutôt que de lui rajouter des démons et une campagne linéaire.

Sans intelligence artificielle, trop facile, excessivement moche car peu amélioré depuis la sortie du premier en 2007, Bladestorm : Nightmare manque vraiment d’intérêt à tous les niveaux.

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

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