Game of Thrones : Épisodes 3 & 4

Poursuivons l’épopée de la famille Forrester, parallèle aux magouilles qui enveniment les esprits en Westeros. Comme à l’accoutumée, si vous craigniez que quelques révélations indépendantes de votre volonté ne vous soient faites sur les dernières saisons du show vedette de HBO (car il y en aura), alors détournez votre regard très chers lecteurs. Vous aurez été prévenu.

Episode Trois : A Sword in the Darkness

Après un premier épisode moyennement convaincant, en raison du fait qu’il y avait beaucoup à faire et à dire plutôt que de divertir, et un second, un tantinet plus motivé pour faire bouger les choses au niveau de l’intrigue, on en attendait beaucoup de troisième pour confirmer le potentiel de cette franchise. Ou nos peurs à son encontre.

Et bien il n’en est rien. Pour un côté comme pour l’autre. Nous en sommes arrivés à la moitié, troisième épisode de six prévus, et ça avance sans pour autant bouleverser le rythme lancinant de la série. Il n’y a rien d’étonnant à cela. La dernière saison télévisuelle alors en cours est dans le même registre. Arrivée à mi-parcours, on a l’impression que rien ne s’est réellement passé. Il faut avouer que la saga de Game of Thrones a la réputation sulfureuse d’une série à rebondissements dans le genre gratinés et inattendus.

C’est à peu près la même chose à chaque fois. Pourtant, le spectateur attentif et sensible remarquera que c’est sur la deuxième partie de la saison que les enjeux se font réellement. Game of Thrones est en fin de compte très similaire à une partie de jeu d’échecs. La stratégie se met lentement en place dans un premier temps avant de laisser éclater les vérités dans un second. Le jeu de Telltale semble vouloir jouer sur la même longueur d’onde.

Ce troisième épisode ne fait qu’à peine plus que les précédents mais parvient en substance à renforcer cette impression que l’étau se resserre. Même si un brin cynique, on se dira que le destin de la famille Forrester est peu de choses face aux enjeux massifs des plus grandes. On se rappellera quand même que sieur Martin et son équipe veillent. Le destin des Forrester est donc canonique à la série, ce qui lui revêt une importance toute particulière.

Maintenant, ce que leur histoire apporte à l’univers du Trône de Fer est une chose. Savoir la raconter en est une autre. Telltale maîtrise pour sa part assez bien son sujet. Je ne peux m’empêcher d’y trouver des limitations toutes bêtes en terme d’émotions procurées, et de mise en scène également, à cause d’une réalisation datée, en raison sans doute d’un moteur qui le serait tout autant.

Ce n’est pas faute aux artistes du studio de donner tout ce qu’ils ont dans leurs veines en ayant privilégié de façon plus ou moins heureuse un rendu peinturluresque assez réussi. Le tour de force de cet épisode est surtout d’avoir voulu mettre plus en avant, et plus souvent, des plans larges, et forcément plus ouvert à l’horizon. Jusque-là, les gros plans sur les personnages et la constance dans des cadrage et des décors très enfermés avaient tendance à rapetisser le monde dans lequel tout cela prenait place. En offrant un peu plus de panoramiques et de paysages étendus, on accède enfin à des espaces de respiration. Même s’il est vrai que Game of Thrones, c’est aussi et surtout des jeux de dupes derrières portes closes.

Dès le début, On retrouvera Asher, son oncle et son amie poursuivit par les mêmes sales types que dans le second épisode. Encore une fois, avec le vilain petit canard de la famille Forrester, c’est l’action qui prédomine plutôt que le verbe. L’occasion de plusieurs suites de QTE pas très compliqués qui dynamisent très bien cette entrée en la matière. Une rencontre inédite avec un des fils de Daenerys annonce de futurs amusements, qui ne prendront pied que dans la suite à venir comme le laisse supposer la fin de celui-ci.

N’espérez pas pour autant de violents bouleversements dans la formule. Comme les deux premiers, A Sword in the Darkness est découpé en sept chapitres, le dernier ne servant que d’épilogue. Même si les astucieux dialogues donnent l’impression que vos réponses auront du poids dans leurs répercussions, il n’y a en vérité qu’une décision réellement importante à prendre par chapitre, comme semblent en attester les statistiques à la toute fin.

D’ailleurs, on commence enfin à voir les résultats de nos choix passés. Dans une certaine mesure, certes, on verra ensuite sur le long terme. Mira, par exemple, la fille ainée des Forrester, se retrouve ainsi de plus en plus dans les problèmes, notamment parce-que j’ai décidé pour elle d’avoir recours à l’aide de Tyrion dans les épisodes précédents. Or, ici, le voilà tombé en disgrâce car accusé d’avoir empoisonné le roi Joffrey.

Pour résumer, c’est un épisode encore un peu trop sage mais qui offre de bons moments. En se jouant en parallèle de la série télévisée de HBO, un peu de la superbe de cette dernière lui rejaillit forcément dessus lui donnant le charisme nécessaire pour que les fans puissent accrocher. Sur la forme il s’agit donc d’un épisode bien plus convaincant avec quelques passages assez forts. La suite des évènements apparait plus prometteuse que foireuse. On espère poursuivre sur cette courbe ascendante.

Episode quatre : Sons of Winter

Ce quatrième épisode est en contraste avec le précédent et a le mérite de mettre les points sur les i. La situation de nos héros est définitivement plus dramatique que jamais, et à tour de rôle ils vont se retrouver sur la corde raide. On s’inquiète pour ces personnages de pixels auxquels on s’est malgré tout attaché. Leur avenir ne nous laisse désormais plus indifférent maintenant que l’on est pris dans la tourmente de leur destin incertain.

C’est un Game of Thrones et la survie d’un personnage n’y est jamais acquise tant que tous les salopiauds qui en peuplent les contrées n’auront pas trouvé trépas ou pire destinée. Le système de dialogue aux temps impartis de Telltale commence à faire des miracles tant les situations deviennent de plus en plus tendues. Obligé que nous sommes, dans ce siège de joueur / spectacteur que l’on nous impose, de choisir le plus vite possible nos réponses, plus souvent avec le cœur qu’avec la tête, n’ayant pas toujours le temps de peser le pour et le contre de chaque réponse avec raison.

Du coup on stresse d’avoir fait peut-être le mauvais choix. Et plus encore dans ce quatrième épisode où chaque décision va entraîner des évolutions drastiques, voire des points de non retour. On ne peut qu’apprécier le talent de Telltale. Certes, il y a toujours aussi peu de latitude offerte au joueur, et le pouvoir décisionnel qui lui est accordé dans certaines situations semble toujours illusoire. Mais comme à la télé ou avec les livres, on est pris au piège d’une intrigue qui arrive à nous passionner. Plus encore derrière cette interactivité qui nous fait croire responsable de nos mauvaises décisions alors que décidément, chez Telltale, on est de sacrés manipulateurs de talent. La suite maintenant !

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.

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