Anthem
Windows PlayStation 4 Xbox One

Ce test est volontairement en retard. Une semaine après la sortie du jeu, je me devais de vous raconter et expliquer mon histoire avec Anthem, mais le reste de l’Internet l’a fait bien avant moi et je pensais plus utile d’attendre les changements, les mises à jour et le reste. Tout cela dans le but malin de vous dire qu’Anthem est très sympathique malgré un début chaotique. Problème : cela fait un mois et demi qu’Anthem est sorti et il n’y a toujours rien qui va. Ou presque.



Hymne au néant

Tout commence en une introduction explosive : jeune Freelancer dans un groupe de héros modernes, vous allez affronter un cataclysme dévastateur alors que vous aviez comme objectif d’empêcher le Dominion de s’emparer du Cenotaphe. Les termes de tout cela ? Vous les comprendrez plus tard tout au long de la mission principale et des entrées de codex à débloquer. Pour l’instant, vous allez surtout avoir le droit à une belle mise en bouche et un début de scénario prometteur. Ce sera l’un des rares bons moments narratifs du jeu.

Des années plus tard, vous voilà à la première personne dans Fort Tarsis, votre QG qui tente avec trois rues et quelques lieux à la carte labyrinthique de ressembler à une ville vivante et évolutive. Jolie et mise en avant par des faciès de personnage très réussis (on est loin de la débâcle Mass Effect : Andromeda), Tarsis donne envie d’être visité pendant ces premières heures et fouillé de fond en comble pour, une fois n’est pas coutume, débloquer toutes les entrées de codex encyclopédiques qu’il est possible de trouver.

Entre deux discussions à choix peu multiples mais amusants avec des personnages attachants mais très peu dynamisés en dehors de Fort Tarsis (ils sont vos voix à la radio, tout au plus), vous partirez donc en mission. Sur une carte, il va falloir choisir votre destination puis vous lancer seul (en matchmaking obligatoire) ou avec des amis vers votre objectif. Pas de liberté, pas d’enchainement de missions de scénario disponibles, même annexes. Tout est basé sur un modèle très vieillot de sélection de mission, validation de l’objectif et retour à Fort Tarsis. En boucle. A l’ancienne.

Pour avoir le droit à un peu de liberté, il va falloir jouer en « Mode Libre » ou le seule grand environnement disponible est alors à visiter pour y déceler des points d’intérêt et, évidemment, ces sempiternels entrées de codex qui servent à très artificiellement améliorer l’univers et vos connaissances à son propos. Tout du moins si lire beaucoup trop de texte pas toujours pertinent est votre passion. Des missions très annexes apparaitront plus ou moins aléatoirement entre deux phases de vol à l’ennui. Pas franchement la phase la plus passionnante, même à plusieurs.

Si l’univers donne envie, c’est une certitude, ne vous attendez pas à du grand Bioware digne de Mass Effect et encore moins de Star Wars : Knight of the Old Republic. Des grands méchants veulent dominer le monde, des grands gentils qui pensent que tout est perdu vont se retrouver pour botter les fesses d’un type bien trop confiant de ces capacités et un générique de fin même pas travaillé viendra vous faire comprendre que vous venez de jouer à l’introduction d’une demi-dizaine d’heures d’un scénario qui se fera en mise à jour gratuit sur trois ans. Enfin ça, c’est si vous êtes suffisamment nombreux pour acheter le jeu. Pour l’instant, il semblerait que ce soit le cas.


Une finition à l’eau de Javelin

Pas de scénario intéressant, un principe de missions peu pertinent, ce à quoi on peut rajouter des bugs, des plantages, une tonne de patchs depuis la sortie qui ont amélioré un tas de chose mais laissé des objets ne jamais s’ajouter à votre inventaire… Anthem est un jeu cassé, sorti beaucoup trop tôt et qui souffre d’un développement extrêmement chaotique avec des décisions incompréhensibles. Pour cela, je vous redirige vers cet article incroyable et perturbant, entre colère et tristesse pour tous ces créatifs embarqués dans cette galère. Mais revenons au jeu…

Qu’est-ce qui fonctionne dans Anthem ? On pourrait dire « rien, sauf son gameplay » que ce serait pratiquement honnête. Le gameplay est incroyable de sensations de puissance : vous pouvez voler, plonger dans l’eau, tout en gérant intelligemment votre surchauffe (aggravée par les attaques de feu, abaissée en traversant des chutes d’eau) qui vous force à rester au sol si vous explosez la barre, le temps d’un petit refroidissement rapide. Chacun des quatre types de javelin à contrôler est extrêmement différent avec des prédispositions pour l’équilibre, la force brute et la défense, le corps à corps et la rapidité et donc, des idées bien construites autour de mechas bien amusants à utiliser.

En jeu vous aurez deux armes interchangeables, deux pouvoirs/coups spécifiques et un corps à corps ou bouclier en plus d’une gigantesque attaque dévastatrice. Tout cela possède parfois de petits symboles précisant l’activation OU la validation d’un combo, rendant l’action incroyablement jouissive. Si par exemple votre mur de flamme active le combo en plus de faire des dégâts, le missile guidé d’un coéquipier pourra valider ce combo et faire d’énormes dégâts partagés, signalés visuellement et à l’oreille par des effets très gratifiants. Une vraie réussite en termes de mécanique de gameplay… qu’aucun texte ne vient expliquer dans le jeu. Il faut deviner tout cela au fil des parties.

Le gameplay est réussi. Il est au centre d’un tout complètement à coté de la plaque, avec du loot dont on se fiche complètement (vous passerez votre temps à démanteler votre loot durement acquis en espérant obtenir un ou deux objets intéressants pour votre équipement), des forteresses répétitives (qui ne sont encore aujourd’hui qu’au nombre de trois, donc une étant une mission du scénario principal), de missions journalières aux récompenses invisibles pour beaucoup dans leur inventaire et surtout, d’une histoire qu’on parcourt sans jamais rien ressentir ni pour les personnages, ni pour l’évolution de son propre héros.

Anthem c’est, un mois et demi après sa sortie, une énorme sensation de gâchis. Un gameplay de grande qualité, amusant et puissant à prendre en main, se confronte à des idées de Game Design et à des bugs réguliers qui ne sont pas dignes d’une sortie finale, encore moins pour un gros studio censé avoir tous les moyens d’éviter tout cela avant de livrer son produit « fini » au joueur. Un mois et demi après la sortie, le jeu est toujours installé mais abandonné dans un coin de sa machine. En attendant du contenu venant, on l’espère, sauver le soldat Anthem. Mais est-il raisonnable de rester optimiste le concernant ?

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.