Critique

Nelke & the Legendary Alchemists: Ateliers of the New World

Développeur : Gust – Éditeur : Koei – Date de Sortie : 26 mars 2019 – Prix : 49,99 €

En 2019 ce n’est pas un, mais au moins deux jeux de la série des Atelier qui sortent à deux mois d’intervalles sur PC, PlayStation 4 et Nintendo Switch. Toutefois, cet épisode Nelke sort complètement du lot et est une porte d’entrée tout à fait différente dans l’univers Atelier. Koei fête en effet les 20 ans de la saga avec un épisode anniversaire qui sort totalement de la si prolifique zone de confort jusqu’aujourd’hui bien trop sauvegardée.

20 ans de personnages

Tout a commencé avec Atelier Marie en 1997. La série s’est étalée sur plus d’une vingtaine de titres racontant les déboires d’une alchimiste tentant d’aider les habitants de son village (qu’il se nomme Salburg, Gramnad ou Arland). Mais Atelier c’est aussi deux grosses excursions dans le RPG à gros scénario profond avec trois Atelier Iris (le second reste à titre personnel un jeu marquant) et deux Mana Khemia aux opening fantastiques et aux personnages qu’à défaut de revoir en remaster ou remake sur nos consoles actuelles, ont le droit à leur apparition dans Nelke & the Legendardy Achemists. Car oui, tous les personnages mêmes annexes de ces vingt ans de jeu se retrouvent dans un titre s’orientant davantage vers le jeu de gestion de village.

Oubliez tout ce que vous pensez savoir de la saga Atelier et n’en retenez qu’une seule chose : l’aspect bavard et l’aspect sucré-niais-innocent de l’univers. Ateliers of the New World nous raconte donc l’histoire de Nelke von Lestamm, une aristocrate que papa a missionné pour prendre en main Westwald, un village assez paumé dont il veut faire le centre névralgique commercial des prochaines années. Secrètement, il veut aussi et surtout mettre la main sur un artefact magique nommé « La Relique du Sage ».

Extrêmement bavard et guidé, le début du jeu va vous expliquer votre rythme quotidien : une première partie vous permettra d’utiliser vos finances pour créer votre ville et gérer ce que les alchimistes, fermiers, vendeurs, produiront comme matières premières, articles et surtout entrées d’argent. Au second tour de chaque journée, une jauge de temps sera a partager entre plusieurs activités : discuter avec vos potentiels futurs amis, accepter des missions secondaires des villageois (ce qui vous fait gagner de l’argent) ou même débloquer de nouvelles possibilités de jeu dans le menu des recherches. Mais il vous faudra impérativement garder de votre précieux temps pour aller explorer les contrées voisines.

La mauvaise alchimie des combats

Les affrontements des RPG estampillés Atelier n’ont jamais été des plus originaux, mais ils ont toujours eu le chic pour être au moins assez agréable et bien pensés pour ne pas paraitre anecdotiques. Dans cet épisode anniversaire, ils sont rapides (puisque tout peut être accéléré à grande vitesse), mais ils manquent cruellement d’intérêt.

En explorant une contrée précise parmi une belle centaine de lieux à découvrir un par un, vous verrez le temps de journée qu’il vous reste alloué à une petite marche entre villageois et Nelke. Entre deux discussions futiles, nos héros du jour trouveront plusieurs objets et éléments d’alchimie qui raviront vos vendeurs et concepteurs une fois rentrés au village. Parfois cependant, des combats se lancent et font de l’ultime quelconque : on frappe, on utilise des objets, une jauge de boost des personnages apparait au fil des coups donnés et reçus et les victoires s’enchaînent sans qu’on leur donne trop d’importance.

Les explorations, sans doute les moments les plus dépaysants du jeu, sont curieusement les moments les plus ennuyants. Ils frustrent par leur répétitivité évidente, l’obligation de s’y rendre (pour de nouveaux matériaux et objets) et pas l’impossibilité d’accélérer le mouvement sans perdre du loot. Rapidement, il sera permis d’allouer des personnages annexes du village à une fouille journalière des lieux déjà visités. C’est déjà ça.

Le vrai bon point du jeu, on l’aura compris, c’est la venue des très nombreux personnages de la saga Atelier dans ce jeune village de Westwald. Ils vous serviront d’alchimistes, de vendeurs, de fermiers, d’explorateurs ou tout simplement d’amis avec qui discuter de tout et de rien. Tout cela dans un city-builder extrêmement simple d’accès mais qui demandera de nombreux New Game + pour être maîtrisé.

Les recettes sont au centre de l'évolution du jeu. Ne pas s'y intéresser, c'est le Game Over rapide garanti ! Vous voilà prévenus.

Le Game Over qui fait mal

C’est particulièrement osé, mais Ateliers of the New World ne pardonne pas les erreurs d’objectifs. Si vos objectifs principaux ne sont pas atteints en temps et en heure, c’est le Game Over. Vous n’avez jamais réussi à trouver cet ingrédient malgré vos explorations, ayant privilégié l’utilisation de votre temps en tissage de liens avec les nouveaux venus ? Game Over. Il faut bien gérer son temps et ça, on ne l’apprend qu’après une première défaite de plus de cinq heures de jeux.

Vient ensuite la seconde partie, ou l’on ne reproduit pas les erreurs passées, mais ou fatalement les nouveautés acquises amèneront leur lot de difficultés. Puis la troisième et peut-être la quatrième partie, qui permettra celle-ci de bénéficier d’une vraie bonne expérience de jeu complète. Pour finir le jeu à 100%, par contre, on peut déjà craindre la centaine d’heures de répétitions malencontreuses.

Nelke & the Legendary Alchemists n’est pas franchement pour les nouveaux venus, car ses très nombreux défauts de rythme et de répétition sont camouflés par un Fan Service des vingt ans de la saga qui s’incorpore parfaitement à cette histoire de City-Builder simple et, sur le papier, efficace. Si vous suivez la saga depuis longtemps et que vous avez envie de voir Felt et Viese parler avec Marie, Sophie, Escha, Logy et les autres, alors ce jeu sera une petite friandise amusante. Si vous n’avez rien des références de cette dernière phrase par contre, vous pouvez passer votre chemin.

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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