Rapide Critique

Cyber Shadow

BassKass
Publié le 30 janvier 2021

Développeur

Mechanical Head

Éditeur

Yachtclub Games

Date de Sortie

26 janvier 2021

Prix de lancement

19 €

Testé sur

PC

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Les jeux vidéo c’était mieux avant. Cette maxime, nous l’avons entendue à plusieurs reprises, face aux nouvelles productions formatées, à la course à la performance et aux centaines de millions investis dans des projets toujours plus « nouvelle génération ». Et il y a des chances pour que Mechanical Head, le studio d’un seul concepteur finlandais – Aarne Hunziker – adhère à cette idée.

Cyber Shadow nous semble tout droit venu des années 80, à l’époque où il n’y avait que deux boutons d’action sur des contrôleurs à la forme aussi rectangulaire que peu ergonomique : « là tu sautes, et là tu tapes, et c’est tout… ». Les années 80, lorsqu’ il suffisait d’accoler le préfixe « cyber » ou le suffixe « ninja », pour rendre instantanément la moindre idée cool – essayez chez vous, vous allez voir ça marche -, ce sont des années où nous avions le temps de nous acharner sur des niveaux à la difficulté outrancière, aux ennemis qui revenaient à l’infini et aux précipices idéalement placés pour que le joueur se jette dedans au moindre coup subi.

L’amour du jeu de plateforme d’action 8 bit – Ninja Gaiden, en première ligne, mais aussi les trois premiers épisodes de Castlevania – transpire dans Cyber Shadow, en témoignent les usines désaffectées et autres égouts réalisés dans un pixelart très réussi, les sauts millimétrés et les timings serrés que propose le jeu tout au long de ses 12 chapitres. Et c’est bien là tout ce que le Shinobi-robot a à nous offrir : un gameplay réussi mais classique, une écriture sans relief, une aventure aux airs de déjà-vu dans un genre qu’ont déjà su moderniser Yacht Club Games – ici éditeur mais studio à l’origine des géniaux Shovel Knight – ou encore Sabotage Studios (The Messenger).

En avançant dans le jeu, notre néon-guerrier de l’ombre sort peu à peu de ses contrôles rigides grâce à de nouvelles compétences et armes secondaires, les saints checkpoints évitent à la manette de traverser la pièce, et il est possible de revenir dans d’anciens niveaux pour débloquer de nouvelles zones toujours plus difficiles. Les nouvelles compétences apportent un peu d’air aux phases de plateforme et de combat – on rebondit sur les ennemis, on saute sur les murs, on dashe ou bien on effectue des parades parfaites – et permettraient au jeu de s’élever un peu plus haut dans la hiérarchie des plateformers virevoltants, si leur exécution n’était pas aussi floue. Une fois sur 3, le timing est parfait, le piège parfaitement lisible et… le dash ne part pas, contrairement à nos points de vie, qui eux s’envolent au fond d’un puit rempli de pointes.

Et les boss ? Ils sont beaux, retors mais on aura le sentiment de les avoir déjà croisés lors d’un dimanche de 1988 alors que notre maman nous menaçait de couper le courant pour nous arracher de ce satané tube cathodique.

Difficile d’en vouloir à des artisans aussi talentueux, à cette musique pêchue et entêtante et au sentiment d’accomplissement après avoir appris par cœur les mouvements des mécha-méchants, mais Cyber Shadow reste avant tout un exercice de style rétro qui nous replonge quelques heures sympathiques (et ponctuées de gros mots) dans le passé du jeu vidéo, sans proposer de relecture de ses influences « plate-forme et laser-ninjutsu ». A l’évidence, ce n’était tout simplement pas l’objectif.

Stonefly

C’est beau, mais c’est vain.

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