Rapide Critique

What Lies In The Multiverse

Shutan
Publié le 23 juin 2022

Développeur

Nom du développeur

Éditeur

Nom de l'éditeur

Date de Sortie

18 mars 2021

Prix de lancement

20 €

Testé sur

PlayStation 5

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C’est en faisant des expériences étranges avec son ordinateur que le jeune héros se retrouve coincé dans une dimension parallèle. Mais un type bizarre avec un chapeau rigolo a trouvé le passage, et va l‘accompagner dans sa quête pour rentrer chez lui.

What Lies In The Multiverse est typiquement un jeu compliqué à critiquer. Techniquement c’est plutôt propre avec des gros pixels sympas, des décors très détaillés et une musique excellente (et modulaire). Le coeur du gameplay est assez solide aussi. Dans le principe, c’est plutôt simple. Le héros peut sauter et actionner des mécanismes ou parler aux gens. Il peut aussi changer d’univers en appuyant sur un bouton et passer entre deux réalités similaires mais où certains éléments changent de place ou sont présents ou non (corde, échelle, plateforme). Au fur et à mesure de la progression dans le jeu, des petites difficultés vont complexifier les puzzles (sol glissant, atmosphère irrespirable, etc.) et pousser à réfléchir un peu pour résoudre les énigmes de plateforme parsemant l’aventure. La progression est bien échelonnée, les divers points bloquants bien placés et on progresse relativement rapidement. Sauf que…

Sauf que What Lies in the Multiverse est BAVARD. On est interrompu toutes le deux minutes par des dialogues entre les différents protagonistes, ce qui ne serait pas gênant dans un jeu plus narratif (et vous savez, j’adore les jeux narratifs) mais là c’est limite hors sujet. On se rapproche presque d’un syndrome Kojima, où on veut nous raconter un truc, mais en foutant un gameplay qui n’a quasiment rien à voir avec la choucroute au milieu. La teneur de l’histoire n’est pas inintéressante en soi, mais elle est mal racontée, d’une part, et essaye de parler de sujets graves de manière très maladroite. Et alors, oui, il y a un petit panneau de texte en lançant le jeu qui indique qu’on parle dans ce jeu, de deuil, de suicide de responsabilité, etc. Mais globalement, les personnages sont tous trop monolithiques pour que ce soit crédible. Le ton global du jeu ne correspond pas du tout à ce qu’il essaye de faire passer. Imaginez un instant, vous regardez un épisode de Bip Bip et le Coyote, c’est marrant, Will E. Coyote en prend plein la gueule, se mange ses pièges et tout, il explose. Humour voilà. Et le dimanche suivant dans Ça Cartoone, Philippe Dana est en costume noir avec une tronche de dix pieds de long et annonce que Will E. Coyote s’est suicidé. Ce n’est pas crédible. Et pourtant c’est grosso modo ce qui arrive dans ce jeu à un perso ressort comique qui s’en prend littéralement plein la gueule (mais genre camion, chute, etc.). A quel moment tu sors une dissonance narrative comme ça ? Ça n’a aucun sens. J’ai un peu l’impression qu’ils ont voulu nous faire une Celeste mais sans avoir suffisamment de recul sur les notions qu’ils essayent de faire passer. Du coup si c’est sincère, c’est maladroit, et si ça ne l’est pas on vogue sur de l’opportunisme très cynique.

Bref, j’ai bien aimé le gameplay, mais pas la narration du jeu. Trop brouillonne et ne sachant sur quel pied danser. Imaginez un instant, vous regardez un épisode de Bip Bip et le Coyote, c’est marrant, Will E. Coyote en prend plein la gueule, se mange ses pièges et tout, il explose. Humour voilà. Et le dimanche suivant dans Ça Cartoone, Philippe Dana est en costume noir avec une tronche de dix pieds de long et annonce que Will E. Coyote s’est suicidé. Ce n’est pas crédible. Et pourtant c’est grosso modo ce qui arrive dans ce jeu à un perso ressort comique qui s’en prend littéralement plein la gueule (mais genre camion, chute, etc.). A quel moment tu sors une dissonance narrative comme ça ? Ça n’a aucun sens.

Si on ajoute à ça qu’on ne peut pas passer les séquences narratives, même après avoir fini le jeu et qu’on veut refaire les niveaux pour récupérer les éventuels objets à ramasser loupés, sans être un calvaire, jouer à ce jeu n’est pas très folichon. Maintenant, c’est mon avis, et je pense que l’histoire du jeu pourra fonctionner avec des gens moins pétés du casque que moi.

Jeu de plateforme à énigmes trop bavard pour son bien, What Lies in the Multiverse est tout de même bien conçu mais desservi par un scénario trop pompeux. Restent les graphismes très travaillés et permettant de dégager une atmosphère très marquante sur les différents univers traversés et une musique excellente.

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