Critique

Serial Cleaners

CactusSinger
Publié le 25 octobre 2022

Développeur

Draw Distance

Éditeur

505 Games

Date de Sortie

22 septembre 2022

Prix de lancement

24,99€

Testé sur

PC

Après une petite pause du côté des jeux narratifs dans l’univers de Vampire The Masquerade, avec les Visual Novels Coteries of New York et Shadows of New York, les polonais de Draw Distance reviennent à leurs premiers amours, les tâches de sang et les cadavres (au final pas tant éloigné que ça des vampires…). Suite de leur titre de 2017 Serial Cleaner et sobrement intitulé Serial Cleaners, au pluriel donc, celui-ci propose d’incarner 4 nettoyeurs de l’ombre chargés de faire le ménage sur diverses scènes de crimes afin de faire disparaitre preuves et corps. Gageons que ce jeu d’action infiltration vu du dessus n’aspirera clairement pas à se destiner à la fameuse ménagère de 50 ans…

Zouk Machine Gone dark

Dans les années 90s, à New York, la mafia locale était plutôt prolifique. Parfois même un peu trop pour son propre bien. C’est pour faire face aux quelques bavures occasionnelles, qu’on devine parfois assez intentionnelles, qu’elle a fait appel à de nombreuses reprises au cours de la décennie aux talents de nos 4 héros spécialistes du nettoyage de scène de crimes, afin de « nettoyer, balayer et astiquer » les lieux des corps et du sang des victimes, mais également des preuves compromettants ses employeurs. Nous suivrons donc ici l’histoire de 4 nettoyeurs différents qu’on retrouve à l’aube des années 2000 dans leur repère, se racontant leurs meilleures anecdotes. On pourra incarner à tour de rôle Bob, Psycho, Vip3r et Lati dans divers niveaux faisant office de flashbacks narratifs, à commencer bien évidemment par leurs débuts dans le métier et leur rencontre avec Bob, chef de la bande et protagoniste principal du premier opus.

Le but dans chaque niveau de ce jeu d’infiltration vu du dessus sera généralement d’arriver sur une scène de crime, de subtiliser les corps sans vie et preuves jonchant le niveau, et d’aspirer les tâches de sang, le tout au nez et à la barbe des forces de l’ordre présentes sur place. Chaque personnage ayant des compétences différentes, le level design de leurs niveaux respectifs va prendre en compte leurs spécificités. Lati par exemple est l’athlète du groupe, elle peut donc sauter par-dessus tout un tas d’obstacles et ainsi plus facilement contourner les gardes. Psycho, et sa fidèle tronçonneuse, peut découper en morceaux les cadavres, et s’en servir pour assommer les forces de l’ordre. Viper est une hackeuse et peut donc utiliser ses talents pour activer diverses distractions dans le niveau (principalement en activant/désactivant des sources de lumière ou de bruit). Des spécialités qui sont parfois très mécaniques voir arbitraires, sans vraies raisons logiques. C’est le cas par exemple avec le fait que seul le personnage de Lati soit capable… d’enjamber des obstacles de 30 cm ou de passer par une fenêtre… Ses compères devant donc être littéralement cloués au sol. Il y a également certaines actions partagées par plusieurs personnages comme la possibilité d’emballer un cadavre dans du plastique tel un Dexter pour éviter de tâcher encore plus l’environnement avec du sang, ou encore de pouvoir porter un corps sur ses épaules au lieu de devoir le trainer au sol. On notera cependant quelques soucis bien frustrant au niveau des interactions lorsque 2 objets sont proches l’un de l’autre. Dans l’urgence, on galère souvent à déclencher la bonne interaction, et on ne compte plus les fois où il a fallu recommencer à un checkpoint car, par exemple, notre personnage s’obstinait à vouloir porter un corps plutôt que d’ouvrir la porte juste à côté pour s’enfuir se cacher…

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Il est également possible, d’une simple pression de la gâchette gauche, d’afficher tous les éléments interactifs sur les différents étages de la carte (portes, clés, zones où l’on peut se débarrasser des corps, etc). Pratique pour localiser ses objectifs et déterminer son itinéraire. Au rayon des étrangetés de gameplay, on retrouve ici le bon vieux aspirateur capable d’aspirer le sang étalé sur le sol sans en laisser une trace. Une merveille technologique carrément capable d’aspirer le sang… sur la neige, sans apparemment déranger la neige elle-même. Si ça reste un des éléments les plus jouissifs du jeu, à tel point qu’on se retrouve tenté de lancer une petite partie de PowerWash Simulator, le côté un peu loufoque dénote un peu avec la nouvelle DA plus « réaliste », ou plutôt plus sobre de ce Serial Cleaners. Draw Distance a voulu donner ici un style très années 90 avec des visuels proches de ce que notre vieille mémoire assimilerait à un rendu PSX, bien aidé par un filtre visuel CTR optionnel. Sans être une merveille technologique, ça reste très agréable à regarder pour peu que l’on soit sensible au style, d’autant que la DA fonctionne très bien. Toujours est-il qu’on se retrouve avec un certain décalage entre l’aspect visuel et certaines features de gameplay très « cartoonesques », comme le fait de pouvoir surfer sur des tâches de sang pour aller plus vite, ou encore assommer des ennemis en leur envoyant un bras ou une jambe coupée à la figure… Rien de très problématique, mais cela peut induire une sensation dissonante, et c’est donc à garder en tête pour les personnes qui pensaient y trouver un jeu d’infiltration réaliste.

IA rien à voir ici

En parlant de réalisme, il faut évidemment évoquer le niveau de l’IA. Les gardes vont remarquer une porte ouverte qui était fermée auparavant ou vice versa, ils vont s’inquiéter de voir un cadavre qui a disparu ou qui est maintenant emballé dans du plastique… Mais pas plus que ça. Ils vont se contenter d’investiguer la zone quelques temps puis repartiront à leurs occupations comme si de rien n’était. Même chose quand un garde vous repère, ou que vous le mettez à terre, il va vous chercher un court moment, puis va vous oublier complétement. Une mémoire à très court terme qui ne fait certes pas très réaliste, mais surtout qui rend le fait d’être découvert par l’ennemi quasi sans conséquences, ce qui fait qu’on a vite fait de « brut forcer » certains niveaux ce qui gâche un peu le principe de l’infiltration et casse la suspension d’incrédulité. Ça semble cependant être un choix délibéré du studio pour ne pas venir augmenter la difficulté du titre, ni frustrer les joueurs, et plus se concentrer sur l’aspect un peu fou et accessible du jeu. On parle après tout d’un jeu qui part du postulat que l’on puisse nettoyer des tâches de sang à l’aspirateur… On reste donc sur un jeu résolument tout public, du moins pour la difficulté qui n’est d’ailleurs pas réglable et assez faible, et qui ne cible pas forcément les afficionados de l’infiltration. 

Serial Cleaners ne révolutionnera pas le jeu d’infiltration. Avec son intelligence artificielle intentionnellement à la ramasse et ses situations assez improbables, Draw Distance fait le choix de la parodie et du fun. On parcourt les niveaux sans trop de difficulté et l’on peut profiter de cette ambiance Mafia des années 90 étrange et au final presque parodique. A l’exception de quelques frustrations dues à un gameplay imprécis ou un level design un poil bancal, on avancera donc sans trop de soucis dans la suite de niveaux pour découvrir l’histoire des 4 protagonistes principaux. Il en reste au final un jeu moyen mais fun, qui ne restera pas dans les mémoires. 

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