Voici nos critiques les plus rapides, qui sont dédiées à tous types de jeux. Bons ou moins bons, ils sont ici juste parce qu’ils n’engagent pas à écrire un long pavé, s’expliquent très vite ou qu’il n’est pas nécessaire d’y passer des heures pour vous donner envie (ou non) de vous y plonger. L’occasion d’en rater encore moins, malgré un nombre de sorties toujours plus énorme alors qu’il n’y a toujours que 24 heures dans une seule journée… Vous pouvez retrouver les Critiques Rapides de l’ancien format (d’avant Mai 2018) via ce lien et ici pour vous rendre au Glossaire de toutes les Critiques Rapides de la nouvelle formule.

Kitten’d


Kitten’d tourne autour de l’idée qu’on vous a offert par surprise, un chaton. On se dit “chouette alors!”, voilà un Nintendogs+cats en réalité virtuelle mais sans les chiens, centré autour de l’idée de s’occuper de chatons, de les nourrir, les choyer et nettoyer derrière eux leurs besoins. Quelques caresses viennent parachever le tout tandis qu’on essaiera – vainement – de les empêcher de casser le peu d’objets habillant notre appartement virtuel.

Vous disposerez d’un mode libre où vos chatons seront moins difficiles à gérer pour une expérience plus détendue. C’est le mode idéal pour communier avec ces boules de poils virtuelles sans le stress d’objectifs à accomplir. Cependant de base, ce mode reste assez pauvre en contenu en n’ayant que très peu de gadgets et une seule race de chat à disposition pour commencer.

Pour l’enrichir, il va falloir se jeter dans l’autre mode fonctionnant selon un schéma que l’on retrouve dans bon nombre de jeux mobiles, avec ses niveaux répartis dans différents mondes, chacun d’entre eux ayant un ou plusieurs objectifs précis à accomplir dans un temps imparti, consistant en général à prendre soin de ces chatons en évitant qu’ils ne commettent trop de catastrophes. Tout n’y est que question d’équilibre et de priorités à gérer dans une difficulté qui se veut aussi progressive qu’accessible.

Ce sont des chatons après tout, il faut les éduquer. Si notre performance est à la hauteur, la notation en étoile n’en sera que plus haute et les jetons ainsi gagnés permettront de débloquer du contenu supplémentaire pour le mode libre comme de nouvelles races de chat ou des gadgets supplémentaires pour interagir avec nos félins.

Même s’il se trouve assez généreux pour son prix, Kitten’d n’en fait pas moins face à de sérieuses limitations. Notamment en ce qui concerne l’utilisation de la réalité virtuelle. Avec un Oculus Rift, impossible de se déplacer dans l’appartement. Heureusement, il suffit de pointer l’objet désiré pour l’attraper à distance. Le seul souci, c’est que cela casse un peu l’immersion en nous mettant dans un rôle passif. Tout se fait donc d’un seul point dans l’espace.

Le fait d’être restreint aura au moins l’avantage de rendre cette expérience plus accessible aux débutants de la VR sans trop les brusquer avec la notion de déplacement dans un espace virtuel. Kitten’d est clairement tourné vers un public plus casuel qui aimerait autant les chats que de se familiariser avec la réalité virtuelle, qui n’est par ailleurs pas obligatoire pour profiter du jeu – cependant sans elle, il se révèle nettement moins peu intéressant et original. En attendant, si vous espériez y trouver une véritable simulation de félins à adopter, il faudra passer votre chemin ou vous orienter vers l’adoption d’une véritable boule de poils.

Vasquaal

Conan Exiles


Dans Conan Exiles, vous aurez à vous défendre souvent. Les ennemies sont nombreux et veulent tous votre mort. Ce jeu est comme l’enfant illégitime de Age of Conan, la précédente tentative de Funcom avec l’univers de Robert E. Howard, avec un jeu de survie. C’est ce pourquoi il mélange les mêmes aspects que n’importe quel autre jeu de survie, c’est à dire s’occuper des besoins naturels comme la faim et la soif, faire du bricolage (crafting) et combattre des hordes de créatures féroces, plus tout un tas de mécanismes de jeu nous rappelant les origines de Funcom avec le mmorpg. Il est ce qu’il est, que vous n’aimiez ou pas ce style de jeu, c’est le genre à demander autant d’imagination pour s’immerger dans son monde que de faire preuve de beaucoup de patience, puisqu’il s’agit d’un jeu qui en demandera en quantité étant donné que l’échec et la mort font parties intégrantes du contexte de n’importe quel survival.

Le grind est présent et dans son cas, Exiles le gère plutôt bien. Il reprend certaines idées très intéressantes héritées de ses influences de mmo, telle que l’évolution de notre personnage à mesure que l’on gagnera des points d’expérience en explorant ce monde et ses mystères tout en affrontant des monstres de légendes. Bien que son aspect de jeu de rôle lui donne une profondeur bienvenue, il n’est au final qu’un jeu de survie et n’en dépasse pas vraiment le cadre. N’attendez pas une histoire richement étoffée ou des dialogues riches.

Avant tout, il est attendu d’explorer ce Conan en ligne avec d’autres joueurs. Même le mode solo rappelle sa nature de jeu en ligne avec cette impossibilité de mettre la pause comme la nécessité d’attendre plusieurs secondes avant que le jeu ne quitte votre partie comme dans n’importe quel mmo. Cela dit, allez jouer avec autrui peut se révéler une expérience aussi inédite que lourde de conséquences. Comme dans tout autre survival pour être honnête, la communauté de Conan Exiles sait se montrer parfois difficile tandis que les vétérans du jeu pourront être impitoyables dans leur recherche de nouvelles proies naïves. Comme vous démarrez cul nu, vous n’avez guère d’autre option que d’être harcelé ou de courir pour sauver votre peau jusqu’à trouver la force nécessaire pour vous élever au-dessus des autres ou laisser tomber.

Il y a aura beaucoup à explorer avant tout cela cependant. Seul, vous aurez quelques dizaines d’heures de contenu pour vous divertir si c’est le genre d’expérience qui vous branche. Vous n’y trouverez pas une histoire incroyable, juste un habillage pour donner un peu plus de vie qu’à l’accoutumée à un jeu de survie, ce qui est déjà plus que la plupart. Et le craft ne démérite pas non plus jusqu’à un certain point. C’est le genre de jeu qui demande de s’y investir tout en appréciant le genre. Vous pourrez y construire des bâtiments tout aussi basiques qu’élaborés comme des œuvres d’art si vous le désirez, tout en ayant à faire avec des contrôles et une instabilité général du jeu par moment, enfin surtout si vous y jouez en ligne.

Cela étant dit, il y a autant à aimer ici qu’à détester. C’est loin d’être parfait comme c’est le cas de beaucoup de survival. Et parmi ces derniers, Conan Exiles se situe aisément dans le top de ce qui est disponible à ce jour. Il est régulièrement mis à jour même si de nombreux dlc ont déjà élu domicile chez lui, même s’il y a déjà de quoi faire sans. Soyez également informé qu’il existe à ce jour encore des bugs et que son expérience en ligne est loin d’être accueillante.

Vasquaal

The Shapeshifting Detective


Dans les années 90, la Full Motion Video était le summum du réalisme dans le jeu vidéo, habitant les séquences cinématiques comme les gameplay. Celle-ci s’accompagnait souvent d’un jeu d’acteur exagéré voire ringard sans pour autant que nous arrivions à le détester. The Shapeshifting Detective est l’un de ceux-là comme un retour en arrière, une bizarrerie d’un autre temps.

D’Avekki studios, par ailleurs pas étranger avec cette technique puisqu’il s’agit de leur second titre dans ce format, s’est associé pour sa conception à Wales Interactive, ce dernier étant déjà responsable d’un autre jeu du même style que j’ai fortement apprécié, The Bunker. A première vue, on dirait un film interactif, un jeu de détective polymorphe comme son titre l’indique.

Ce dernier mélange autant d’éléments de fantastique que de bonnes vieilles influences du film noir, ou plus précisément, de son précurseur, le pulp. Sa liste de personnages est par conséquent aussi cliché que l’on puisse l’imaginer : la mystérieuse victime rousse, le photographe pervers, la maîtresse d’auberge névrosée, le groupe de médiums et j’en passe. Votre mission sera de trouver parmi eux le meurtrier de notre victime.

Shapeshifting Detective est divisé en plusieurs chapitres, chacun correspondant à une heure de temps réel dans son univers. Son intrigue se déroule le lendemain du meurtre dans une petite ville anglaise d’habitude sans soucis du nom d’August ; ne nous laissant alors que jusqu’à minuit pour pointer du doigt notre suspect principal au chef de la police locale. Il n’y aura alors aucun retour en arrière possible, nous laissant seul face à notre réussite ou notre misérable échec en cas de mauvais choix.

S’il démarra comme un film aux accents de ringardise, Shapeshifting Detective a fini par devenir effrayant, créant une atmosphère de tension remplie d’intentions meurtrières. Avant d’en atteindre la conclusion, notre seul objectif est alors d’interroger tout suspect ou témoin disponibles, leur nombre grandissant à mesure que l’on progresse. Même si le jeu se résume à cela, ça n’en est pas moins excitant.

Alors que vous les interrogerez, il arrivera qu’il soit nécessaire de poser des questions difficiles. Le jeu vous donnera même pour certaines d’entre elles la possibilité de les effacer. Certaines de ces questions peuvent s’avérer en effet délicates à poser, tapant même sur les nerfs de vos interlocuteurs. Ou pire, vous exposant à un danger réel s’il s’avère que vous faites face au meurtrier.

Son intrigue est fascinante. Elle ressemble à un ensemble de fils narratifs qui vont s’emmêler et que l’on va devoir démêler dans notre tête, nous laissant seul le soin d’en tirer les bonnes conclusions. Régulièrement, il vous sera offert l’opportunité de passer au chapitre suivant sans que cela soit une obligation. Au contraire, vous pourrez rester un peu plus longtemps dans l’espoir de trouver des indices supplémentaires. En tant que polymorphe, vous pourrez de plus assumer la forme de n’importe qui. Cette compétence est très utile, car vous le savez bien, l’être humain est plus à même de se confier à ses proches qu’à un détective sorti de nulle part.

Shapeshifting Detective n’est que cela. Un jeu simple à prendre en main, qui ne s’appréciera qu’une fois rentré dans son histoire et ses personnages. Ces derniers se révèlent peu à peu plus que leur apparence trompeuse pour peu qu’on cherche à creuser leur histoire. Même si j’avouerai qu’il y a aussi une part de plaisir coupable à aimer ce jeu, cela n’enlève en rien ses mérites ; ceux d’un jeu en fmv réussi dans son ensemble tout en offrant une bonne rejouabilité, le meurtrier n’étant pas toujours le même à chaque nouvelle partie.

Vasquaal

Fluffy Horde

Décrire Fluffy Horde est compliqué tellement ce jeu mélange les genres. Dans les grandes lignes il faut sauver un royaume d’une invasion de lapins. Ils dévorent tout ce qu’ils trouvent et vous devrez donc les éliminer avant qu’ils ne s’attaquent à vos fermes, moulins, princesses, etc.

Pour cela, un peu comme dans Kingdom, vous pourrez dépenser votre argent dans divers bâtiments pour recruter des troupes et les faire évoluer. Si les premiers niveaux sont très simples, par la suite le jeu se transformera petit à petit en une sorte de puzzle game où il faudra d’abord comprendre quoi faire et dans quel ordre. Passé cette phase de compréhension, le jeu deviendra alors pour le reste du niveau un mix entre tower defense et stratégie en temps réel où vous devrez positionner votre troupe de façon intelligente pour réduire à néant la menace. Et si vous aimez vraiment vous creuser la tête, 400 médailles seront à récupérer dans la centaine de niveaux proposés par le jeu !

Le ton est évidemment totalement décalé, les princesses n’hésitent pas à traverser les hordes de lapins pour aller faire la fête, des bruits de pet se font entendre en boucle dès que vous affrontez des lapins plus gros que la moyenne, les troupes font des commentaires débiles quand elles arrivent en jeu, le grand méchant à l’origine de l’invasion viendra souvent vous provoquer, etc.

En parallèle de la campagne solo, le jeu propose également un mode multijoueurs mais quand j’ai essayé de le lancer les serveurs étaient totalement vides, je ne pourrai donc pas me prononcer sur le sujet.

Le gameplay de Fluffy Horde n’est pas inintéressant, je vois bien que les développeurs croient en leur jeu et ont tout fait pour le rendre intéressant avec de nombreux niveaux et des mécanismes qui viennent se greffer petit à petit (barge qui bouge sur l’eau, portails de téléportation à rediriger, bascules, ascenseurs…) mais au final je me suis ennuyé. Malgré tout je suis convaincu qu’il peut plaire à bon nombre de joueurs, n’hésitez donc pas à jeter un coup d’oeil à la vidéo pour vous faire votre propre opinion.

Bestio

Iris.Fall

Dans le dur monde du jeu vidéo indépendant, il n’est pas forcement simple de sortir un titre et pourtant, le studio chinois Next Studios va en sortir deux courant décembre. Le premier qui nous intéresse est Iris.Fall, un puzzle-aventure charmant aux premiers abords. Alors qu’une petite fille dort paisiblement, un chat noir vient interrompre son sommeil. Cette dernière décide de suivre le chat, jusque dans une maison étrange, qui fait plutôt office de théâtre burlesque, ou machinerie, cirque et mysticisme se mélangent.

Lorsque la petite fille entre dans le bâtiment, elle se prend un nuage de poussière… qui rend le jeu en noir et blanc (je vous l’accorde, la justification de la palette de couleur est conceptuelle). De là, elle devra naviguer de pièce en pièce pour comprendre ce qui ce passe dans cette demeure des plus étranges. En plus des quelques objets à ramasser et à placer sur des machines pour les activer, notre héroïne pourra aussi se déplacer dans les ombres (comme dans Contrast), à l’aide de livres magiques posés au sol. Si l’ambiance et la direction artistique son plutôt réussis, le reste du jeu est beaucoup moins intéressant.

Techniquement, le jeu n’est vraiment pas fou, avec des collisions approximatives et des animations pas excessivement fluides. Si ce n’était que ça, on pourrait l’accepter, sauf que l’on remarque dès le menu le peu de soin qu’à apporté le studio à son jeu : impossibilité de reconfigurer ses touches, gestion du clavier/souris et de la manette en simultané non géré, d’énormes fautes dans la traduction (qui ne concerne que le menu étant donné que tout le reste du jeu est muet, tout est raconté par des scénettes).

Côté puzzle, ce n’est vraiment pas la folie, avec notamment le gimmick principal (la possibilité de contrôler son ombre) sous exploité étant donné qu’il ne sera vraiment utilisé que lors du dernier puzzle du jeu dans une aventure qui ne dépassera pas les trois heures. Sa simplicité et son univers en font un jeu idéal pour les plus petits, mais sera complètement oublié une fois terminé.

Crim

Pilot Sports

Quand j’ai vu Pilot Sports, je me suis dit que ça pourrait être l’occasion d’y jouer avec ma femme et mes enfants pour changer un peu du combo Mario Kart / Mario Party. C’est donc plein d’espoir que nous avons lancé le jeu. Quatre disciplines sont proposées : avion, deltaplane, parachute et jetpack. Je vais faire court, le deltaplane est lent à mourir, le parachute n’est pas très intéressant, le pilotage du jetpack est un peu bancal, seul l’avion sort légèrement du lot.

Les défis sont à peu près tous les mêmes (traverser une suite d’anneaux dans le ciel) et l’ennui s’installe très vite, même à quatre devant la télé. Graphiquement ce n’est vraiment pas terrible non plus avec des modélisations grossières et aucune direction artistique, ça part dans tous les sens.

Bilan, après une petite heure à essayer de trouver des points positifs et en voyant la tête dépitée de mes enfants j’ai décidé de ranger le jeu et ne plus jamais le sortir…

Bestio

Return of the Obra Dinn

Si c’est la première fois que vous lisez quelque chose à propos de Return of the Obra Dinn, je vous conseille fortement de ne rien lire d’autre. Non pas que j’ai la prétention d’avoir la vérité sur le jeu, juste que c’est un jeu à découvrir entièrement. Moins vous en saurez dessus, plus belle sera la découverte. Sachez juste que Lukas Pope, son créateur, est un très grand malin et une personne un peu à part aussi. Là où on rêve tous de devenir pompier, médecin ou astronaute (parce que c’est les métiers du bien dans la vision un peu étriquée dans lequel on vit), lui il rêvait de travailler comme agent de douane à la frontière (Paper Please)… ou agent d’assurance, dans le jeu qui nous intéresse aujourd’hui.

Après 5 ans de disparition, le bateau Obra Dinn a été retrouvé. Pour faire jouer ou non l’assurance, vous allez devoir comprendre ce qui est advenu des 60 membres d’équipage et passagers qui étaient sur le bateau. Pour cela, vous aurez trois photos, où apparaissent toutes les personnes ainsi qu’un listing avec le nom de chacun, son rôle et sa nationalité. Vous devrez mettre un nom sur un visage et déterminer ce qui lui est arrivé, grâce à une montre magique qui vous montrera le dernier instant de la personne sur le bateau. Le génie de Lukas Pope est de rendre le joueur enquêteur plutôt que d’incarner un personnage qui mène l’enquête.

Que cela soit l’image, le son ou l’écrit, il faudra faire attention à tous les détails pour espérer résoudre ce Cluedo géant, sachant que les profils se valideront de trois en trois. C’est malin, ingénieux et c’est une narration parfaitement maîtrisée. Foncez !

Crim

Mechanika

Toujours la console des ressorties, c’est au tour du studio espagnol Mango Procotol de porter son premier jeu, sorti en 2015 sur la console de Nintendo. Si la “suite” (qui se passe avant MechaNika) Agatha Knife est déjà disponible sur la console, dont Chezmoa en est ressorti grandi, c’est l’histoire de Nika Allen, 7ans, qui nous intéresse.

Nika s’ennuie à l’école, elle n’y apprend que des choses inutiles et sa maîtresse ne décolle pas son nez de son smartphone. Nika aime la bricole, ainsi que le cognac-cacao, qui lui donne beaucoup d’inspiration. Son frère passe son temps à perdre sur des FPS multi, sa mère passe son temps devant la télé et son père répare des motos et ne veut pas former Nika. Cette dernière, ne supportant plus la situation décide de mettre en route son plan : construire un énorme Mecha pour détruire toute les choses pas cools et ainsi se débarrasser de toute nuisance et n’apprendre que des choses cools.

Vous l’aurez compris, le scénario est complètement barré, vous rirez, mais vous serez aussi quelque peut dérangé par certaines situations (tout comme dans Agatha Knife). Si les puzzles ne sont pas particulièrement compliqués (malgré certains qui manquent de clarté, notamment sur l’identification des composants qui permettent de construire le Mecha), le jeu reste agréable… tant qu’on n’y joue pas sur console. A la place de la simplicité des contrôles du point and clic sur PC (la souris pour bouger le curseur, un bouton pour agir et un pour des actions contextuelles), vous aurez ici un stick pour déplacer Nika et le second stick servira à bouger le curseur, accompagné des divers boutons pour les actions. Heureusement, le tactile en mode nomade est géré, rendant l’expérience un peu plus agréable, sans toutefois remplacer la souris.

Mignon bien qu’un peu trash (à l’opposé de ce que peut laisser penser la direction artistique du jeu), on vous conseille le jeu mais évitez de le faire sur console, les contrôles viendront à bout de votre patience.

Crim

Huge Enemy Worldbreakers

Huge Enemy Wolrdbreakers est un shoot’em up horizontal au gameplay plutôt déroutant. Vous pouvez tirer tout autour de vous mais surtout ce tir est automatique. Vous avez juste à déplacer un curseur à l’écran, le titre se manie donc un peu comme un twin stick shooter.

Quatre armes sont à débloquer (missiles, laser…) puis à améliorer via les crédits récupérés en jeu. D’après les vidéos je m’attendais à devoir changer d’arme en permanence pour m’adapter à la situation mais au final la première et la quatrième suffisent à boucler l’ensemble du jeu sans trop de problème (d’autant plus que la barre de vie du vaisseau est assez importante et que vous aurez la possibilité d’absorber la vie des ennemis pour recharger votre bouclier en cours de niveau).

Le jeu mise beaucoup sur l’esquive. D’une simple touche votre vaisseau fera un “barrel roll” permettant d’éviter tous les obstacles et tirs pendant un court instant. Plutôt amusante, cette mécanique est surtout utile lors des combats de boss et leurs lasers balayant tout l’écran. Autant je me suis ennuyé durant les niveaux, sûrement à cause du tir automatique qui donne l’impression de ne pas jouer, autant les affrontements de boss sont très réussis et assez impressionnants.

Graphiquement le titre est plutôt joli et affiche pas mal d’ennemis simultanément à l’écran, par contre la lisibilité est catastrophique par moments (curseur rouge sur fond rouge, tirs blancs auréolés de bleu ciel sur fond blanc, nuages qui passent au premier plan masquant l’action…). J’ai également rencontré pas mal de bugs plus ou moins gênants (vaisseau qui se déplace tout seul dans une direction, achat impossible dans la boutique alors que j’ai l’argent…).

J’ai terminé le jeu mais j’en ressors avec un sentiment plus que mitigé. Je sens bien que les développeurs ont créé Huge Enemy avec amour, mais ça ne prend pas, je n’aime vraiment pas l’idée du tir automatique, j’ai l’impression de ne rien contrôler et ça me frustre. Le jeu n’est pas mauvais, mais je ne peux pas le conseiller.

Bestio

Wandersong

Petit barde chantant tout l’été se trouva fort dépourvu quand les fantômes furent venus. Envahissant son village et maudissant ses habitants, les spectres ne semblaient pas pouvoir communiquer avant que notre héros ne claque ses cordes et émette un son de pure compréhension. Ce sera la première étape d’une aventure merveilleuse, pleine de PNJ adorables et de situations cocasses, rythmées par un gameplay sans grande envergure.

Visuellement intéressant même si ses arrière-plans ne sont pas toujours évident à saisir, Wandersong est un gigantesque jeu de copie de notes à toutes les sauces. L’ennemi va vous dire Jaune, Vert et Rouge, vous devrez faire les notes adéquates dans votre roue de chant à activer au stick droit. La prise en main est tout à fait efficace mais passé les effets de changement de décors que votre chant entraîne, vous vous rendez vite compte de la futilité de cette feature. Jamais le jeu ne parvient à transporter à la hauteur de ses ambitions premières.

Reste un très chouette jeu d’aventure, un gameplay de chant rigolo à défaut d’être réellement inoubliable, mais surtout une petite déception de ce qu’aurait pu être Wandersong avec un peu plus de folie. En l’état on a surtout le droit à une belle mais lente et prévisible aventure qui nous sortira du grisâtre des gros jeux de fin d’année, sans pour autant être incontournable.

Skywilly

Damsel

Sorti un peu avant Halloween, Damsel s’inscrit parfaitement dans le thème en vous plaçant aux commandes d’un agent spécial parti enquêter dans une fabrique de boisson énergisante suspectée d’être infestée de vampires. Sur place les doutes sont confirmés, il va falloir faire le ménage pour les empêcher d’ajouter leur ingrédient mystère et conquérir le monde !

Niveau gameplay le jeu est un platformer composé de niveaux très courts avec des objectifs variés : éliminer tous les vampires, collecter tous les crânes, désactiver les terminaux de sécurité, sauver les otages, etc. Le personnage est assez agréable à contrôler avec un dash, un double-saut et un fusil à pompe histoire de faire le ménage chez les monstres (le saut est par contre un peu flottant à mon goût).

Chaque action octroie un certain nombre de points et le jeu deviendra réellement intéressant dès que vous essaierez de faire le meilleur score possible. Vous devrez pour cela aller très vite, ne pas vous faire toucher, réaliser un maximum d’objectifs secondaires, tout ça sans jamais casser votre combo. Chaque niveau deviendra alors une sorte de casse-tête où vous devrez déterminer la route optimale.

Graphiquement l’ensemble est propre et coloré et j’ai beaucoup aimé que l’histoire soit contée via des pages de comics, c’est vraiment réussi (ne vous attendez par contre pas à des rebondissements incroyables). Le jeu reste par contre très classique et même si les adversaires sont de plus en plus coriaces et les niveaux plus dangereux (pics, caméras de surveillance…) un sentiment de lassitude s’installera au bout de quelques heures. Il y a bien deux autres modes de jeu (arcade et mission quotidienne) mais réutilisant les stages de la campagne sans rien apporter de plus.

Dans la vidéo j’ai l’air assez blasé, c’était d’ailleurs le cas, mais pour y avoir rejoué hors stream depuis j’y ai pris bien plus de plaisir au fur et à mesure que j’ai appris à enchaîner les dash et sauts sans temps mort. Je ne comprends par contre vraiment pas que dans un jeu clairement orienté scoring il n’y ait pas une note à la fin ou au moins quelque chose pour nous donner une idée de notre résultat pour savoir si nous sommes proches de la perfection ou s’il y a au contraire moyen de faire bien mieux (il y a un leaderboard, mais j’aurais aimé un repère de base). Autre petite chose un peu dommage, les crânes qui apparaissent à la destruction des cercueils flottent juste au-dessus de la hitbox du personnage. Ca n’a l’air de rien comme ça sauf que ça oblige à sauter et que ça casse le rythme.

Au final Damsel est un jeu d’arcade sympa mais je reste persuadé qu’il aurait pu être bien meilleur avec quelques ajustements car l’enrobage est vraiment bon.

Bestio

The Council (Episode III & IV)


Le format épisodique a certainement ses avantages pour un développeur, beaucoup moins pour le joueur. Quant il s’agit de reprendre quelques mois plus tard là où l’on s’était arrêté, il est fort possible d’avoir oublié certains détails. Dans un jeu comme The Council où nos choix et réponses ont leur importance sur le déroulé de l’histoire, cela peut devenir gênant de se contredire vis à vis d’un personnage en lui disant le contraire de ce que nous avions proclamé quelques épisodes auparavant.

C’est la raison pour laquelle il est parfois préférable d’attendre que tous les épisodes soient sortis avant de plonger dans ce genre de jeu. De plus, cela évite la frustration accompagnant l’attente de l’épisode suivant.

Ce troisième épisode a un peu de mal à démarrer avant que le moindre rebondissement de taille ne vienne enfin bousculer les choses. Il est l’occasion pour la conférence, évoquée dans les deux précédents épisodes, de prendre place. Comme toujours dans The Council, le verbiage est de première importance, et c’est donc par la parole que tout se passe. Le stress de répondre à côté de la plaque est réel, surtout quand le temps pour le faire est limité. Puisque une fois n’est pas coutume dans The Council, vos décisions auront de réelles répercussions, parfois immédiates.

Si le troisième épisode se laisse vivre, j’ai plutôt envie de dire que c’est le quatrième qui vient tout exploser. Outre le fait de nous exposer à une nouvelle compétence inédite pour Louis, c’est aussi celui du déballage, de la grande révélation de nombreux secrets de très grande importance pour notre héros autant que pour le Monde, puisque sur cette île, ces personnalités de la haute société vont décider de son avenir.

The Council flirte toujours avec l’ésotérisme et la géopolitique de son époque, et ce encore plus dès son troisième épisode. La sauce prend toujours pour peu que l’on soit amateur d’intriguantes sociétés secrètes. Par contre, l’aspect technique laisse toujours autant à désirer. Entre la sensation d’un manque de fluidité en étant pourtant à 60 ips, de la présence de nombreux bugs en tout genre, surtout au niveau des animations et un doublage assez quelconque jusque dans les scènes sensées être émotives, font qu’il est difficile de passer outre ses imperfections sans tiquer ne serait-ce qu’un peu.

Ce manque de finition au final pâtit à un jeu d’aventure aux aspects de jeu de rôle, original et même passionnant. Une grosse couche de polish va être nécessaire pour ne pas rebuter les joueurs potentiels d’ici la sortie de son cinquième et dernier épisode.

(Critique des épisodes I et II)

Vasquaal

Grandpa and the Zombies


Je ne sais pas si on vous l’a déjà dit, et j’espère que c’est le cas, mais il faut prendre soin de ses grand-parents parce que c’est important. Alors quand on voit que le grand-père du jeu est en fauteuil roulant avec une jambe cassée et seul dans un hôpital, on n’est vraiment pas content. Du coup, quand on voit ce pauvre papy à qui personne n’a expliqué comment on tourne ni on freine avec un fauteuil roulant au point d’être obligé de se manger tous les murs pour pouvoir s’arrêter et se positionner pour aller dans la direction qu’il souhaite et atteindre la sortie, on a envie de vous gronder très très fort.

Comme on le sait tous, les hôpitaux sont de vrais labyrinthes, du coup, pépé doit se casser la tête pour trouver un mur qui le stoppera, lui permettant d’accéder à la sortie sur une belle ligne droite sans obstacle. J’espère que vous avez bien honte de vous. Mais comme je vois que vous ne vous cachez pas encore, sachez que la situation est bien pire que prévue. Parce qu’en plus d’être dans une situation très handicapante, il se trouve qu’une invasion zombie arrive pour compliquer les choses. Alors oui, certains zombies sont sympas et ne mordent pas, ce qui arrange notre doyen qui s’en servira comme mur pour atteindre la sortie, surtout que ces derniers se déplacent dans la même orientation que notre vieillard. Sauf que d’autres zombies sont bien plus vénères et croqueront sans vergogne notre héros.

Ajoutez à cela des zones électrifiées, des obstacles à faire exploser et tout un tas de variante de zombies qui ne répondront qu’a certains mouvements (soit verticaux, soit horizontaux), et on obtient un petit puzzle bien sympathique malgré le manque cruel de variété des environnements (qui en plus de n’en compter que quatre, se paient le luxe d’être moches et vides). Ajoutons à cela que le jeu garde toutes sont interfaces mobile sur Switch. Maintenant, j’espère bien que vous pendrez soin de vos grand-parents pour éviter toutes situations dangereuses comme celle de Grandpa and the Zombies.

Crim

Project Warlock


Exclusif à ce jour sur Gog.com, Project Warlock se veut comme un clin d’œil appuyé aux Doom et autres Hexen de la période bénie des fps. Et à première vue, c’est ce qu’il semble être. Son armement fait mal, produit des sons qui claquent bien tandis que nos cibles exploseront dans une gerbe de sang satisfaisante. Histoire d’appuyer sa tendance sentimentaliste, son menu d’options graphiques regorge de filtres d’image façon Commodore 64 et Cie, allant même jusqu’à offrir la possibilité de simuler la courbe d’un écran CRT. On se passera pourtant volontiers de ces derniers puisque Project Warlock étant assez sombre de base, ils auront plutôt fait de gêner la visibilité de l’action que de la souligner avec nostalgie.

Cela dit, si sa bande sonore crache de bonnes décibels autant que ses pixels habillent merveilleusement ses décors, ce n’est pas vraiment pour cela qu’on est venu. Après quelques strafes, un constat s’impose vite. Project Warlock n’est pas vraiment un fps d’antan ; il n’en a pas conservé la simplicité. Au contraire, il s’est peut-être inutilement complexifié en s’enfermant dans un carcan plus proche du roguelite que du shooter bête et méchant mais ô combien efficace. Entre ses statistiques et armes améliorables, ses pouvoirs déblocables et son système de vies limitées – excepté en mode facile où elles sont illimitées – difficile de le voir autrement.

Très vite, cela s’exprime par une jouabilité assez lourde par moment. On se passera par exemple de la molette de la souris pour favoriser ces bons vieux raccourcis clavier pour sélectionner plus efficacement l’arme souhaitée. Tandis que passer d’un pouvoir à l’autre n’est pas non plus des plus amusant une fois que l’on commence à en avoir un joli nombre à disposition. Le plus est parfois l’ennemi du bien, et dans ce cas, permuter les éléments de notre équipement peut se révéler tout sauf intuitif. L’intention rpgesque est bonne ; c’est seulement son exécution qui pêche un peu.

Il reste donc le level design à explorer. Ce dernier se révèle par contre trop plat en étant plus proche du style d’un Wolfenstein 3D que d’un Doom plus labyrinthique et au level design plus en relief en jouant avec les hauteurs. Ses couloirs étriqués favorisent assez peu le strafe, tandis que le gameplay se résume souvent à enchaîner des ennemis nous fonçant dessus à la queue leu-leu, montrant la limite de leur intelligence quand leur IA les fait régulièrement se bloquer contre des éléments du décors. Les boss sont par contre ardus tant qu’on a pas entièrement saisi leurs mouvements d’attaque. Et ils font très mal et vite.

Project Warlock est généreux en terme de contenu avec son grand nombre de niveaux notamment quand on considère son prix très abordable. Ses armes font mal et sont très satisfaisantes à manier. Dans son ensemble, c’est un jeu avec un gros potentiel de jouissance pour tout amateur de shooter rétro et assumé comme tel. Il reste pourtant imparfait mais pour un jeu essentiellement réalisé par un seul et unique jeune développeur, c’est aussi une promesse d’un grand talent qui ne demande qu’à éclore. A vouloir trop faire, il s’est peut-être égaré, Project Warlock étant dans un entre-deux, celui d’un roguelite et d’un fps compétent mais redondant qui finit par tourner assez vite en rond.

Vasquaal

Tsioque


Tsioque est un jeu d’aventure assez classique qui doit son existence à une campagne de crowfunding réussie. Il raconte l’histoire d’une jeune princesse retenue prisonnière par le sorcier royal ayant profité de l’absence de la reine pour prendre le pouvoir. Point de chevalier cependant pour sauver notre cendrillon qui n’a pas vingt ans, mais reste la plus jolie des enfants. A la force de ses petits bras et de notre jugeote, il va falloir l’aider à s’échapper à grand coup d’énigmes à résoudre.

On reste donc en territoire connu. C’est un jeu modérément compliqué mais pas insurmontable. Il reste en général dans une logique compréhensible quant à la résolution de puzzles souvent ludiques. Il se présente également dans un graphisme de dessin animé dont l’ambiance ne sera pas sans rappeler certains vieux Disney qui lui auront peut-être servi d’influence. Les animations sont en général très réussies, notamment pour Tsioque, qui de sa taille d’enfant, doit apprendre à faire avec un monde avant tout conçu pour les adultes.

Tout est du coup trop grand pour elle, surtout les marches d’escaliers, qu’elle doit grimper en soulevant délicatement sa robe de princesse. La voir s’animer est adorable, et d’une princesse, elle n’en a que l’aspect extérieur alors que son aventure va l’amener à affronter plus fort qu’elle. De fait, elle devra user de ruse pour contourner les sous-fifres du sorcier, en faisant preuve de ressource et d’ingéniosité.

Parfois il arrivera que le jeu nous impose des problèmes à résoudre dans un temps limité sous peine que Tsioque se fasse attraper. Heureusement, le système de points de sauvegarde fonctionne parfaitement pour pouvoir recommencer immédiatement en cas d’échec. Ils apportent de petits moments d’excitation dans un jeu globalement sage. Mon seul grief serait l’absence de raccourcis pour passer d’un tableau à l’autre plus rapidement à l’aide d’un double clic par exemple. Notre princesse ne court pas par exemple.

Sa parcimonie en dialogues en fait plus un conte imagé qu’autre chose, ce qui plaira sans aucun doute aux plus jeunes. Son histoire parlera pour autant à tous, aux enfants comme à leur parents grâce à son double niveau de lecture. Il faut dire que Tsioque c’est aussi l’aventure d’une petite fille qui se sent isolée et oubliée par ceux qui ne devraient le permettre. Relativement court, il se termine en un peu moins d’une après-midi sans pour autant le faire sentir. Il n’est ni trop long, ni trop court, sachant ménager son intrigue en maintenant un rythme idéal à moins de bloquer trop longtemps sur un problème. Si sa fin est convenue, cela reste malgré tout une jolie petite histoire.

Vasquaal

To Leave

Première production du studio Freaky Creations et surement premier jeu vidéo venu tout droit d’Equateur, To Leave nous plonge directement dans le subconscient humain, et plus particulièrement dans celui d’une personnage dépressif. On comprend rapidement que notre jeune héros a perdu un être cher et depuis sa vie se résume à peu de choses : de la drogue, de la drogue et beaucoup de pensées noires. Après s’être fait une concoction magique à base de cactus, notre cher Harm (c’est le prénom du héros) part dans un délire coloré où ils poursuit une fée, avec comme récompense un long baiser.

Pas de chance pour lui, il vomit pile poil à ce moment là. Convaincu de ce qu’il vient de vivre, il décide de parcourir le monde astral grâce à sa porte magique, sur laquelle il se déplace (vous savez, comme un tapis magique, sauf que là c’est une porte placée à la verticale sur laquelle il faut s’accrocher pour ne pas tomber). Je vous l’accorde, point de vu confort on a fait mieux. Dans ce monde astral, il va devoir trouver huit temples pour récolter des âmes, lui permettant d’accéder à un autre monde, là où règne les dieux. Bref on comprend très rapidement que ces huit temples sont ces grandes étapes auxquelles il doit se confronter avant de ce suicider.

Oui, le discours que propose le jeu est assez violent et même assez direct. D’autant plus que la difficulté accompagne chacun des sentiments. La solitude, sentiment habituel de Harm, sera un niveau très sympa, qui ne vous demandera que très peu de dextérité, là où affronter les gens en pleine ville ou dans le niveau correspondant aux obligations professionnelles sera un calvaire, avec des cubes à tête chercheuses (qui sont une représentation de l’être humain) sans pitié avec vous au moindre faux pas. La dureté du jeu et de son propos sont appuyés par une direction artistique incroyable, où chaque élément est en osmose avec ce qui est raconté (par exemple : lorsque vous lancez le jeu, Harm est couché dans son lit. Appuyez sur “nouvelle partie” ou “continuer” et ce dernier ce lèvera (péniblement) pour être prêt pour son prochain voyage dans les astres) le tout accompagné de guitare bien saturée et lourde.

On regrettera quelque peu la difficulté du jeu, notamment sur les trois derniers niveaux, qui laisseront sur la route un grand nombre de joueurs, leur privant ainsi d’une vision sur l’intégralité du propos, peu courant et qui mérite d’être exploré. Evidemment, ce jeu n’est pas conseillé aux personnes dépressives.

Crim

Steel Rats

Ce que j’aime avec les jeux indé, c’est qu’il y a toujours des studios prêts à prendre des risques pour tester des croisements de l’impossible. Steel Rats en est un parfait exemple, puisque c’est un platformer / action (en 2.5D) à moto. Si vous imaginez un jeu complètement fou, vous êtes sur la bonne voie mais je suis persuadé que vous êtes loin du résultat.

La maniabilité se rapproche d’Urban Trial Freestyle, le précédent jeu du studio Tale Multimedia, sauf que la physique est ici bien plus permissive et que vous aurez à votre disposition de nombreuses compétences d’attaque (jet de flammes, chaînes énergétiques, frappe au sol…) dépendant du personnage sélectionné. Le gang des Steel Rats est composé de quatre motards prêts à tout pour sauver Coastal City d’une invasion de robots destructeurs. Au cours des 28 niveaux de la campagne, vous aurez l’occasion de collecter des tonnes de ferraille sur des boîtes de conserve énervées, que vous pourrez ensuite utiliser pour améliorer vos compétences, débloquer de nouveaux pouvoirs plus puissants ainsi que de nombreux passifs.

Graphiquement le titre est réussi et l’ambiance rétro-futuriste dans une version alternative des Etats-Unis des années 40 colle bien au jeu. Côté bande-son je suis tombé amoureux du thème du menu ! Je suis par contre un peu plus partagé sur deux choses : si les passages d’action sont agréables, les rares phases de plateforme pures sont une vraie purge et j’ai trouvé que les boss, s’ils sont impressionnants, ne proposent finalement que des combats assez plats. Heureusement, ces deux points ne représentent qu’une infime partie de l’aventure.

Le jeu est dans l’ensemble assez facile car vous pouvez changer de personnage à la volée (ce qui vous octroie donc potentiellement quatre barres de vie) et que de nombreux points de restauration de santé sont disposés tout au long des niveaux. Mais si vous souhaitez profiter un peu plus du jeu, trois objectifs secondaires plus difficiles (terminer en moins de x minutes, ne pas se faire toucher, détruire x ennemis dans les airs…) seront proposés à chaque stage et vous aurez également un secret à trouver, donnant des informations sur l’histoire du jeu et ce qui s’est passé avant la découverte de l’invasion robotique.

Si le concept sur le papier m’avait immédiatement conquis, j’avais un peu peur du résultat mais je me suis vraiment éclaté. Le jeu regorge de bonnes idées, comme cette roue avant scie circulaire permettant non seulement de découper les ennemis et obstacles, mais également de s’accrocher à certaines surfaces et de se déplacer aux murs et aux plafonds, donnant lieu à des niveaux verticaux.

Comme vous avez pu le comprendre tout n’est pas parfait mais si vous cherchez un jeu original et amusant, Steel Rats comblera sans problème vos attentes et j’espère que Tale Multimedia continuera à prendre des risques, surtout si le résultat est aussi bon que cet essai.

Bestio

Rigid Force Alpha

Je ne pense pas me tromper en disant que les développeurs de Rigid Force Alpha sont de grands fans de R-Type. Mais plutôt que de faire un bête copier / coller, ils ont ajouté pas mal de choses à la recette de base.

Le déplacement horizontal a été gardé, par contre ce n’est plus un mais quatre modules externes que vous allez pouvoir placer devant, derrière ou sur les côtés de votre vaisseau pour vous protéger et détruire tous les ennemis rencontrés.

Niveau armement le titre est également généreux avec des tirs rebondissants, évasifs, concentrés… chacun avec plusieurs paliers de puissance et la possibilité de déclencher une attaque spéciale dévastatrice.

La campagne se divise en six stages avec miniboss et boss finaux plutôt impressionnants. Côté réalisation Rigid Force Alpha est vraiment réussi. La 3D est jolie, les environnements sont variés et c’est un véritable plaisir de découvrir les nouveaux lieux et dangers inédits. Pour couronner le tout la bande-son est également bien choisie.

Une fois que vous aurez avancé dans la campagne, vous pourrez vous lancer dans le mode arcade (entièrement dédié au scoring) où le but sera d’engranger un maximum de points en faisant monter votre jauge de combos et en récupérant les astronautes à la dérive. Un troisième mode, le boss rush vous permettra comme son nom l’indique de prendre votre revanche et de peaufiner votre technique de destruction d’ennemis qui prennent tout l’écran.

Beau, maniable, varié, Rigid Force Alpha est une réussite et si vous aimez les shmups horizontaux ne passez pas à côté !

Bestio

LEGO DC Super-Villains


Il ne semble plus tellement nécessaire de présenter un jeu Lego tant et si bien la maxime « qui se ressemble s’assemble » peut s’appliquer à l’entièreté de ces mondes de briques imaginés par le studio Traveler’s Tales Games. Lego DC Villains n’y déroge pas.

Jouable seul ou à deux en local, vous aurez à traverser différents niveaux – une bonne vingtaine ici plus un monde ouvert de taille modeste combinant Metropolis et Gotham City – contenant chacun leur lot de bonus à découvrir pour débloquer tout un tas de trucs comme les fameuses briques rouges et autres.

La principale différence c’est que cette fois-ci on joue les méchants. La Justice League ayant été victime d’une disparition prématurée à cause d’une autre ligue loin d’être aussi vertueuse et venue de Terre-3, c’est donc aux bad boys & girls de l’univers DC de prendre les choses en main pour éviter que tout ne dérape. TT a fait appel à une équipe de vilains connus que l’on aura tout aussi bien vu apparaître dans les films DC que dans les séries du Arrowverse (Arrow, Flash, etc).

Il vous sera même possible de créer de A à Z votre propre vilain en choisissant aussi bien son look que ses pouvoirs de base sans réelle restriction. Évidemment, à mesure que l’on progresse dans l’histoire, votre Lego gagnera de nouvelles capacités faisant de lui un méta-humain de plus en plus complet. Utile pour revenir éponger chaque secret de chaque niveau en mode libre.

Lego DC Villains reste donc un jeu Lego pour sûr ; joliment réalisé, il se maintient dans la moyenne haute techniquement parlant, en n’étant pas avare en terme d’effets qui le rende coquet à souhait. L’humour est toujours très présent aidé par son casting de voix impressionnant avec en V.O. des noms célèbres comme Mark Hamill (Joker), Tara Strong (Harley), Kevin Conroy (Batman) ou encore Gina Torres (WonderWoman).

S’il n’innove pas énormément, le fait de jouer les méchants apporte un peu de fraîcheur à une recette qui tend à tourner en rond, même si cela reste toujours plaisant au final. Ce jeu Lego, c’est aussi un peu comme si le film Justice League et Suicide Squad avait eu un enfant terrible ensemble tout en s’offrant enfin un scénario et une mise en scène qui tiennent la route.

Vasquaal

My Memory of Us

L’histoire est d’une importance capitale pour deux choses : avoir conscience de la situation dans laquelle nous sommes et ce qui l’en a coûté pour en arriver là, mais aussi connaitre les erreurs que notre civilisation a faite, pour ne pas les commettre de nouveau. C’est sur deuxième point que les polonais de Juggler Games se sont appuyés pour leur premier jeu : rappeler la situation dans laquelle s’est retrouvé le peuple polonais (et non la nation polonaise) lors de la seconde guerre mondiale, avec notamment la situation de Varsovie, vraie mise en quarantaine pendant plusieurs années, sans évidemment oublier l’holocauste et les camps de concentration pour exterminer les juifs. Tout cela est raconté du point de vue de deux enfants (un garçon et une fille) allant des instants avant le début de la guerre jusqu’à la fin de celle-ci.

Si le jeu démarre en noir est blanc, avec une direction artistique à tomber par terre, rapidement une couleur viendra s’y greffer : le rouge. Cette même couleur qui représente le mal : d’un côté, l’ennemi, qui aura des pointes de rouge sur leur uniforme ainsi que dans leur yeux, d’un autre côté, les personnes juives, considérées comme le mal de ce monde par l’envahisseur nazis. Sauf qu’ici comme tout est vu de yeux d’enfants, on se trouve avec des nazis remplacés par des robots, où les juifs sont aspergés de peinture rouge pour désigner leur différence. Evidemment, l’un de nos deux personnages, la fille, se retrouvera coloré.

Là où la vision enfantine marche parfaitement c’est sur l’innocence du regard d’un enfant, parfaitement retranscrit dans le jeu, où le petit garçon se moque de la couleur et en viendra même à s’arroser de peinture rouge pour être comme sa copine. Malgré les situations plutôt dures que présente le jeu, il en ressort à chaque fois des petites pitreries de nos deux garnements qui nous ferons sourire, du fait de leur insouciance de la situation. Présenté comme un point and click très simpliste (en plus de tout plein de mini-jeux, plus ou moins réussis) et un peu pataud (le déplacement est parfois un calvaire lent), en plus des objets nécessaires à l’évolution de l’aventure vous trouverez des timbres, qui relateront très rapidement les faits d’armes de certaines personnes pendant la guerre. Là où le jeu n’arrive pas forcement à convaincre et justement sur cette appel à la mémoire : jamais l’ennemi ne sera évoqué par son nom et surtout, les timbres que l’on collectionne ne sont accessibles qu’en dehors du jeu et ne sont pas directement intégrés dans l’aventure elle même. Au final, nous sommes face à jeu magnifique avec un beau propos, hélas raconté de manière un peu maladroite.

Crim