Critique VR

Maskmaker

Skywilly
Publié le 2 juin 2021

Développeur

InnerspaceVR

Éditeur

MWM Interactive

Date de Sortie

20 avril 2021

Prix de lancement

16,79 €

Testé sur

Oculus Quest 2 + AirLink

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Créatrice du déjà excellent A Fisherman’s Tale, jeu narratif assez retournant visuellement, l’équipe d’Innerspace VR est de retour dans un tout nouveau titre nommé Maskmaker. Vous y jouerez l’apprenti d’un grand créateur de masques magiques qui, une fois portés, peuvent vous envoyer dans d’autres mondes. Mais chut ! N’en disons rien de plus. Parlons juste de ce que propose le jeu, en ne revenant plus jamais sur son histoire d’environ 5 heures qui vous transportera efficacement dans un univers magique à la morale très bien écrite.

Mister Masques

Tout commence avec une petite introduction scénarisée qui vous laisse suivre les débuts de l’épopée du maître créateur de masques et de son apprenti. Ensuite, vient le temps de créer votre premier masque : un atelier s’ouvre à vous et le jeu vous guide pour créer votre première réalisation à l’aide d’un marteau, d’un burin et d’une planche de bois. La forme découverte est pré-établie :  cette absence de liberté créative sert l’histoire mais pas de panique, faites-moi confiance, cela donne tout son sens aux mécaniques du jeu.

Ensuite, il faut les peindre comme on vous le demande. La couleur et la forme du masque d’origine vous donneront ainsi chacun accès à différents mondes qui s’offriront à vous rien qu’en le portant. L’occasion de découvrir trois premiers biomes (sur les 8 que propose l’aventure) où l’exploration fait rapidement place à la logique et aux énigmes intelligentes. On se retrouve alors dans un jeu d’aventure « classique » où les lieux ne seraient par contre jamais reliés entre-eux, pour une et mille raisons. L’idée au cœur de tout Masmaker, c’est la découverte d’autres porteurs de masques stoïques dans les différents mondes. Prenez par exemple ce porteur de masque se tenant derrière un pont cassé que vous ne pouvez pas franchir : il vous suffit de prendre votre longue vue, de l’identifier et ainsi de voir s’enregistrer sous forme d’un plan, le type, les couleurs et les motifs de ce nouveau masque.

Retirez votre masque : vous voilà de retour à l’atelier. Maintenant que vous avez ce nouveau plan de masque, vous pouvez le créer. Une fois terminé, en le mettant, vous vous retrouvez… à la place de ce porteur de masque qui se trouvait derrière le pont. Vous ouvrant évidemment la voie vers davantage d’exploration, de découvertes, d’interactions avec le monde et principalement, de collecte d’autres types de masques portés par vos futurs avatars. Chaque monde recèle aussi d’autres objets : des coquillages, des plumes et autres débris de la nature qui pourront être ajoutés à vos masques pour davantage de complexité et de diversité.

En début de jeu, au-delà de l’heure découverte, l’exploration est très réussie et on entre sans soucis dans l’ambiance et la narration proposées. Néanmoins, une certaine frustration pourrait vous envahir côté création : en plus de ne pas réaliser votre propre masque, ils vous sembleront très simples dans leur patterns. Mais ça, c’est pour le début de l’histoire.

Cinétose

Modérée (Plusieurs options sont disponibles pour l’atténuer)

Peur / Jumpscares

Jamais

Cachez ce masque que je ne saurais voir !

Le premier coup de génie de Maskmaker est de parvenir à nous faire entrer dans le jeu au point d’en oublier la simplicité des masques… jusqu’à se retrouver trois heures après avec des pinceaux, un porte-masque et une minutie d’horloger en voulant peaufiner les dernières couleurs qui sied à notre future œuvre bien complexe, nous amenant vers une destination débloquant toute la situation narrative actuelle. Le défaut inhérent à l’aspect très narratif du jeu se révèle finalement maitrisé : la simplicité des premiers masques n’était pas là pour cacher un manque de gameplay, mais bien pour vous apprendre étape par étape à les créer, pour vous proposer de très jolis moments de réalité virtuelle tout au long du jeu en espérant ne jamais vous lasser. Et cela fonctionne très bien.

Repartir et revenir à l’atelier à chaque fois que vous voulez changer de masque vous semble rébarbatif ? Pas de soucis, l’équipe de développement y a pensé et dès que vous atteindrez un certain nombre de masques à utiliser, ils seront disponibles « à la volée ». Les trois premiers biomes vous semblent légers en univers et manquent de complexité ? Attendez de voir ceux que vous débloquerez, sans qu’on ne vous dise comment, qui tireront parti de l’échange de masques et de certaines utilisations du décor qui paraitront déjà vues en Réalité Virtuelle et pourtant, magnifiquement utilisées ici. Vous aurez même le droit de charmer un serpent et d’alimenter une énorme fournaise, en passant d’un masque à l’autre pour une interaction à distance des plus efficaces.

Maskmaker se repose évidemment beaucoup sur deux de ses plus grandes maitrises : sa narration et sa courbe de difficulté croissante et parfaite. Ainsi, l’aventure se fait d’une traite sans pratiquement aucune retombée de motivation pour le joueur. C’est le genre de jeu qui vous fera râler quand vous verrez votre Oculus Quest est en panne de batterie, signe d’une pause de quelques heures avant de reprendre ! C’est un peu génial tout du long et InnerspaceVR confirme définitivement son talent et sa maîtrise de la Réalité Virtuelle. Au-delà de belles mécaniques ou d’idées originales, ils nous prouvent surtout que ce sont des personnes sur lesquelles on peut compter quand il s’agit de nous raconter de belles et intelligentes histoires.

Ne comptez pas sur moi pour vous spoiler la moindre once d’histoire de ce jeu de masques absolument délicieux à découvrir, entièrement narré vocalement en français, proposant autour de 5 heures de création de masques et d’exploration de mondes magnifiques. C’est encore une fois d’une grande maîtrise de la part de Innerspace et ne vous étonnez pas si Maskmaker devient rapidement un incontournable du jeu d’aventure narratif en Réalité Virtuelle : il le mérite !

YUKI

Gnannnnn… GNannnnn… piu ! piu ! piu !

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