Rapide Critique

Minute of Islands

Vasquaal
Publié le 14 septembre 2021
Minute of Islands

Développeur

Studio Fizbin

Éditeur

Mixtvision

Date de Sortie

13 juin 2021

Prix de lancement

20 €

Testé sur

PC

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Sous un graphisme coloré comme dessiné à la main, Minute of Islands a des allures de conte pour enfant. Pourtant, il ne faut s’y tromper. Derrière son apparence naïve, son histoire est celle d’un monde en proie à un miasme destructeur qui l’aurait depuis longtemps détruit sans l’intervention de géants millénaires à la santé fragile. Entre en action Mo, une jeune fille détentrice de l’omnikey, un outil fort utile pour réactiver la machinerie maintenant en vie les-dits géants. Son aventure l’emmènera d’île en île, la confrontant avec sa famille avec laquelle elle s’est installée dans une forme d’aliénation à sens unique, aveuglée par le caractère presque messianique qu’elle donne à sa mission. 

Minute of Islands est un jeu purement narratif. Il serait exagéré de considérer les tâches qu’il incombe à son héroïne comme étant des puzzles. Il est vrai que le jeu propose des plateformes, quelques objectifs à remplir, mais ni l’un, ni l’autre, ne vous poseront le moindre problème. Les plateformes ne sont jamais punitives et les objectifs sont des tâches qui se résolvent toujours de la même façon, devenant par la même occasion répétitives et rébarbatives.

La répétitivité des actions que nous impose Minute of Islands, ainsi que le silence de Mo – silence uniquement brisé par une narratrice omniprésente (peut-être même un peu trop malgré la qualité de sa prestation) – pourraient être interprétés comme la volonté de signifier à son public le côté futile des actions de son héroïne, doublé d’une distanciation émotionnelle avec les personnes ne lui voulant pourtant que son bien.

La morale de l’histoire semble vouloir paraphraser les mots d’Albert Einstein symbolisant la folie comme étant la répétition d’un comportement en espérant un résultat différent. Sa conclusion se résume donc à une finalité au goût de fatalisme qui peut laisser amer, surtout dans une aventure sans choix ni véritable libre arbitre dans nos actions. Sa fin ne nous laisse face ni à une victoire, ni réellement à une défaite, faisant d’elle quelque chose de difficile à digérer pour qui espère une fin plus “classique”. Il y a pourtant une note d’espoir là-dedans pour qui voudra la prendre. La moralité veut peut-être nous dire que parfois, il faut savoir lâcher prise pour mieux rebondir. 

Si seulement la progression dans cette histoire n’était pas parsemée de répétition et de tâches plus fastidieuses qu’heureuses, Minute of Islands aurait pu être une parenthèse narrative parfaitement satisfaisante.

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