Games Stories

Games Stories

Trois Couleurs, c’est le magazine gratuit distribué dans tous les cinémas MK2 et sur le site du même éditeur. Plusieurs passionnés de culture de toute sorte y parlent des sorties du moment avec une passion débordante. Imaginez ce que ça donnerais si, sur le même principe, ils venaient à nous proposer un hors-série sur le jeu vidéo ! Et bien ils l’ont fait…


Ou l’on parle pour les neophytes…

Découpé en cinq “Levels”, autre noms des catégories proposées dans ce Trois Couleurs Hors-Série, Game Stories se veut pour tous les publics. Pour cela, il aborde le monde du jeu vidéo de différente façon. La première est de commencer avec un entretien de pionnier, Steve Russel, l’inventeur de Spacewar! (que certains accueilleront comme le premier jeu vidéo ce que l’intéressé dément fortement). Dès le départ on est en pleine passion, en un entretien débordant d’intérêt et qui se révèle très impressionnant. On fait un bond dans le temps sans non-plus glorifier une époque révolue : passionnant vous dis-je ! S’en suit un petit encart de deux pages sur les métiers du jeu vidéo. Une simple présentation des différents postes qui, avec le lexique de fin de magazine, viendra aider les nouveaux venus à comprendre de quoi l’on parle ici.

Il faut dire que dès la seconde section, on entre dans le vif du sujet. Les “décennies” comme l’indique le Level 2 du bouquin, retracent l’histoire du jeu vidéo des années 50 à nos jours avec une malice intéressante mais très rapide. Les habitués pesteront devant quelques manque de détails, c’est obligé, mais nul doute que le travail est plutôt bien fait. Les journalistes reprennent l’histoire d’un média en une trentaine de pages sans jamais être ennuyants, rebarbatifs et surtout, en prenant quelques iconographies de l’époque (des publicités, surtout) pour bien replacer les modes et l’esprit d’antan. Nostalgiques, vous allez adorer.


Ou l’on parle pour les harcore-gamers…

En plus de mélanger quelques oeuvres d’art à base de jeu-vidéo (les affiches Minimal Videogame Posters de Franck Russo par exemple) à toutes ces rubriques, plusieurs petites histoires d’une ou deux pages viennent nous rappeller quelques grands moments de découverte de joueur. La première fois que l’on a joué à Carmageddon 2, ou aussi lorsque l’on voulait absolument déshabiller Lara Croft dans Tomb Raider. Ces articles sont forcément, selon l’intérêt qu’ils ont pour le lecteur,d’une qualité globale en dent de scie et ne viennent quelquefois que redonner un sens temporel à l’époque représentée. Une bonne idée, sans aucun doute, mais qui ne fait pas toujours mouche.

Passée la “petite” histoire du jeu vidéo sous cette drôle de représentation papier, on se plonge dans la découverte de gros dossiers vraiment originaux : les origines du jeu en réseau dans le Quartier Latin par exemple, qui nous fait découvrir (ou redécouvrir) comment cette folie des tournois CounterStrike et Starcraft est née. On a le droit à quelques interviews de joueurs de l’époque qui, toujours fiers, osent dire la vérité et ce qu’il fallait faire ou ne pas faire pour déboucher de sa passion vers un véritable métier. Passionnant de bout en bout, malgrès une mise en page un peu austère, ce dossier mérite à lui seul l’achat de Game Stories.


Ou l’on ne prend pas le lecteur pour un C…

Pourtant, d’autres bons écrits sont à découvrir. Même si personnellement je n’ai pas furieusement accroché à l’exercice de style qui consiste à “faire parler” des jeux Rockstar et à les confronter, reste que les discours sur plusieurs pages concernant la Triche dans le jeu vidéo, les Cinématiques, la Baston ou le Rétrogaming sont quand même furieusement intéressants. Même l’article sur le FPS face aux vraies guerres pose des questions terribles et met en avant des vérités qui font un peu mal. Et pour rigoler un peu (sans que ce soit bête pour autant, bien au contraire), l’excellent article se demandant “pourquoi les filles tournent les manettes comme si c’était un volant ?” donne un peu de fraicheur à ce vaste programme bien chargé et très original d’un article à l’autre.

Alors certes tout n’est pas parfait. On peut rapidement pester devant le manque d’intérêt de la “ludothéque idéale” présentée en fin de magazine, qui nous montre trois films, trois albums, trois goodies et d’autres choses très “geek” qu’il faut absolument avoir chez soi. C’est un peu réducteur mais surtout, le choix est très personnel et beaucoup ne s’y retrouveront pas (surtout lorsqu’il est question de médias : JV.Com et GameOne, serieusement ?) mais ce n’est qu’une dizaine de pages sur la centaine vraiment délectable qu’on peut découvrir dans ce Game Stories d’un autre temps.


Le jeu vidéo y est bien representé, merci pour lui !

C’est un peu frustrant pour un lecteur comme moi, de devoir encensser à ce point un média qui sera forcément montré du doigt par tout un pan de lecteurs persuadés que c’est du copinage et qui se révoltent au moindre petit doute sur l’intégrité d’une quelconque critique (il faut dire qu’il y a un certain passif à ce sujet, pour leur défense). Je lis pas mal de magazines, en ait lu aussi énormement et je fais partie de ceux qui pensent que le monde de la presse vidéoludique et morte depuis longtemps malheureusement (malgrès les bienheureuses exceptions qui confirment la règle, comme le son Canard PC ou IG Magazine entre autres bonnes choses à tirage limité), mais je dois bien avouer avoir réellement pris mon pied à lire Games Stories. C’est riche, intelligent, original et si la rédaction de Trois Couleurs n’a évidemment pas inventé le fil à couper le beurre, au moins sait-elle s’en servir correctement. Bravo à eux.

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