Another World 20th Anniversary Edition

Chaque console ou micro-ordinateur a connu à son heure de gloire un jeu particulier, que ce soit pour ses qualités techniques, innovatrices ou de gameplay. Ces titres devenus des classiques se verront souvent adaptés sur les supports des générations suivantes, le téléphone portable faisant partie de ces supports. Reste à voir si l’adaptation est digne de l’original.

An other édition

Le jeu originel avait fait parler de lui lors de sa sortie sur Amiga grâce à ses graphismes vectoriels jamais vus auparavant. Mais si trouver une NES en brocante pour quelques euros est possible dimanche matin prochain, en revanche, je vous défie de trouver un Amiga en état pour moins de 10€. Le titre a ensuite été réédité sur plusieurs autres supports comme l’Atari ST ou sur console comme la Mégadrive. Pour les 15 ans du jeu une édition physique a même été créée afin de célébrer l’évènement et joie : elle est désormais disponible sur nos smartphones, pour le vingtième anniversaire du jeu.

Le scénario du jeu est relativement simple : notre protagoniste est un jeune scientifique roux (pas de bol) qui débarque au laboratoire en pleine nuit un soir d’orage pour utiliser son ordinateur. Sans vouloir pinailler, au début des années 90 on n’utilisait pas d’ordinateur sous l’orage de peur de le griller en cas de coupure de courant (allez savoir si les systèmes de refroidissement de l’époque étaient si mauvais ou s’il s’agit d’une légende urbaine comme les consoles qui abimaient les grosses télés). Mais par un malheureux hasard, la foudre frappe le laboratoire et notre scientifique se retrouve téléporté sur une autre planète dans un monde inconnu. Le jeu débute alors dans un univers semi-désertique ou il faudra lutter pour votre survie en esquivant bêtes sauvages, extraterrestres de mauvaise humeur, gouffres, pics, noyade et autres joyeusetés du genre.

Prince of an other world ?

Niveau gameplay le jeu lorgne du côté d’un autre titre connu de l’époque : « Prince of Persia ». Pour les plus jeunes d’entre vous je ne parle pas d’un jeu PlayStation 2 ou vous ne pouvez pas mourir car vous remontez le temps, mais d’un titre au contraire ou les sauts sont millimétrés et ou le moindre faux pas vous causera une mort certaine.

Les actions de notre « héros » sont assez simples et correspondent aux capacités d’un humain normal : courir, sauter, nager et mourir. Enfin oui, surtout mourir en fait. Je pense que la durée de vie d’un joueur moyen est de 30 secondes environ, la majeure partie se sentira d’ailleurs frustrée. Aussi le jeu s’adresse-t-il à un public de joueurs voulant en baver un minimum.

Les touches virtuelles, contrairement à bon nombre de jeux sur téléphone, répondent assez bien hormis quelques caprices des touches haut et bas. De plus, vous pourrez choisir entre des touches bien visibles ou un second mode de contrôle plus intuitif où aucune touche n’apparaît à l’écran et dans lequel vos doigts pourront avoir une plus grande marge de manoeuvre. Il faudra cependant un léger temps d’adaptation pour se faire à la réactivité du personnage, car la rigidité du gameplay de l’époque a été conservée.

An other problem

Si l’action est au rendez-vous, elle est néanmoins rythmée par des phases d’exploration et d’énigmes. Et quelles énigmes ! Car si aujourd’hui après des dizaines de tentatives vous pouvez toujours regarder sur internet, imaginez la difficulté au début des années 90. Il faut parfois en découdre pendant une dizaine d’essais et être au bord du meurtre avant de se décider à faire une petite pause, se boire une bière et y retourner en essayant une nouvelle approche.

Les énigmes vous obligeront parfois à traverser la moitié du niveau pour activer un mécanisme puis à risquer votre vie en sens inverse pour retourner au point de départ, vous incitant donc à bien exploiter chaque tableau pour éviter les va-et-vient à répétition.

Another world est au final assez court, mais les nombreuses morts et énigmes vous obligeront à passer quelques heures sur votre mobile. On apprécie la sauvegarde rapide qui permettra de jouer un peu de temps en temps en faisant caca (les énigmes qui “font chier” deviendront utiles) et qui permettent surtout de ne pas s’acharner jusqu’à en perdre son calme. Un mode haute résolution plutôt anecdotique permet de lisser les vecteurs (oui, ça paraît étrange dit comme ça) mais reste gadget.

En conclusion Another World utilise à merveille une alchimie qui a fait ses preuves depuis plus de 20 ans : action, réflexion, exploration. Un titre nostalgique à souhait qui plaira aux anciens joueurs et aux nouveaux avides de jeux difficiles comme on en fait rarement de nos jours. Encore faut- il supporter les touches virtuelles…

2 réflexions au sujet de “Another World 20th Anniversary Edition”

  1. Juste en réaction à la dernière phrase : les touches virtuelles sont certes insupportables, mais je suis pour ma part admiratif du travail qui a été fait pour le mode tactile (on peut changer dans le menu), j’ai eu beaucoup de plaisir à l’utiliser. Je dis juste ça parce que c’est encore rare de faire un bon boulot adaptation des commandes en tactile (je ne considère pas les boutons virtuels comme une adaptation…)

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