Critique

Pine

Développeur : Twirlbound – Éditeur : Kongregate – Date de Sortie : 10 octobre 2019 – Prix : 20,99 €

Celui qui n’était au départ qu’un projet étudiant, est devenu depuis un véritable jeu d’aventure et d’action aux accents de Zelda. Cependant, n’est pas Link qui veut même si pour une vingtaine d’euros, Pine vous offrira sans trop de difficultés le goût de l’aventure l’espace de quelques dizaines d’heures. Un jeu honnête quant à ses intentions et ses promesses qu’il remplit pour la plupart, peut-être entaché par quelques erreurs de jeunesse.

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A Link to the Pine

Son gameplay est on ne peut plus basique. Le système de combat rejoint celui de bon nombre de jeux d’action. Ainsi notre héros qui s’appelle Hue, qui se maniera d’ailleurs plus aisément à la manette qu’au clavier et à la souris, dispose d’un arsenal assez classique composé d’une arme blanche et d’un bouclier. Pour attaquer à distance, une fronde ou un arc viendront compléter le tableau avec des gadgets que l’on trouvera en cours de route dans les quelques rares donjons que compte le jeu.

Hue pourra aussi bien bloquer que parer les attaques ennemies avec son bouclier dans des combats relativement dynamiques, surtout si on prend en compte la possibilité de préparer le terrain avec des pièges idéalement posés à même le sol. On regrettera seulement que les animations soient assez rigides, surtout en face d’un jeu comme Breath of the Wild. Cela dit, leur budget n’était très certainement pas le même non plus.

Sur l’aspect technique, Pine est relativement assez solide. Ses graphismes bien que de style cartoon, font preuve d’un bon goût, et, pris dans leur ensemble malgré la simplicité de certaines textures, ne l’empêcheront pas de briller avec ses décors absolument charmants renforcés par une bande-son aussi adéquate que réussie pour souligner son côté aventuresque. Il souffre cependant d’une optimisation en dents de scie. Si pour la majeure partie, il tourne admirablement bien, pour un jeu malgré tout modeste techniquement parlant, certains endroits de son monde ouvert mettront parfois à mal le nombre d’images par seconde affiché même sur un bon PC.

Histoires de voisins

Pour la petite histoire, celle de Hue est celle d’êtres humains se trouvant au plus bas de la chaîne alimentaire. Son monde est habité par différentes créatures animales dotées de raison et aux formes anthropomorphiques revêtant l’apparat de lézards, crocodiles, élans, renards et dindons ou ovipares assimilés. Ces derniers se regroupent sous la forme de tribus pouvant se trouver soit en conflit les unes avec les autres, dans une neutralité très suisse ou bien encore en étant alliées. Les alliances et les mésententes entre chaque tribu sont dynamiques et peuvent régulièrement changer en cours de partie, tout comme les relations qu’entretiendra Hue avec elles en tant que représentant de la race humaine.

Il s’agit là de l’aspect unique de Pine dont le gameplay et son histoire dépendront. Le but ultime de Hue est de faire descendre les siens des falaises reculées sur lesquelles ils vivent encore. Ces derniers refusent de se mêler à un monde qu’ils jugent dangereux car d’en haut, ils ne voient ces créatures animales que comme un problème insurmontable. Le scénario essaye d’en faire plus que de simplement sauver le monde en parlant de cohabitation entre espèces d’une assez jolie manière dans un monde marqué par un passé houleux dont il faudra en découvrir les tenants et aboutissants.

Entre temps, pour améliorer nos relations de voisinages avec lesdites tribus, il va falloir faire preuve d’amende honorable en déposant dans leurs boîtes de donation – se trouvant à l’entrée de leur village – différentes ressources dont ils auraient grand besoin. Ainsi, petit à petit, comme l’oiseau qui fait son nid, Hue pourra rentrer dans leurs bonnes grâces et accéder ainsi à leur commerce et ainsi les influencer par le biais de ce que le jeu appelle « idée » pour par exemple améliorer l’efficacité d’un village à trouver des ressources, ou au contraire l’affaiblir dans l’hypothèse où l’on devrait les attaquer.

Paix ou conflit, si le choix semble nous appartenir, dans les faits, la trame principale nous obligera parfois à combattre des tribus alliées ou parfois neutres à notre égard, dans la nécessité de réussir notre mission. Hue tente en effet de découvrir le passé de cette île sur laquelle ils vivent tous, dans l’espoir à terme de trouver un moyen pour lui et les siens de vivre normalement parmi les autres clans. Le scénario a son charme mais les quêtes qui s’y rapportent un peu moins pour les raisons qui vont suivre.

Comme une odeur de sapin

Pine aurait pu être quasiment parfait si ses ambitions ne donnaient pas l’impression de l’avoir dépassé. Son monde ouvert reste raisonnable sans être trop grand, mais cela ne l’empêche pour autant d’être souvent vide. Il n’y a qu’un tout petit nombre de ce que l’on pourrait appeler donjons, quelques grottes et bâtiments à explorer, mais au bout du compte, il y a pas mal d’espaces vides ou qui n’ont pas grande utilité. Ce qui est d’autant plus dommage puisqu’explorer reste sa plus grande qualité, mais à terme, après une bonne dizaine d’heures de jeu, on a l’impression d’en avoir fait le tour.

Les villages – interchangeables – des différents clans sont tous montés sur le même modèle et n’offrent qu’une interaction limitée. Ne pensez pas y trouver de quoi assouvir votre désir de découvrir de nouvelles cultures si ce n’est ce que le scénario voudra bien vous offrir. Il y a de la vie dans Pine, mais elle reste superficiellement représentée. Qui plus est, ce concept de devoir apporter des offrandes de manière régulière aux clans pour qu’ils restent amicaux à votre égard, deviendra à force vite redondant tant et si bien ce processus prend énormément de temps, et ce d’autant plus quant au commencement, la capacité de l’inventaire de Hue reste très/trop restreinte.

Le jeu nous encombre ainsi d’allers et retours plombant son rythme. Il pâlit également d’un manque de variété dans ses ennemis qui en dehors des clans qui seraient hostiles à notre égard, ne comporte qu’un bestiaire particulièrement pauvre. C’est à peu près à la moitié du jeu que son charme a fini par s’estomper à mes yeux, m’en montrant toujours un peu plus ses limitations. Avec plus de donjons, il aurait pu faire oublier ce manque de profondeur par endroit, mais entre ces offrandes, le craft incessant et épuisant et l’impression qu’entretenir de bonnes relations de voisinage est plus superficiel qu’il n’y paraissait au départ, Pine manque de peu de séduire entièrement. Il a clairement du charisme qui n’attend que de s’épanouir un peu plus. Un jeu prometteur qui manque encore un peu de maturité.

Pine est un jeu plein de promesses et il en aura rempli pas mal. Mignon voire très joli par endroit, il nous offre un monde plutôt original et très charmant qui donne vraiment envie de l’explorer. Son souci est qu’il n’arrive pas à se démarquer au-delà de ses ambitions du départ et ne parvient à exceller nulle part. Son système de combat est correct mais guère passionnant. Ses donjons agréables mais peu nombreux. Et son système de relations sociales à entretenir avec les autres clans intéressant à priori, mais trop simpliste et n’allant pas assez loin pour ne pas nous lasser. Au bout du compte, Pine est un jeu sympathique à jouer dont le prix abordable en fera oublier la plupart des défauts. Il lui manque d’aller plus loin dans son concept pour être bien plus qu’un jeu juste correct.

Vasquaal

Vasquaal

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