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Oculus Quest 2

Ne l’achetez pas trop vite !

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L’info avait fuité avant l’annonce officielle : l’Oculus Quest 2 sortira le 13 octobre prochain au prix extrêmement attractif de 350 €. Il se situe comme le moins cher et le plus performant des casques VR autonome. C’est-à-dire qu’il est sans-fil et qu’il fait tourner les jeux du store Oculus sans PC derrière lui pour gérer la technique, moyennant évidemment des graphismes moindres. Mais si les jeux sont bien optimisés, en réalité, ce n’est jamais un souci. On ne joue pas à des jeux VR pour leurs graphismes, mais pour les sensations qu’ils procurent.

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Mieux que le 1 ? Oui et non...

L’Oculus Quest premier du nom, sorti le 21 mai 2019, permettait donc de jouer pour la première fois de façon autonome à des jeux en Réalité Virtuelle. Mieux : il possède des capteurs intégrés qui permettent de ne pas s’embêter à placer tout un tas de capteurs dans une pièce, comme le demandent les casques de la concurrence. Roi du confinement en Mars 2020, l’Oculus Quest a pris son temps mais s’est vite retrouvé comme LE casque que tout le monde voulait…

… et puis Facebook a annoncé qu’à partir d’Octobre 2020, il fallait avoir un compte Facebook dédié pour jouer avec son Oculus. C’est triste, cela effraie à juste titre les défenseurs des données personnelles et cela n’augure pas que du bon pour la suite. Néanmoins, on était en droit de s’attendre à un casque de grande qualité en contrepartie.

Malheureusement, au-delà de la comm’ très agressive et d’un prix évidemment très attractif, l’Oculus Quest 2 n’a pas que sa fermeture façon Facebook qui pose problème. On va tout d’abord commencer par citer cet excellent article du site Arts Technica qui a pu s’y essayer et en vient à des conclusions vraiment repoussantes.

Alors, petit Disclaimer : cette vidéo tente d’expliquer simplement les retours des testeurs techs américains. Elle n’est évidemment pas monétisée et n’a pas pour but de faire du « vol d’infos » facile. Elle explique juste le tout simplement pour ceux qui ne sont pas forcément aguerris en la matière et surtout, qui ne s’y connaissent pas assez en casques de réalité virtuelle. Continuez à aller voir les articles des journalistes techs et de défendre leur travail, surtout quand il vient de sites aussi intéressants que Ars Technica. La presse n’est pas morte, je compte sur vous ! Et sur ce, revenons-en à nos moutons en réalité virtuelle…

Faisons déjà le point sans entrer trop dans la technique pour ne pas effrayer les gens qui, comme moi, sont vite dépassés par les données et les calculs de comparaison. Pour tout cela, l’article vous tend les bras. Mais concrètement : l’Oculus Quest 2 possède un meilleur processeur que le premier et davantage de mémoire. C’est une bonne chose puisque étant autonome, le casque a besoin de plus de puissance pour tout faire tourner sans soucis une fois bien fixé à votre tête. Cela va permettre des chargements un poil plus rapide et une utilisation des effets de lumière et surtout, des particules et de l’anti-aliasing plus poussé. Trois principes visuels qui peinaient un peu sur les jeux « embarqués » achetés sur le store et optimisés Oculus Quest.

Les Contrôleurs

L’Oculus Quest 2 propose deux contrôleurs blancs un poil plus gros pour mieux reposer votre Pouce, ce qui est un vrai plus pour ceux qui ont des grosses mains. Par contre, avec une seule pile, les anciens contrôleurs du Quest 1 peinaient à dépasser les trois ou quatre heures de jeu à l’utilisation. Du coup, Facebook à bossé sur ça : ils proposeront des manettes qui utilisent moins de batterie… mais en échange, ils ont baissé la précision des capteurs infrarouges. Résultat, tous les tests semblent le confirmer, les contrôleurs du Quest 2 sont beaucoup moins précis que ceux du 1. C’est une vraie déception.

Selon Facebook, cela est dû à la perte de certaines LED dans les manettes. Mais coté tests, on a démonté ces dites manettes et découvert… qu’il y en avait toujours autant. L’information est donc un peu faussé de la part de la société de Zuckerberg et clairement, on pense à une volontaire baisse de fréquence des capteurs pour économiser de la batterie.

Petit détail qui a aussi son importance : les manettes ont gagné 20 grammes de plus en poids, passant de 130 à 150 grammes pour chacun. Ajoutez à cela une adhérence beaucoup moins intéressante au toucher qui rend la prise en main moins solide. Ceux qui jouent à des jeux VR un peu nerveux savent que les manettes ont tendance à nous glisser des mains : ici, ce sera encore plus fréquent.

La Sangle d’attache

Ce n’est pas qu’un problème d’esthétique même si franchement, cette sangle est immonde. Mais désormais la texture est rugueuse même sur l’Oculus lui-même (qui dans sa première version était très agréable au toucher, rendant la prise en main là aussi très adhérente et confortable). Là aussi, des économies ont été faites sur la qualité du tout et on s’inquiète déjà de l’état de propreté de toutes ces textures de sangle et de casque au bout de quelques jours d’utilisation. Un testeur ayant reçu le casque l’a rendu avec une sangle franchement sale au bout de quelques jours seulement : alors oui, en ces temps de gel hydroalcoolique utilisé à outrance on se demande comment on a pu en arriver là, mais quiconque à une ceinture ou une attache de sac à dos de la même texture que cette sangle, en couleur blanche qui plus est, connait bien le problème. Pour un casque VR, c’est quand même un gros souci.

Mais aussi, la sangle est apparemment extrêmement inconfortable. Et de visu franchement, on le croit facilement. Les longs cheveux ? Oubliez, vous allez souffrir à chaque fois que vous enlèverez la sangle. Et surtout : l’Oculus Quest 1er du nom avait le droit à sa sangle élastique qui se posait très facilement. Là, il va falloir 5 minutes de pose et de serrage à chaque fois. Ce n’est pas très pratique (surtout pour ceux qui, comme moi, adorent bidouiller et lancer plein de petites idées indépendantes via leur PC, etc. Enlever et remettre le casque très souvent va devenir extrêmement pénible.

Du coup, on nous dit que le Quest 2 serait moins lourd que le premier… Certes, mais cela s’explique uniquement par l’absence de cette sangle élastique si pratique.

Facebook n’est pas bête : vous aimiez la sangle élastique ? Ils vous la vendront 50 € sur Oculus Quest 2 ! Cela explique, encore une fois, la baisse de prix. Et cela corrige cette sangle honteuse de sac à dos, mais pas la texture du casque lui-même. Et surtout, la perte du poids global en devient mensongère.

Et comme un problème n’arrive pas seul : cette sangle à acheter en supplément n’est pas aussi bonne que la première. On nous annonce une sangle moins longue et donc, pour les grosses têtes ou celles à lunettes, cela va poser quelques soucis. Il va clairement falloir essayer le casque avant de l’acheter !

L'Écran et les Lentilles

Le Quest 1 avait deux paires d’OLED de 1440×1600. Le Quest 2… a un seul écran simulant deux fois une résolution de 1832×1920. Encore une fois cette vidéo ne veut pas rentrer dans les détails complexe alors je vais simplifier énormément : avant, vous pouviez changer votre distance interpupillaire. En gros, chaque humain à une distance interpupillaire différente comprise entre 54 et 74 millimètres et cette différence se ressent, en malaises ou situations gênantes de flou une fois en jeu.

Si le Quest 1 permettait donc de bouger chaque lentille différemment, désormais c’est le seul écran du Quest 2 qui « simulera » cette différence en bougeant les pixels de l’écran de gauche à droite en fonction de la configuration choisie par l’utilisateur. Et pour ça, avant, vous aviez un petit bouton à pousser pour bouger les lentilles et chacun des deux écrans. Maintenant… Vous allez devoir bouger les lentilles à la main.

Bouger. Les lentilles. À la main.

Bouger les seules choses qu’on vous demande de ne jamais toucher dans un casque virtuel sous peine de l’abimer. C’est totalement stupide.

Désormais vous ne pouvez aussi plus du tout bouger votre « distance interpupillaire » comme vous le voulez mais devez choisir entre trois configurations : 58 mm, 63 mm et 68 mm. Si vous êtes à 65 ou 59 et bien… vous aurez du flou, et de l’inconfort, et le casque s’en fichera. Il faudra faire avec. Alors que dans le Quest 1, vous aviez la liberté de le placer ou vous le vouliez. Cela prenait du temps de trouver la bonne configuration mais au moins, elle existait. Mais plus maintenant.

Le testeur de Arts Technica qui avait sa « distance interpupillaire » au milieu de deux configurations a triché : il a poussé à la main les lentilles à la position qu’il désirait sans les bloquer sur une des trois configurations rendues obligatoires pour une bonne fixation. Il faut donc déjà micmaquer avec son casque pour s’en sortir et ne pas avoir d’inconfort.

Enfin, on passe de deux lentilles OLED à un écran LCD et cela semble clairement rendre les lumières bien moins éclatantes. C’est classique, on a le même souci sur des téléviseurs. On peut faire avec cependant, mais cela reste quand même dommage pour un casque censé être « meilleur » et qui parait vraiment moins performant au final.

Il a quand même du mieux !

Du côté des choses positives, parce qu’il y en a quand même, on peut noter que le son semble beaucoup plus propre qu’avec le Quest 1, que ce soit en hauts parleurs intégrés ou aux écouteurs.

Aussi, le casque peut toujours être branché sur un PC et donc perdre son côté autonome pour laisser votre PC de gamer faire tourner des gros jeux VR sur Steam ou le logiciel Oculus dans votre casque. Rappelons aussi (je vous ferais un tuto vidéo ou textuel un de ces jours) que des logiciels tiers comme Virtual Desktop vous permettent de streamer en WiFi (5Ghz) votre PC dans l’Oculus Quest de façon autonome… En espérant que le Quest 2 permette toujours cette liberté.

Parce que malgré tout, Facebook semble vraiment vouloir prendre le contrôle de la bête. Quid de ces logiciels tiers qui nous permettent d’exploiter au mieux le casque le plus cool du marché, parce que sans fil ? Quid des jeux indépendants, des applications amateurs, qui sont ajoutées dans le casque comme on ajoute des jeux piratés, vrai problème économique pour Facebook ? La peur de voir disparaitre l’ouverture logiciel et hardware sur l’Oculus Quest 2 est bien présente et à titre personnel, voir ce casque se fermer entièrement serait un désastre. Autant pour le joueur que pour les développeurs.

En conclusion, voila toutes les craintes légitimes et les choses qui nous font regretter l’Oculus Quest 1er du nom. Si vous l’avez déjà, gardez le ! Clairement, le second casque ne semble pas si meilleur. Ne vous précipitez pas sur l’achat. Plein de soucis se posent, très réhédibitoire et même pour le joueur, certains problèmes physique, d’inconfort, vont vite se poser avec ce casque effectivement beaucoup moins cher que la concurrence. Mais ce prix s’explique par toutes les économies faites par Facebook, rendant son casque plus Casual, moins porté vers une longue utilisation et donc, furieusement moins intéressant.

La prochaine étape maintenant pour moi c’est de tenter de contacter Oculus et Facebook pour pouvoir essayer ce casque. Avec ma petite chaîne, mon petit site indépendant, pas sur qu’ils répondent à ma demande et ce sera tant pis. Mais j’essaierai car j’adorerais pouvoir moi-même faire mes propres tests et vous donner mon propre ressenti.

J’étais emballé par l’achat, j’allais précommander et j’ai heureusement lu les critiques des journalistes avant de craquer. Encore une fois, le journalisme spécialisé a montré qu’il avait tout son intérêt à exister et bravo à eux ! N’oubliez pas à quel point malgré toutes les affaires, tous les troubadours qui vous vendent monts et merveilles, le journalisme spécialisé a aussi ses rédacteurs et rédactrices de qualité. Et surtout, défendez-les coute que coute, s’il vous plait.

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

1 réflexion au sujet de « OCULUS QUEST 2 – Ne l’achetez pas trop vite ! »

  1. Merci pour cet article, j’ai le Quest1 et j’hésite encore à passer au 2 à cause de Facebook et encore plus avec ces précisions apportées dans votre article je souhaiterai vraiment une alternative concurrente.

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