Critique

The Great Ace attorney Chronicles

Shutan
Publié le 2 octobre 2021

Développeur

Capcom

Éditeur

Capcom

Date de Sortie

27 juillet 2021

Prix de lancement

39,99€

Testé sur

PC

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Après des années de patience, les aventures de l’ancêtre de Phoenix Wright parviennent enfin sous les cieux cléments de l’occident merveilleux. J’en fais trop ? Ah peut-être, mais comprenez, chers lecteurs que la série des Ace Attorney est pour moi une des meilleures représentantes de la fiction interactive, ou visual novel. Une série dont l’intelligence n’est jamais remise en doute et où les scénarios, certes alambiqués, jouent avec nos méninges comme un jeu de plateforme joue avec les réflexes.

Avocat de la défonce

Il faut déjà savoir que la série n’est pas toute jeune, les premiers opus étant sortis sur Game Boy Advance au début des années 2000, puis ont bénéficié d’une adaptation (en français, en plus) sur Nintendo DS en 2006. La DS était une parfaite opportunité pour que ce type de jeu bénéficie d’une grande diffusion, et son succès entraîna la sortie des autres épisodes. Dans toute la série, on suit plus ou moins les aventures de Phoenix Wright (Ryuichi Naruhodo en VO), un avocat débutant (puis chevronné) et d’autres personnages, n’ayant à cœur que la vérité et la justice, défendant leurs clients contre vents et marées et des preuves accablantes. Les jeux se déroulent dans une ambiance relativement gaie et pleine d’humour malgré la relative gravité des affaires. Et il est tout à fait agréable de suivre les enquêtes tout en tentant de dénouer le fil du mystère en même temps que les protagonistes. Les histoires suivies se déroulent souvent de la même façon : un crime affreux est découvert, une personne est accusée et demande à Phoenix Wright (ou à son agence) de le défendre et une petite enquête commence. Les lieux de crime ou autre sont explorés, des personnes interrogées, des preuves récoltées et ensuite tout le monde se retrouve au tribunal.

Les procès sont le gras du jeu, c’est là que les choses se mettent en place. Car dans les enquêtes, il faut juste observer et collecter les informations, dans les procès c’est là que les pièces des différents puzzles s’assemblent. Il faudra en général interroger les différents témoins, et mettre au jour les contradictions, preuves à l’appui afin de découvrir la vérité. Chaque jeu bénéficie d’une ou plusieurs différences dans le gameplay et le traitement des témoins, soit technologique, soit un peu magique (avec les verrous mentaux, les micro expressions etc.) et cela rend les différents épisodes suffisamment différents et intéressants pour être parcourus sans lassitude. De plus, la plupart des affaires est d’une écriture délicieuse avec une ribambelle de personnages hauts en couleurs et de situations rocambolesques mais où les explications sont toujours satisfaisantes. Il faudra bien sûr rivaliser avec un procureur tout aussi tenace que nous mais ayant à cœur la vérité autant que nous (enfin dans la plupart des cas).

Circonstances exténuantes

Quid de cet épisode hors série ? Et bien c’est un peu la même chose mais en différent. Les aventures racontées dans The Great Ace Attorney Chronicles se déroulent au XIX ème siècle entre le Japon et l’Angleterre. On y suit donc Ryunosuke Naruhodo, qui va devoir un peu malgré lui endosser le badge d’avocat et résoudre une bonne dizaine d’affaires mystérieuses. Comme le jeu se déroule plus de cent ans avant les autres, il faut oublier les méthodes d’investigation de police actuelles. Exit donc le luminol, les empreintes digitales et autres, ces techniques n’étant à l’époque pas franchement utilisées ni reconnues. Il faudra jouer avec le relatif archaïsme des investigations de l’époque et aussi avec un système de jury qu’il faudra convaincre de l’innocence envers et contre tout de notre client, car s’ils sont tous d’accord pour reconnaître l’accusé coupable, le procès peut être interrompu et le verdict sonné. Heureusement pour lui, Ryunosuke aura pour l’épauler Susato Mikotoba, une apprentie assistante judiciaire, experte es système de justice Anglais. Elle permettra au jeune apprenti de se sortir des filets tendus par le procureur. Autre allié de taille, un certain Herlock Sholmes, un détective de génie mondialement connu dont les déductions permettront de découvrir le vrai en prêchant le faux. Les dix enquêtes sont absolument remarquables et réservent suffisamment de rebondissements pour tournebouler les méninges, mais il y a une chose qui ne change pas, c’est balancer LA preuve irréfutable qui dénoue tout le sac d’un coup est une expérience extrêmement satisfaisante. Les retournements de situation sont légion et la mise en scène très dynamique malgré les angles fixes. On a là un parfait représentant de la série, mais pour autant je ne le conseillerais pas pour débuter.

Quelques défauts pourraient gêner en effet les nouveaux venus. Le jeu explique dans les grandes largeurs les nouveautés de cet épisode mais ne revient pas sur ce qui est établi dans les anciens épisodes. De plus il est extrêmement bavard. Alors c’est normal pour un visual novel d’avoir du texte bien sûr, mais là on c’est souvent beaucoup de remplissage un peu inutile. Ça rajoute de la couleur aux personnages, mais au bout de la quinzième explication que le thé japonais et le thé anglais sont différents, la lassitude peut gagner le nouveau venu. Heureusement, tous ces verbiages et ces longueurs ne gâchent pas le fond du jeu. Mais si vous n’avez jamais touché à un de ces jeux, la trilogie originale est disponible un peu partout à prix cassé et sera une porte d’entrée plus accessible à cette formidable série.

The Great Ace Attorney Chronicles est une réussite. Un petit bijou longtemps attendu par les fans de la série, et à raison. La satisfaction de résoudre les enquêtes par la réflexion (les éléments primordiaux ne sont pas trop mis en évidence et il faut parfois VRAIMENT se casser la tête pour présenter la bonne preuve au bon moment) et de suivre les aventures de personnages hauts en couleur dans une Londres Victorienne grisâtre est énorme. Un bonbon interminable qui se déguste comme une série de romans policiers dont les dernières pages sont scellées à la cire. Une petite recommandation cependant, préférez la version Switch ou console, car y jouer sur un PC n’est pas forcément une expérience très agréable. Ah et ayez un bon niveau d’anglais aussi, ça aide.

Unmetal

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