Pioneerz

Parce que le monde du XNA, des jeux indépendants du Xbox Live de Microsoft, est aussi un bon moyen pour de tout jeunes débutants de proposer leurs premiers titres, c’est tout naturellement que Game Side Story s’y intéresse aussi. Serait-on les “pionniers” du genre ? Mouais, pas drole…

Laurent Goethals présente…

Après Pioneer, première création Xbox 360 de Laurent Goethals, ce second opus reprend plus ou moins le même concept tout en améliorant beaucoup de ces idées originales. Retrouvant très sommairement la patte graphique de tous les jeux de rôles créés avec le logiciel RPG Maker, au point de ne clairement pas être la qualité première de ce titre, Pioneerz montre toutefois qu’un développeur passionné peut aussi décider de travailler ses propres limites et se dépasser. Néanmoins, inutile de le nier, Pioneerz n’est vraiment pas intéressant visuellement. Très classiques, pas du tout adaptés aux téléviseurs HD, assez flous, sans aucune âme, pratiquement quelconque, ils donnent une mauvaise image du titre aux premiers abords. Heureusement, le jeu est surtout intéressant pour ses idées.

Vous jouez un héros qui doit tout d’abord faire prospérer son village. On cueille des baies, on coupe du bois, pour ramener les ressources à la base. Au fur et à mesure, les villageois sont plus nombreux et le village s’étend. Des maisons, un marché, tout s’ouvre au fil de l’évolution de la ville et du personnage ce qui donne une véritable sensation de vie à tout ce “beau” monde. Malgré les graphismes sommaires, les animations répétitives, le manque de style, l’absence totale d’originalité visuelle, Pioneerz est bel et bien vivant. Comme quoi, tout est dans le concept. Alors certes la vie n’est pas incroyablement réaliste, bien au contraire. Mais cet aspect de jeu casual, sans le sens péjoratif du terme, est assez réussi. N’importe qui peut se lancer dans l’aventure et comprendre ce qui s’y passe sans trop avoir à se demander ou il est. Tout est simple. Efficace aussi ?

Ne pas se fier aux apparences !

Pioneerz est moche. Quand le créateur de ce jeu va lire ça, il se sentira blessé : qu’il ne le soit pas, bien au contraire. Laurent Goethals n’est pas graphiste de vocation et c’est pour présenter ce qu’il sait faire qu’il se lance corps et âme dans son éditeur de sprites 2D. Si le résultat, assez réussi pour rendre le tout plausible, n’a rien d’original ni de bluffant, il reste les à cotés, le gameplay, le jeu en lui-même finalement. Et de ce point de vue, il y a beaucoup de bonnes choses à dire.

La vie du village est assez variée. Il y a les actions du joueur précédemment citées, mais aussi des ennemis sauvages (ou non) qui tenteront d’éliminer vos villageois. Il faut alors se battre et pour cela, on à affaire à un gameplay tout bête qui consiste à frappe à l’épée avec un bouton et à tirer à l’arc (aux flèches illimitées) de l’autre. La troisième action permet de soigner un allié. Ainsi l’on pourrait pester devant un manque flagrant de variété, mais ces nombreuses simplicités de concept font tout le charme du jeu. Il est simple de se battre, simple de ramener des ressources à la base, simple de parcourir le monde, simple de mourir puisque l’on revient directement à la base, simple de passer un niveau puisque tout est automatique… Je pourrais continuer comme ça des paragraphes entiers (mais les lois de l’orthographe et de la mise en page m’obligent à recourir à d’autres stratagèmes).

Paraissant mou, sans intérêt, presque honteux au premier regard, Pioneerz se révèle d’une certaine fraicheur et d’un amusement considérable. Une partie, qu’elle se déroule dans une petite, moyenne ou grande carte, permet alors au joueur de se prendre pour un véritable héros. On cueille, on tue, on explore, on conquiert, on savoure cette victoire et d’autres objectifs s’ouvrent alors. Des brèches temporelles qui amènent un flux constant de monstres légendaires, des “achievements” passionnants qui demandent au joueur de toujours se dépasser… Comble du bonheur, Pionnerz est jouable jusqu’à quatre. Imaginez alors les parties chronophages qu’entraine ce mode de jeu.

En conclusion, Pioneerz n’est évidemment pas adapté graphiquement à la Xbox 360 et ne simple pas du tout avoir réinventé le jeu vidéo. Mais il a du charme. Celui de ces titres amateurs qui sont loin d’être parfaits, difficilement recommandable à tous les publics, mais qui recèlent de très bonnes idées et d’un plaisir de jeu immédiat. Disponible à 400 Microsoft Points sur le XNA (ce qui est tout de même cher, mais toujours moins que pour un énième logiciel de massage), Pioneerz devrait sans mal trouver son public auprès des passionnés de jeux de gestion sans prise de tête et de god-game pour débutants. Il est enfin la preuve ultime qu’un jeu n’est pas nécessairement mauvais quand il a de gros soucis visuels et ça, à mon sens, c’est une belle leçon pour tous les programmeurs en herbe. Monsieur Goethals, si vous nous lisez, imaginez ce que ce titre serait avec un artiste confirmé à la réalisation visuelle ! Car d’un point de vue des idées, de la programmation, Pioneerz est bien plus intéressant que prévu. Encore un développeur à suivre de près, donc.

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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7 pensées sur “Pioneerz

  • 11/04/2011 à 23:03
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    Pour les graphismes et les sons, ils viennent effectivement de RPG maker car le créateur a acheté la licence.
    Pour remarque, c’est avec stupeur que j’ai découvert tout ces jeux de massages sur la chaîne indés de XBL.

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  • Skywilly
    11/04/2011 à 23:04
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    Je croise les doigts pour qu’il ne prenne pas mal la note :) Néanmoins, je me dois d’être objectif.

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  • 12/04/2011 à 02:30
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    Juste pour info, mon vrai nom est Laurent Goethals.

    J’ai comme l’impression que mes graphismes de programmeur ne t’ont pas convaincu ^^.
    Comme tu l’as dit, mes jeux sont faciles a prendre en main et vivant.
    Ma plus grande fierté, c’est lorsque des non-joueurs essayent un de mes jeux”pour me faire plaisir” et n’en décroche plus par la suite.
    (Jouer a un de mes jeux en coop avec la belle famille, ça n’as pas de prix!)

    Je suis surpris de la note pour la bande son. Les musiques RPG Maker plaisent en général.
    La note la plus importante pour moi, c’est la note de fun.
    Merci pour cet article, c’est le premier article français.
    (J’ai pas mal d’articles en anglais et mêmes des fan, mais les francophones me boudent…)

    Au passage, si tu veux organiser un Event, il me reste quelques codes gratuit ;)

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    • 12/04/2011 à 04:54
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      N’hésite pas à t’inscrire, on a template de commentaires special dev (tout rouge, c’est tout mignon) qui n’a jamais servi :(

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  • Skywilly
    12/04/2011 à 11:21
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    Cutandreil : J’ai mis une mauvaise note à la bande son car elle n’est pas “à toi”. Si tu vois ce que je veux dire :) Étant donné qu’elle est récupérée de RPG Maker, je ne peux pas dire “les musiques sont bien, beau boulot !” :)

    Pour le reste, totalement d’accord pour le fun. Et pour les francophones qui te boudent… Pourquoi ne suis-je pas étonné ?

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    • 12/04/2011 à 19:13
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      Je sais bien que tu ne me boude pas Pierrec!
      Mon prochain jeux sera pour PC, tu pourras y jouer!
      (le projet dont je parle sur DJIKO)

      La communauté française est encore peu au courant des jeux indé.
      Pour l’instant ici les jeux sont vus comme professionnel (AAA avec super graphisme), ou amateur.
      L’idée qu’il y ait des jeux semi-pro (sympas sans les super graphismes) n’est pas encore acquis.

      Votre site va pouvoir faire avancé les choses! :)

      a CuberToy :
      Ok, je vais me creer un compte et regarder tous ça.

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