Sanctum

Encore du Tower-Defense ? C’est vrai que ces temps-ci, c’est on ne peut plus à la mode. Néanmoins cette fois, cela se joue à la première personne. Une originalité assez intéressante pour être réellement un plus ? C’est ce que nous allons voir en détaillant ce titre signé par Coffee Stain Studios.

Tower Defense + FPS

Récapitulons une énième fois ce qu’est le Tower Defense. Vous avez une zone, des ennemis qui entrent d’un côté, une base ou un quelconque objectif à protéger de l’autre et entre les deux : des zones de constructions. Vous devez y poser des tourelles armées jusqu’aux dents et les upgrader après chaque vague ennemie pour résister un maximum de temps. De préférence, jusqu’à la fin de la mission si celle-ci à une finalité. Sanctum reprend exactement le même principe de jeu, à la règle près. La différence, c’est la caméra et le mode de déplacement.

S’il y a bien une vue aérienne, pour savoir ce que l’on fait lorsque l’on est perdu entre deux tours mal positionnées, la majorité du jeu se joue à la première personne. Ainsi, à l’aide d’un gant aux capacités incroyables, notre héroïne peut créer des blocs. Ces mêmes blocs peuvent alors accueillir des tours de défenses toutes plus classiques les unes que les autres : de la mitraillette, de violents éclairs, du laser, du mortier, de l’antiaérien… Nous sommes en terrain connu et tout cela ne brille pas par son originalité. Seuls les blocs de téléportation permettent un peu de nouveautés puisqu’ils permettront, à l’aide de la caméra aérienne précédemment citée, de se rendre directement à une zone de l’écran (pour pallier aux déplacements du personnage qui empêcheraient forcement tout dynamisme). Ces mêmes blocs peuvent servent aussi d’ascenseur : en montant dessus, on est à hauteur des tourelles et il est donc possible de profiter du spectacle.

Mais pourquoi ne faire que le regarder ? Autant y participer ! L’héroïne à aussi d’autres atouts : une mitraillette, un fusil sniper et un lance-bombes. Chacune de ces armes peuvent, elles aussi, être améliorées à chaque tour, moyennant finances. Il faut alors savoir alterner entre les tourelles et ces propres armes, puis gérer un budget très serré de vagues en vagues. Tout cela sert surtout à finalement jouer le rôle d’une véritable tourelle ambulante, libre de toute action. En vue à la première personne il est alors possible de se positionner ou bon nous semble et de jouer les tourelles d’exceptions : mobile, prenant des initiatives, véritable machine de guerre.

Un solo ennuyeux, un multi prodigieux

Sanctum propose quatre niveaux différents. Ces quelques environnements sont construits de façon à êtres stratégiquement très différents, ce qui les rend vraiment uniques et non pas simplement de nouveaux décors (comme c’est trop souvent le cas dans ce genre de titres). Cependant, en solo, c’est vraiment assez quelconque. Pour quelqu’un qui ne joue qu’en solitaire, Sanctum pourrait presque paraître très ennuyant.

En effet on enchaîne les vagues assez molles, le rythme n’est pas incroyable et pour peu que l’on soit peu habitué au genre on a même du mal à atteindre la moitié des vagues en mode Moyen. Il faut alors passer en Facile, ou le jeu devient presque trop simple. Bref, le solo, oubliez. Si ce n’est pour vous servir de tutoriel, dès fois que le mode Entrainement n’est pas suffit à vous satisfaire et à vous expliquer les quelques originalités du titre.

En multijoueur, il en est tout autrement. Rythmé par des discussions retranscrites vocalement, en anglais, par une voix robotique du plus bel effet (à la Stephen Hawkins, sans mauvaise blague à suivre), ces parties en multijoueur ont tout le rythme bien senti que le mode solo n’a jamais. Chacun fait sa part du travail et ensemble, on se construit une stratégie. L’aspect communautaire de la chose est poussé à son paroxysme et du coup, c’est véritablement amusant. On construit, on sort de sa zone pour tirer sur les ennemis. Pendant que l’un gèle une vague d’ennemis, d’autres s’occupent d’en finir avec eux. Ajoutez à cela un sniper bien positionné et quelqu’un qui s’occupe des quelques ennemis aériens et vous aurez un spectacle des plus réjouissant. C’est fun, tout simplement !

Reste alors à préciser quelques petites choses. Tout d’abord, l’humour, un peu fourre-tout, jamais bien placé. Vos ennemis dansent quand vous perdez, votre héroïne crie sa joie quand elle enchaîne les morts, mais ce n’est jamais réellement bien mis en scène. Au contraire, c’est en total décalage avec l’univers et au final cela donne un petit côté “amateurisme” à une ambiance pourtant réussie. Ce n’est pas grave, mais cela gênera sans aucun doute certains puristes qui aiment leurs jeux quand ils sont jaugés de la bonne façon d’un point de vue de la direction artistique. On sent clairement que derrière Sanctum se cache de longues années de développement et un projet qui est passé par plusieurs univers avant de se trouver un style. Il reste des bribes des projets passés et abandonnés et celles-ci sont un peu décevantes.

Enfin, n’est pas un FPS qui veut. Certains tirs sont vraiment peu précis et ce fusil sniper est toujours compliqué à prendre en main depuis notre preview. Au-delà du manque probable de talent de ma part, il faut quand même avouer que la gestion des armes est assez pataude et donc peu encline à réjouir les amoureux du genre. Heureusement que Sanctum est un Tower Defense avant d’être un First Person Shooter, sans quoi on aurait pu assister à un vrai drame de gameplay. Ici, ces défauts sont assez peu importants pour passer inaperçu. Espérons seulement que les développeurs tiendront compte du manque d’équilibre qualitatif entre leurs différentes idées et que pour leur prochain projet, nous aurons le droit à une petite pépite dorée. En l’état, Sanctum est surtout un bon défouloir très original et franchement amusant en multijoueur.

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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