Bayonetta

En attendant le second épisode qui sans Nintendo n’aurait apparemment pas vu le jour, nous revenons sur le premier opus via sa sortie sur WiiU. Que ce soit dans la version collector ou en Stand Alone sur l’Eshop, Bayonetta premier du nom tente de se proposer en une version finale et optimale. Est-ce le cas ?

Le gameplay parfait

C’est le 29 octobre 2009 que le nouveau jeu de Hideki Kamiya, papa de Devil May Cry, est sorti sur PlayStation 3 et Xbox 360. On y découvrira un monde de magie, de sorcières, pourtant bien encré dans notre réalité. Plusieurs plans démoniaques, un scénario loufoque et prenant à la fois, des personnages souvent complètement barrés pour adoucir un peu le thème global du jeu, très sombre. Et puis il y a Bayonetta, l’héroïne, absolument rayonnante de charisme. Et si certains se sont évidement rué sur le jeu pour la plastique de la dame, le principal attrait était bien plus intéressant, bien plus profond, bien plus attendu : c’est son gameplay qui a fait de Bayonetta l’œuvre tant aimée aujourd’hui.

Difficile, Bayonetta est un beat’em all sans fausse note une fois la manette en main. Son gameplay est tellement parfait, tellement bien pensé qu’il est même parvenu à y faire jouer des gens (comme l’humble rédacteur que je suis) qui n’avaient aucun attrait et qui continuent à en avoir aucun pour les jeux de ce genre. C’était japonais, c’était précis, c’était difficile et pourtant… C’était carrément fun.

Digne d’un jeu musical pour ses esquives, Bayonetta permettait de ralentir le temps lorsque l’on déclenchait sa roulade au bon moment lors d’une attaque ennemie. On devenait alors surpuissant quelques secondes et le but était évidemment d’enchaîner ces joyeusetés. On découvrait tout un tas de combos dès le début du jeu, juste en s’essayant à quelques combinaisons de touches et souvent, c’était jouissif : des petites claques humiliantes au sol, la possibilité de renvoyer les ennemis en l’air pour sauter et continuer à les enchaîner… Même pour un débutant, le gameplay coulait de source, était lisible. Et c’est la plus grande force du jeu. S’en suivait la découverte d’armes, le passage de l’une à l’autre… Non, vraiment, c’est du grand art.

Platinum Games présente…

Imaginez alors ce que ce fut pour les amateurs du genre… Une révolution. Il y avait des défauts malgré tout : quelques moments beaucoup moins intéressants en milieu de scénario, des décors pas tous du même niveau, mais on peut citer aussi quelques grandes réussites. Comme les Boss, tous parfaits, tous intriguants, tous vertigineux à affronter. Et jouissifs, comme le reste du jeu. Et même si on n’aimait pas le genre, l’univers, les blagues lourdes et le style “japonais” de la mise en scène, on y prenait un plaisir fou. Difficile de dire si les développeurs de chez Platinum Games s’attendaient à une telle réussite. Mais mine de rien, elle aura fait date…

Cette version WiiU amène le même jeu, mis à jour visuellement. Pour commencer, tout tourne en 60fps sans ralentissements ce qui n’était clairement pas le cas des versions 360 et surtout de l’exécrable portage PS3. S’en suit quelques moments plus fins et de l’aliasing moins prononcé (mais toujours bien présent). On notera toutefois une sorte de filtre grisâtre assez léger mais bien visible sur cette version WiiU, sans trop savoir pourquoi. Cela ne gène en rien la (re)découverte et la fluidité du tout, jouable qui-plus-est au Gamepad et donc de façon portable, est un vrai plaisir pour les yeux.

Quelques costumes “Nintendo-esque” sont aussi disponibles pour l’héroïne : les habits de Peach, Zelda, Link et Samus Aran sont proposés pour des moments loufoques tout de même bien conçus. Mais sincèrement, c’est casser toute une partie du charisme de l’héroïne que de les utiliser. Ce n’est qu’une bonne blague, bien réalisée, mais qui fera vite son temps.

En attendant le 2 ?

C’est dur de devoir écrire quelque chose d’aussi dithyrambique mais… Comment faire autrement ? Même lors de son passages en Shoot’em Up, avec la musique mythique de Space Harrier, Bayonetta parvient à faire sourire. A sa sortie, le jeu n’a pas été un succès colossal, n’a pas fait la une de tous les magazines (encore que les testeurs ont eu bien du mal à ne pas succomber au charmes du gameplay) mais au fil du temps, le jeu a gagné son titre de culte. C’est sans aucun doute à cela qu’on reconnaît les grands jeux et de pouvoir y (re)jouer avant de s’attaquer au second épisode, qu’on attend évidemment au tournant, c’est un pur plaisir de joueur.

Reste à fixer quelque chose : s’il vous plaît, oubliez les commandes tactiles à mourir de rire. On sent que les développeurs ont voulu bien faire, ont tenté quelque chose mais sincèrement, ça ne le fait pas du tout. Jouer au tactile revient à imaginer une version iOS et Android du jeu : c’est du grand n’importe quoi, complètement imprécis et jouable uniquement si on fixe la difficulté du jeu au niveau le plus facile. Et vu que tout est automatisé dans ce mode, on s’y ennuie bien vite. Le tactile, c’est rigolo, mais pas pour tous les jeux. Préférez davantage le Gamepad pour son deuxième écran portable : jouer à Bayonneta au fond du lit, pour peu que la WiiU soit positionné pas loin de votre chambre, c’est tout ce qu’on rêvait de pouvoir faire.

Et c’est là que la question se pose : comment Platinum Games pourrait réussir à faire mieux que ce premier épisode ? Cela semble assez impossible. On attend de voir cela avec impatience.

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
Skywilly

Une pensée sur “Bayonetta

  • 25/10/2014 à 01:18
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    Pour le plaisir d’apporter un petit bémol, pour ma part j’ai fait Bayonetta il y a quelques mois, sur PS3. Et je n’ai pas du tout aimé. OK, le gameplay est nerveux, offre de nombreuses possibilité et s’avère régulièrement jouissif (on ne peut pas lui enlever ça, et après tout, cela suffira à combler nombre de joueurs). Mais je l’ai trouvé plus d’une fois plombé par une caméra bien trop proche de l’action, empêchant de voir les ennemis correctement. Dans la mesure où le jeu se construit sur l’esquive, c’est un tout petit peu gênant et sacrément mal fichu. En plus de ça la réalisation est ultra cheap : entre les cut-scenes immobiles, les recyclages de décors et les phases de gameplay complètement honteuses (le passage en moto, le passage sur toits de voitures, ou le shoot’em up…), ce qui rend l’ensemble assez pénible, d’autant que c’est esthétiquement très inégal : tout est très terne (on dirait que le jeu est passé un bon millier de fois en machine), et les designs à la fois peu variés et pas toujours très convaincants (même si certains sont assez chouettes). Enfin l’humour est déplorable, l’histoire globalement risible (mon dieu, cette narration…) et le jeu dans son ensemble de fort mauvais goût.

    Moi j’ai craqué avant d’en voir le bout ^^

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