Ballads of Reemus: When the Bed Bites

La vie d’exterminateur de vermines en tous genres n’est pas tous les jours facile. D’autant plus quand vous êtes un poil fainéant et bien plus du genre à provoquer les bêtises que les réparer. C’est en tout cas le pain quotidien de Reemus, qui ne cherchait pourtant qu’un peu de reconnaissance de la part de ses pairs. Sa dernière aventure l’amènera au devant de graves dangers qu’il devra surmonter malgré lui avec l’aide précieuse de son associé et meilleur ami, Liam.

Dans la cour des grands

When the Bed Bites raconte la nouvelle histoire rocambolesque de Reemus le pourfendeur d’insectes et de l’ours parlant violacé Liam. Ils n’en sont pas à leur tour d’essai, sachant qu’il s’agit là de la cinquième de leurs péripéties. Les quatre autres sont disponibles gratuitement sur le site du développeur Clickshake Games. Ils reviennent cette fois-ci avec leur premier jeu commercial, qui bénéficie entre autres d’un doublage, chose inédite dans la série. L’occasion pour eux de se faire plus attrayant et de les entendre enfin parler, le tout accessible pour une somme modique.

La réalisation est plutôt réussie dans son ensemble, surtout par rapport aux précédents épisodes. Les graphismes sont fait à la main façon bande-dessinée et les couleurs vives, bien que le rendu, faisant penser à du flash, est un peut trop propret à mon goût. Le style des personnages est caricatural pour coller au ton humoristique de cette balade, même si certains personnages sont plus réussis que d’autres en la matière. Question décors, on passe d’un village moyenâgeux assez standard à des environnements très atypiques habités par des créatures insectoïdes étranges et souvent imposantes par rapport à leur équivalent dans la vraie vie.

Les animations sont correctes mais sans plus, avec un côté cartoon. Peut-être sont-elles un peu trop limitées et rigides. Le doublage par contre, c’est une autre affaire. Autant celui de Reemus et Liam est réussi, autant celui de certains personnages secondaires est moins convaincant, voire exagéré, quand on a pas l’impression d’entendre la même personne pour plusieurs d’entre eux. En sus, la qualité sonore de leur enregistrement est assez moyenne avec un son qui fait parfois étouffé. Pour autant, la direction artistique sait rester cohérente du début à la fin malgré ses petites imperfections techniques.

Une journée ordinaire

La balade de Reemus reste néanmoins très plaisante, même si elle peine par endroits d’un point de vue technique. On y rencontre des insectes à taille humaine aux paroles corrosives et des puces de lit de la taille d’un bulldog de bonne corpulence. Le bestiaire, vous l’aurez compris, est assez incroyable au même titre que l’humour pas toujours très fin, tout en restant constamment dans la bonne humeur. Reemus est clairement l’archétype du héros malgré lui, ou plutôt un anti-héros dans son cas, étant donné qu’il se retrouve à résoudre des situations catastrophiques dont il est en général la cause.

Sa seule volonté était de conter à ses comparses ses récents exploits impliquant une mouche aux proportions dantesques. Peine perdue pour lui, car la destruction dans la foulée du lit du tavernier du coin empêcha ce dernier de roupiller comme il se doit. Fatigué, il ne put servir de fraîches boissons alcoolisées qui auraient permis à Reemus de captiver une audience de poivrots à la soif ainsi rassasiée. Ainsi va sa vie qui navigue de problème en problème, allant de rencontres avec des fourmis rouges géantes à des termites aveugles de taille équivalente. A force, on finit par se demander, vu les dangers auxquels il fait face, s’il ne serait tout simplement pas fou ou alors très courageux. Je pencherais pour un brin de stupidité et d’inconscience venant de sa part.

C’est ainsi sous ce prétexte des plus superficiels que nos héros s’embarquent dans une aventure faite de besognes en tout genre. Le côté point and click avec ses énigmes à résoudre s’y exprimera de bien jolie façon. Car si sa réalisation pêche parfois, les puzzles sont amusants tout autant qu’une intrigue décalée et suffisamment délirante pour passer un bon moment en la compagnie de Reemus et Liam. Leur capital sympathie est bien leur plus bel atout, parvenant à faire oublier les petits défauts techniques du jeu.

Conclusion

Ballads of Reemus: When the Bed Bites est un jeu d’aventure qui ne se prend pas trop au sérieux. Il en serait difficile autrement. Il parvient pour une somme modique à offrir quelques heures d’énigmes et d’humour relativement bien dosées, le tout dans un monde plein d’originalité qui ne trouve aucun équivalent. On lui pardonne un doublage perfectible autant que le sont ses animations, ce qui ne l’empêchent en rien d’être amusant. Pour un premier coup d’essai dans la cour des grands, c’est un coup réussi. C’est donc avec intérêt que l’on espère revoir ClickShake Games avec de nouvelles aventures.

Vasquaal

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.
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