Ilomilo

Deux petits bonshommes, un moteur de jeu ravissant, une ambiance enfantine, des musiques de crèche : il n’en aura pas fallu davantage pour faire d’Ilomilo un jeu très attendu sur le Xbox Live Arcade. Ce puzzle-game est-il pour autant la grande réussite que l’on nous promet ? C’est plus compliqué que cela…

Ilo et Milo sont sur un bateau

Ilo est en rouge, Milo est en bleu et ensemble, ce sont les meilleurs amis du monde. Seulement voilà, ils ont une fâcheuse tendance à se perdre de vue dès qu’ils entrent dans un nouveau monde. C’est donc avec l’aide du joueur que nos braves petits bonshommes vont pouvoir se retrouver en bravant tous les pièges d’un level design diabolique qui fait tout l’intérêt de ce jeu. Teinté d’une atmosphère en carton-pâte, en digne concurrent d’un certain Little Big Planet, Ilomilo se fait surtout remarquer par des graphismes réellement ravissants qui ne manquent jamais d’émerveiller petits et grands. Les vastes niveaux sont constitués de blocs ou sont éparpillés quelques trésors sous forme de fleurs. Certains blocs arborent une petite flèche de gravité qui permet au personnage qui l’emprunte de se retrouver de l’autre côté, de renverser totalement la caméra. Ainsi, un niveau est toujours réellement à considérer en 3D puisqu’il est possible de marcher la tête en bas, à gauche ou à droite de son point d’origine. Le but du jeu étant alors de faire se retrouver Ilo et Milo qui sont positionnés très différemment dans le niveau.

Pour se faire, il est tout d’abord possible de passer de l’un à l’autre des deux héros d’une simple pression sur une touche. Plus intéressant par contre : le mode coopération permet de rendre davantage amusante cette confrontation avec un level design et, globalement, un puzzle-game de haut niveau ou dès les premiers niveaux, les complications sont au rendez-vous. Ajoutez quelques blocs spécifiques à la simple idée d’un niveau qu’il est possible de traverser littéralement en 3D pour compliquer la donne et rendre l’univers aussi jovial et enfantin que diabolique et déconseillé à ceux qui perdent vite patience. Entre les blocs à poser pour traverser des zones de vide, ceux qui nous bloquent le chemin et les quelques-uns qui s’amusent à tourner tout autour du niveau, nul doute que les méninges vont être mis à contribution.

Bien d’autres blocs sont à découvrir, dont je ne me permettrais pas de révéler les actions très originales qu’ils engendrent. Néanmoins, l’originalité prime et c’est là aussi une grande qualité de ce titre diabolique. Et si je vous dis que vous ne pouvez transporter qu’un seul bloc, vous obligeant à des aller-retour incessants, mais nécessaires à l’ambiance “difficile” du jeu ? Ilomilo, malgré tout ce qu’on pourrait penser, n’est clairement pas destiné aux plus jeunes.

Une durée de vie exemplaire

Loin d’être incroyable, assez moyenne en vérité, la durée de vie d’Ilomilo est cependant parfaite pour ce genre de jeux. Les épreuves sont lourdes à supporter quand on les enchaîne et cette volonté de bien séparer chaque niveau, en y affichant des scores, des objets à collectionner et quelques petites cinématiques, permet au joueur de s’arrêter au bon moment. Ilomilo est de ces jeux que l’on ne doit absolument pas subir sous prétexte qu’on veut le finir le plus rapidement possible. Pour plus d’amusement, il faut savourer chaque niveau et s’arrêter dès que la lassitude, inhérente au genre, s’installe.

Néanmoins, avec sa demi-douzaine de chapitres se découpant chacun en quinze épreuves, Ilomilo a de quoi rendre dingue tout amoureux des jeux de réflexion. Il faut aussi y ajouter l’aspect collectionite qui demande de trouver tout un tas d’items à chaque niveau. Un petit jeu rétro, façon Game & Watch en couleur, est aussi au rendez-vous : celui-ci met en scène Ilo et Milo sur des plateformes qui se déplacent dans tous les sens à un rythme régulier. On contrôle les deux personnages simultanément. L’objectif est alors de ramasser un maximum de pièces pour augmenter son score, gagner quelques points de succès et se vanter de sa place dans le classement mondial. Mais avant tout, il est évident que ce minijeu faussement caché est présent pour détendre le joueur entre deux niveaux au level design épuisant. Les développeurs d’Ilomilo sont fourbes, mais pas sadiques pour autant.

Ilomilo a t’il des défauts ? Pour commencer, il est vraiment à déconseiller aux enfants et à ceux qui n’ont aucune patience. Ici, tout est question de réflexion et en soi, le mode Coopération peut aussi être sujet à quelques énervements entre joueurs. Il faut bien choisir son collègue de jeu, surtout que l’ambiance maternelle de l’univers d’Ilomilo peut rapidement taper sur les nerds en cas de niveaux trop ardus. Finalement, ce sont les qualités du jeu qui forment aussi les pires défauts.

DLC Automnal

Le 09 mars 2010 est sorti le contenu téléchargeable “Autumn” sur le Xbox Live Arcade de Microsoft. Ce pack, vendu à un prix très correct, propose deux nouveaux chapitres sur le thème de l’Automne. En voyant sur le papier le contenu de cette extension, on serait tenté de se dire que c’est un coup marketing comme un autre ne faisant que rajouter quelques niveaux au jeu… Eh bien non seulement les différents tableaux proposés sont teintés d’une atmosphère unique, magnifique, tout aussi réussie que celles des chapitres originaux, mais il est aussi question d’un peu d’originalité dans le level design.

Ce DLC Autumn est un véritable défi en soi. Les niveaux sont bien plus compliqués que dans le jeu de base et sont facilement conseillables à tout Hardcore Gamer qui se respecte et qui voudrait tâter de l’intelligence des développeurs de Southend Interactive. Les quelques succès proposés avec cette extension seront des récompenses minimes face à la fierté d’en terminer avec cette vingtaine de niveaux inédits et que beaucoup ne finiront peut-être jamais. Cette idée du DLC “pour hardcore-gamers” est très bonne et répond sans aucun doute à une demande des joueurs. Ce qui, en soi, est inquiétant d’une certaine façon.

Pour les autres, il faudra se dépasser mentalement. Jouer des méninges, recommencer, s’aider d’amis, ne pas craquer devant cette ambiance toujours enfantine, adorable, mais qui tape sur le système lorsque cela fait trois fois qu’on fait le tour du niveau sans en trouver l’issue. Reste surtout des graphismes magnifiques, des personnages mignons, un jeu vraiment à part qui offre à tout un pan de joueurs souvent sous-alimentés un titre qui fait réellement office d’entrée, de plat principal et de dessert à la fois. Vous aussi, gavez-vous de difficulté et surtout : bon appétit !

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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