X Rebirth

X Rebirth est un jeu de simulation et de gestion spatiale développé par Egosoft et édité par Deep Silver. Il est disponible sur Steam pour 49.99€. On ne peut pas dire qu’on est vraiment gâté question simulation spatiale, si on met de côté les vieillissants Starlancer et Freelancer (pour ne citer que les plus populaires de ces dernières années) qui sont par ailleurs plus considéré comme de simples et bêtes jeux d’action par les puristes, et qu’on fait abstraction de tous les excellents jeux de stratégie spatiale (qui, pour le coup, ne sont pas réellement des spacesims, bien qu’ils en procurent certaines sensations).

Simulations très spéciales

Il y a bien eu un Evochron Mercenary extrêmement sympathique coté indé il y a quelque temps, mais clairement injouable pour le commun des mortels (il fallait, entre autres, calculer jusqu’à l’angle et la vitesse d’entrée dans l’atmosphère des planètes, ou encore gérer la puissance et la localisation de ses boucliers en plein combat). Mentionnons également EVE online, un titre vraiment à part dans lequel toute liberté est donnée aux joueurs, en matière d’économie ou de politique (il est cependant très difficile de s’y faire une place aux côtés des vétérans qui ont plus de 10 ans d’expérience), ainsi que Star Citizen de Chris Roberts (le papa des Wing Commander, Starlancer et Freelancer justement) qui est plein de promesses (mais rien de concret pour le moment, wait & see).

Et parallèlement à tous ces jeux, il y a la série des X qui, depuis 1999, règne pratiquement en maître incontesté de la simulation et gestion spatiale absolue. Mais ceci à un prix, plutôt lourd à payer : une maniabilité et une ergonomie comme on en fait plus depuis… depuis… Les ajouts et possibilités se sont multipliées au fil des épisodes, ce qui a rendu le jeu de moins en moins accessible (l’a-t-il réellement été un jour ?). Tel un Dwarf Fortress (c’est le seul jeu “injouable” qui m’est venu à l’esprit), une fois maîtrisé, un X est d’une jouissance infinie, mais il vous faudra sacrifier des dizaines d’heures à essayer de comprendre comment tout ceci fonctionne et à apprendre petit à petit à vous servir des divers menus. Un clavier standard comporte un peu plus d’une centaine de touches, et c’est presque autant de raccourcis qu’il vous faudra connaître par cœur avant d’espérer commencer à maîtriser la bête.

Voilà donc dans quel contexte est sorti ce X Rebirth, très attendu par les fans et surveillé de prêt par tout ceux qui sont en manque de spacesim. X Rebirth porte bien son nom, c’est une renaissance dans la série, le développement du jeu a été repris à partir de zéro, afin de le rendre plus accessible. Il ne faut absolument pas le voir comme une suite à X3, mais vraiment comme un reboot. Pour se faire il aura bénéficié de pas moins de 7 ans de développement, 7 ans pour se remettre en question et essayer de gommer les défauts propres à la série des X.

Retour aux sources

Tout comme dans le premier épisode de la série (1999), le joueur ne dispose que d’un seul et unique vaisseau, que l’on pourra bien-entendu améliorer avec de nouvelles armes et boucliers, mais pas vraiment personnaliser. Pour justifier ce choix, on nous ressort le coup du “super vaisseau prototype unique”. Honnêtement, c’était un peu le point noir que je redoutais, de ne pas pouvoir changer de vaisseau à ma guise, mais la pilule est mieux passée que je l’espérais. Le vaisseau est rapide, maniable, évolutif, plutôt puissant, et donc très polyvalent (heureusement me direz-vous), ce qui en fait le vaisseau idéal pour commander sa flotte (et rien ne nous empêche de nous poser sur un de nos vaisseaux capitaux et de lui ordonner de nous conduire quelque part).

La vue cockpit est vraiment un plus, on y gagne en réalisme, en immersion, et on ne perd pas grand-chose (pour ne pas dire rien du tout) en visibilité. Les diverses infos du vaisseau sont toutes accessibles d’un coup d’œil. Au niveau de la campagne, elle est bien plus rythmée que dans les autres X, ce n’est pas encore du Call of Duty (oui, GameSideStory c’est plus ce que c’était), mais elle envoie quand même le pâté par moment. Elle fait surtout office d’immense tutoriel qui vous apprendra à maîtriser le jeu de A à Z, que ça soit pour donner des ordres à votre flotte ou pour construire votre première station. Des dires des développeurs, une fois la campagne terminée, le vrai jeu commence, en mode bac à sable.

Concernant les combats, c’est un autre monde. Gros point noir récurrent des X, j’ai constaté un changement radical de ce côté, bien plus nerveux, ils sont plus proche d’un Freelancer que d’un X (c’est pas plus mal !). Que vous soyez seuls ou que vous combattiez avec votre flotte, X Rebirth fait dans l’épique, vous allez vous en souvenir de vos batailles tant elles vous tiendront en haleine ! (pour les plus grosses du moins)

La volonté des développeurs a été de faire de ce X un jeu jouable à 100 % à la manette, ce qui était impossible pour l’aspect gestion des précédents épisodes. La navigation dans les divers menus est donc plus simple et accessible, mais assez fastidieuse. Pour donner un simple ordre, il faudra parfois passer par 3 ou 4 sous menus. Avis mitigé pour le coup, du fait que les menus ne sont donc pas vraiment plus ergonomique qu’avant. En fait, la navigation dans les menus n’a jamais été le point fort de la série, ce X Rebirth ne fait certes pas beaucoup mieux, mais pas pire non plus, surtout qu’il réussit l’exploit de nous permettre d’accéder à la profondeur d’un X de manière plus simple (mais toujours aussi chiante). La principale conséquence à ce changement radical est que tout l’aspect gestion devient plus… Secondaire.

Gestion éloignée

Là ou les X avait l’habitude de nous proposer des jeux de gestion saupoudrée d’un petit peu de simulation, ici on a plutôt l’inverse, la gestion est toujours présente (bien que complètement modifiée) mais clairement moins mise en avant, X Rebirth mise tout ou presque sur le pilotage et recentre toutes les actions sur le joueur, à la manière d’un Freelancer, le rendant bien plus nerveux.

Chaque vaisseau a un but, un objectif, l’univers est vivant et surtout cohérent. Empêcher un vaisseau de transport de nourriture d’effectuer sa mission, de se rendre à destination (par exemple) peut influer sur la suite de la partie, il y aura une plus forte demande en nourriture sur place, voire une pénurie. Ne nous restera plus qu’à débarquer avec nos vaisseaux qui en débordent en grand sauveur du système demandeur (et s’en mettre plein les fouilles au passage). Il est également possible de créer soit même sa propre station, afin d’y produire soit même des marchandises que nous pourront revendre par la suite, ou qui pourront servir de matière première à une autre de nos stations.

En parlant des stations, la vie autour de ces dernières est bien plus crédible qu’auparavant, avec un petit côté 5ème élément spatial, et la police viendra toujours scanner vos marchandises afin de vérifier que vous ne faites pas de contrebande. Le système d’autoroute est un ajout fortement sympathique (même si le mini jeu d’aspiration était dispensable), il reprend le même principe que celui de Freelancer (c’est de manière volontaire que je ne cite que ce dernier, X Rebirth en est finalement très proche) et permet un gain de temps considérable. Le vaisseau est également (et surtout ENFIN) équipé d’un boost qui permet de se déplacer beaucoup plus vite que dans les opus précédents. Ce n’est pas encore la vitesse lumière, mais ça fait vraiment du bien et ça dynamise énormément les déplacements (qui sont d’un chiant infini dans les autres X, même avec le NATS).

Petite anecdote, et gros clin d’œil à ceux qui ne jurent que par X3 :

– “Bilan après mes 15 premières heures sur X Rebirth : 2 vaisseaux de commerce, 1 de construction, et 1 début de station en ma possession, des combats épiques à la pelle, destruction de 3 vaisseaux capitaux, 1 abordage et 1 piratage de station…”
– “Bilan après mes 15 premières heures sur X3 Reunion : encore 2 heures de voyage et on arrive à la première station du jeu…” (j’exagère à peine)

Autre nouveauté, il est maintenant possible de contrôler directement son personnage lorsqu’on est arrimé aux stations et aux gros vaisseaux afin de les visiter, et ainsi rencontrer des PNJ (statiques) pour leur acheter de l’équipement ou les recruter, ou encore trouver les milliers de crédits que les gens cachent dans les systèmes d’aération. Certes, ça a le mérite d’être là en plus de ce qu’on a l’habitude de voir dans la série (ou dans la plupart des spacesims) mais on a plus l’impression de diriger une caméra qu’un vrai personnage (syndrome du mauvais FPS).

Bien que mis en avant, le fait de pouvoir visiter les stations est le gros point faible du jeu, car il est indispensable de le faire pour recruter les PNJ, que ces derniers sont animés avec… En fait non, ils ne sont même pas animés, les dialogues sont inutiles et creux au possible, et surtout, surtout, que les stations sont toutes pratiquement identiques… (Il existe même déjà un mod permettant de communiquer avec les PNJ à bord sans débarquer). Clairement, ce n’est pas le point fort du jeu, tout comme l’IA qui, malgré quelques patchs qui l’ont rendu un peu moins bête, n’est toujours pas un modèle d’efficacité… Alors sur les vaisseaux ennemis, on pourra mettre ça sur le compte du pilote qui est un peu limité, mais quand il s’agit de votre flotte et que vous leur donnez des ordres plutôt simple, c’est un peu frustrant.

Buggé jusqu’à la moelle, et alors ?

Le jeu s’est fait descendre de tous les côtés à cause de son optimisation hasardeuse et des bugs en pagaille, j’ai du avoir énormément de chance car je n’ai rencontré que très peu de bugs en plusieurs dizaines d’heures (et je vous rappelle qu’un jeu sandbox en monde ouvert et sans bugs, ça n’existe pas encore) et que le jeu est toujours resté fluide (quelques chutes de FPS par endroits sur de grosses sessions, mais rien de dramatique) sur mon PC.

On ne va pas rentrer dans le sempiternel débat des jeux qui sortent buggués, je préfère botter en touche, évidemment que c’est une mauvaise habitude et que je ne cautionne pas du tout ce genre de pratique, mais lorsqu’il y a un suivi sérieux, ça me dérange un peu moins. Les joueurs ont réussis à pardonner pour Rome Total War 2, GTA V, et BF4 (pour ne citer qu’eux) mais s’acharnent sur X Rebirth… Je trouve ça dommage, étant donné que nous ne sommes pas du tout au même niveau de production. Surtout que chez Egosoft, ils ont toujours assurés un suivi sérieux de leurs jeux.

Et puis si être dénué de bugs ne fait pas forcément d’un jeu un bon jeu, l’inverse est vrai aussi, un jeu peut comporter des bugs et être malgré tout très bon (on pourrait citer des exemples à la pelle, The Elder Scrolls, GTA, Mount & Blade, etc). Et donc, si vous n’aviez qu’une phrase à retenir de ce test : “X Rebirth est un très bon spacesim en l’état, et il sera encore meilleur une fois ses bugs corrigés”.

Si je devais juger le jeu uniquement de part l’expérience que j’ai vécue personnellement en y jouant, je vous dirais de foncer, il est vraiment très bon. Mais si j’enlève mes œillères et que je regarde ce qui se dit à côté, je vous conseillerais d’attendre encore quelques patchs étant donné que la plupart des joueurs n’ont pas eu ma chance au niveau des bugs… X Rebirth n’est pas un X4, mais il n’en reste pas moins un excellent 4X.

1 réflexion au sujet de « X Rebirth »

  1. C’est drôle comme un jeu peut autant susciter les passions.
    Ayant joué à X2 puis X3 Réunion, j’étais impatient de tester ce nouveau X, depuis le temps qu’il est en préparation.
    Mais avant la date fatidique où je projetais de l’acheter, je me suis dit qu’il valait mieux lire les tests et les avis sur le net.
    Ouh là, quelle erreur j’avais fait là !
    La majorité des tests descendent le jeu du fait de nombre de bugs sans même prendre en compte la profondeur, la richesse et le design du jeu. Quant aux forums “spécialisés”, on a l’impression de se retrouver au beau milieu d’une guerre de tranchées entre une partie des fans inconditionnels de la franchise, déboussolés par la refonte quasi-totale du système de jeu, et prétextant n’importe quel argument pour le enfoncer le jeu plus qu’il ne faut, et ceux à l’inverse qui sont prêt à pardonner tout à Egosoft, le Messie.
    Alors, n’ayant pu trouver sur la toile, aucun avis m’informant réellement de la qualité du jeu, j’ai décidé de l’acheter et de le tester par moi-même.
    Et aujourd’hui, après déjà plusieurs semaines dessus, je tombe sur votre test.
    Test que je trouve excellent, de par son objectivité (enfin !).
    Car oui, le jeu est mitigé. Pleins de bugs certes, mais qui se corrigent au fil des patchs, mais la qualité du jeu est là, et, effectivement, adieu les longues balades intersidérales ennuyeuses à mourir, où rien ne se passaient. Rebirth est beaucoup plus prenant, haletant.
    Merci pour cet article, et continuez à faire des critiques aussi objectives, pour des joueurs comme moi, qui ne demandent rien d’autre que… de jouer.

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