Vane

Vane

Il aura fallu attendre quinze jours de cette nouvelle année pour tomber sur la grosse première déception. Depuis quelques années, Vane nous faisait de l’œil avec son univers énigmatique. On était prêt à vivre une balade dans un monde déchu, comprendre comment la civilisation a disparu et se remettre en question sur la signification que tout cela aurait sur notre petite personne, et ne nous le cachons pas, surement lui reprocher d’être un peu trop similaire à Journey tout en étant une chouette aventure. Sauf que les développeurs de Friend & Foe ont décidé de tout faire pour que les joueurs ne jouent pas à leur titre.

Dans la toute première phase de jeu, on incarne un enfant qui, par une nuit orageuse se balade sur des toits en taule. Les éclairs viendront détruire une partie des toitures afin d’avoir une belle ligne droite pour savoir vers où se diriger. Puis d’un coup, sans prévenir, une jolie musique synthwave très cyberpunk vient s’incruster dans notre recherche d’un abri. Si la piste musicale en elle-même est plutôt réussie, elle ne colle absolument pas à l’univers de ruine antique que nous propose Vane. Après les cinq – dix minutes que durent cette première séquence, on change complètement de décors et de protagoniste en incarnant un corbeau dans un désert ensoleillé.

Posé sur une branche, on observe les alentours pour profiter du joli paysage et avoir une petite idée d’où se diriger. On appuie sur « X » afin de décoller, on pousse le stick en avant pour avancer et on se dirige directement vers le sol pour s’écraser sur celui-ci comme un abruti. On ne comprend pas ce qui vient de se passer mais pas découragé, on retente de voler. On appuie sur « X » de nouveau, notre corbeau fait un petit bon mais ne s’envole pas. On appuie de nouveau sur « X » et toujours rien. On reste là, perplexe devant l’écran à s’interroger sur les contrôles. On regarde dans les menus comment manier le corbeau : « stick gauche pour se diriger, X pour battre des ailes ». OK. On appuie à répétition sur « X », enfin notre oiseau prend de la hauteur. On pousse le stick vers l’avant, on replonge vers le sol. L’énervement arrive.

Après dix minutes de combat, on comprend qu’il ne faut surtout pas toucher le pad gauche pour avancer, ce qui est complètement contre-productif. D’autant plus que la caméra est une catastrophe : pour prendre de la vitesse et donc voler, vous devez appuyer à répétition sur X, sauf qu’à chaque fois, vous prenez de la hauteur alors que vous devez rester à une hauteur constante afin de garder un œil au sol. Donc vous serez obligé de toucher au stick gauche, qui fera faire n’importe quoi à votre corbeau. Ajoutez à cela une caméra qui n’arrive jamais à correctement se placer, allant jusqu’à se mettre au niveau de votre corbeau, cachant ainsi plus de la moitié de l’écran.

Alors qu’incarner un corbeau devait être un plaisir de découverte du monde et de détente, on en arrive à piloter un 48 tonnes dans les airs où il est très compliqué de se repérer. D’autant plus qu’on découvre très rapidement la supercherie des décors : comme pour un film hollywoodien, toutes les ruines que l’on voit n’ont qu’une face avant et rien derrière, rendant ridicule le monde qui nous entoure. Et je ne parle même pas de la caverne quasi sans lumière, où notre corbeau disparaît complètement étant donné que tout est noir. Après une heure à se débattre, en plongeant le corbeau dans du sable magique, on retrouve l’enfant (qui pourra se transformer en corbeau). Le décor se met à trembler, rendant la progression pénible. On rage très fort, on éteint la console et on ne relance plus le jeu.

On se demande comment le studio n’a pas pu voir ce gros défaut de maniabilité. Ont-ils fait du playtest ? Ont-ils joué à leur propre jeu ? La bonne nouvelle dans tout ça ? le titre est exclusif PS4. Ainsi dans quelque mois, quand le jeu sortira sur le reste des plateformes (ce qu’on suppose fortement), on pourra espérer que la maniabilité sera revue (pour les problèmes de caméra, ont y croit moins), que la lisibilité sera améliorée, et que l’on pourra enfin découvrir l’histoire de ce jeu plutôt que d’arrêter net après une heure à rager. En attendant, on est surtout dégoûté de ne pas pouvoir en profiter.

Crim

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