Critique

Observation

Développeur : No Code – Éditeur : Devolver Digital – Date de Sortie : 21 mai 2019 – Prix : 20,99 €

Observation critique

« Bonjour, je suis une machine dédiée aux Systèmes, Administration et Maintenance de la station orbitale Observation. Vous pouvez m’appeler SAM. Nous sommes actuellement en rotation autour de la Terre. Durant cette année 2026, j’ai comme mission d’aider six scientifiques à réaliser leurs travaux dans les meilleures conditions possibles ». Telle est votre mission si vous l’acceptez.

Partager sur facebook
Partager sur twitter

Dans l’espace, personne ne vous entendra biper

Tout débute sur un écran noir, une abîme digne des plus grandes terreurs. Le bazar ambiant semble indiquer qu’une catastrophe est survenue à bord de la station spatiale. La docteur Emma Fisher est paniquée. Elle rallume tant bien que mal la lumière. Ses doigts se précipitent sur un clavier d’ordinateur. Elle bidouille à droite, à gauche, pour relancer la machine, la machine qui pourrait l’aider à survivre. Cette machine, c’est vous, SAM, l’intelligence artificielle d’Observation.

Aux commandes de SAM, vous allez aider Emma à découvrir tous les mystères de la base. Tout d’abord, il faut vous rafistoler pour recouvrer toutes vos fonctions. Pour cela, No Code a créé de nombreuses interfaces graphiques avec lesquelles interagir : ici vous cliquez vous réactiver les micros de la station pour entendre Emma, ici une manipulation rebranchera votre capacité à passer d’une caméra à une autre, etc. Étant dans les circuits d’une machine, vos seuls yeux sont alors uniquement les caméras installées dans Observation. Ces appareils peuvent alors être orientés pour agir à distance avec les différents systèmes de la station. Et c’est à peu près tout ce que vous pourrez faire durant les quelques heures de l’aventure.

2019 : l’Odyssée de No Code

Vous vous en doutez, si la curiosité est un vilain défaut chez vous (on vous voit si vous allez directement en bas de la critique !), ce n’est clairement pas le gameplay basique qui a permis d’octroyer une Sélec’ à Observation. Bien que les écrans soient ce que je pourrais appeler de l’UX Porn, car c’est magnifique, on est en droit de se poser la question de la crédulité de cette composante. À aucun moment une personne bossant dans l’informatique serait assez tordue à obliger une IA à interagir avec des interfaces homme-machine ! C’est pour cela que cela s’appelle homme-machine et non machine-machine – un tel système se nomme API (Application Programming Interface), c’est chiant comme la mort, et seul Zachtronics arriverait à en faire quelque chose de ludique.

Le succès du titre s’explique alors par le fait qu’Observation soit un jeu proche des productions Telltale : tout se repose sur le scénario et sa capacité à nous immerger dans une histoire intense. Au départ, Emma plonge dans une aventure classique à la recherche d’indices pour comprendre ce qu’il s’est passé entre le dysfonctionnement global de la station et la disparition de ses collègues. Vous, SAM, suivez alors simplement les ordres et conseils d’Emma, vous déverrouillez des portes en pointant les boutons d’ouverture avec votre vue depuis une caméra disséminée dans un module, vous tentez de joindre Houston en redirigeant les antennes avec des mini-jeux, jusqu’au moment où tout part encore plus en vrille.

S’inspirant allègrement du côté du chef-d’œuvre de Kubrick (2001 : l’Odyssée de l’espace, si jamais vous ne l’avez toujours pas), le jeu va vous emmener vers des horizons inattendus. Si l’envie de vous en dire plus pour vous faire franchir le pas est grande, la raison l’emporte pour m’empêcher de vous gâcher la grosse surprise. Si le début est un peu compliqué avec des commandes pas toujours intuitives, la suite est bien plus trépidante à partir du moment où quand tout semble être revenu dans l’ordre et que tout redevient un bordel pire que le précédent avec une entité qui semble avoir pris le dessus sur votre programmation. À partir de là, croyez-moi, vous n’allez plus lâcher la manette jusqu’à la fin.

Observation est un de ces jeux qui mérite tellement d'être connu, mais qui est difficile de vendre sans entrer dans le crime du spoil. Alors oui c'est peut-être du déjà-vu ou du "peu inspiré", mais quand la narration est maîtrisée de bout en bout comme ici, avec un rythme parfait, il faut mettre en avant une telle expérience. C'est un titre qui, si vous accrochez à son ambiance et son propos, se dévorera en une soirée et vous finirez avec les cernes sous les yeux, les mains moites et le cerveau en vrac grâce à un scénario bien fichu. Je suis généralement chiant lorsque je fais face à des inepties et des incohérences (une IA qui interagie avec un ordinateur, quelle blague !), mais quand l'histoire vous emmène dans ce qu'il y a de mieux dans la science-fiction de jeu vidéo, on la ferme et on profite à fond.

Zhykos

Zhykos

Touche à tout, mais toujours avec plusieurs mois de retard ; tellement de retard que mon PC n'a pas évolué depuis 2008 quand j'ai commencé à parler de jeux vidéo sur le net.

D'autres Critiques

Candle

Laisser un commentaire