Critique

Mega Man Zero/ZX Legacy Collection

Développeur : CAPCOM CO., LTD. – Éditeur : CAPCOM CO., LTD. – Date de Sortie : 25 février 2020 – Prix : 29,99 €

Le problème avec les classiques du jeu vidéo console, c’est qu’il n’est pas toujours évident de pouvoir y jouer sans le risque de se trouver aux limites de la légalité, surtout sur PC. Il n’existe en général que deux solutions : la première est de tout simplement mettre la main sur une copie originale du jeu souhaité en sus de la console qui ira de pair avec ; la seconde reste l’émulation avec ce que cela représente comme barrières pour le commun des mortels. Capcom semble l’avoir bien compris en ressortant leurs plus grands classiques sur toutes les machines modernes, mais à quel prix ? En ce qui concerne ce Mega Man Zero/ZX Legacy Collection, une trentaine d’euros.

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Méga mais sans plus

Quand l’éditeur japonais est à son meilleur, cela nous donne le remake de Resident Evil 2. Dans le cas contraire, on obtient la ressortie un peu trop fainéante d’un Onimusha pourtant tant attendue. La série des Rock Man/Mega Man n’en est pas à sa première compilation avec des résultats plus ou moins variables. La collection Zero regroupe un total de six jeux dont les quatre Mega Man Zero ainsi que les épisodes ZX et ZX Advent. En sus est venu se greffer un mode appelé ZChaser, un mode compétitif dans lequel vous pourrez affronter le fantôme d’un joueur géré par l’ordinateur en solo, jouer contre un(e) ami(e) ou encore contre les fantômes des joueurs du monde entier avec le tableau des scores qui va bien, pour une douzaine de niveaux proposés.

Bonus souvent présent dans certains jeux japonais, on retrouvera la présence de galeries de magnifiques artworks ainsi que la possibilité d’écouter les bandes-son de ces Mega Man. Il aurait été cependant plus intéressant de retrouver ces musiques dans un format accessible sans avoir à lancer le jeu. Sachez également la version PC prend en charge au travers de Steam, la fonction Remote Play Together qui vous permettra d’inviter quelqu’un pour la partie jouable à deux sans que cette personne ait à posséder le jeu, ce dernier étant streamé depuis votre PC au sien.

Cette compilation semble par conséquent parfaitement fournie en matière de contenu. Reste à savoir si l’expérience vaut le détour. Pour ce qui sera de la technique, il ne faudra pas en attendre beaucoup. L’émulation reste correcte ou tout du moins de ma propre expérience, elle en aura été dans l’ensemble satisfaisante. Les jeux ont relativement bien tourné sans que j’en perçoive des ralentissements majeurs ou des soucis d’input lag (délai entre le moment où vous appuyez sur le bouton de la manette et l’action qui en découle à l’écran) comme cela avait pu être le cas sur d’anciennes compilations de jeux Mega Man.  

Du bon et du moins bon

Par contre, au niveau des options graphiques, c’est un peu le néant. Il est possible de choisir entre différents ratios d’image oscillant entre un affichage à l’échelle de la résolution originale ce qui fera forcément petit sur nos écrans modernes, deux autres beaucoup plus adapté à ceux-ci, ainsi qu’un quatrième et dernier qui remplira entièrement vos écrans 16:9 en déformant le graphisme d’origine pour y arriver. A éviter absolument donc. A cela s’ajoute la possibilité de jouer avec trois filtres d’image. Le premier lisse de manière peu subtil les bords carrelés des pixels d’origine pour un résultat à proprement parler hideux. Le second applique un filtre qui simule les scanlines d’un écran de type CRT ou d’une télé à tube cathodique. C’est sans doute le meilleur filtre à mon sens, même si certains préféreront malgré tout le dernier qui se contente de ne rien faire et de restituer les pixels sans fioriture superflue.

Il est difficile de rendre justice à ces jeux sur des écrans larges à haute résolution dont les graphismes ont souvent été pensés et élaborés pour fonctionner sur des petits écrans ou des télévisions cathodiques. Dans le cas des Mega Man Z et ZX, ils ont été conçus pour les GameBoy Advance et Nintendo DS ; par conséquent, sans un système d’upscale compétent, ils ressortent évidemment plus grossiers étirés sur un écran en haute définition. Néanmoins, ces jeux même aujourd’hui jouissent d’un pixel art et d’animations soignés, restant toujours agréable à l’œil. Évitez simplement d’utiliser le premier filtre lissant les pixels de bien vilaine manière.

Les jeux en soi n’ont pas trop vieilli et sont toujours agréable à jouer, tout s’orientant vers plus d’exploration que dans les précédents volets, étant par conséquent un peu moins linéaire. Si les Mega Man Z et ZX n’auront pas révolutionnés la série fétiche de Capcom, ils demeurent toujours des jeux de qualité, à la difficulté relativement élevée. Pour permettre à un public plus vaste et parfois plus casuel d’y trouver satisfaction, il est possible d’activer un mode dit « scénario » qui facilitera le jeu en réduisant notamment les dégâts reçus. Il est également possible d’activer un système de points de sauvegarde où ces derniers seront disposés à plusieurs endroits dans chaque niveau ; fort utile pour qui voudra faire une pause sans avoir à perdre sa progression en cours.

Pour les joueurs PC désireux de s’y adonner avec un clavier, sachez qu’à l’heure actuelle, cette compilation ne propose que deux configurations de touches complètement arbitraires et sans possibilité de les aménager à l’envie. L’utilisation d’une manette semble par conséquent presque obligatoire.

Cette compilation des épisodes Z et ZX des Mega Man fait le strict minimum nécessaire pour satisfaire les désirs de retrogaming des joueurs de maintenant. Ce qu’il fait de bien, c’est d’offrir des modifications pour faciliter la vie de joueurs plus casuels en introduisant de petites améliorations pour leur faciliter la vie dans des jeux réputés difficiles. Ce qu’il fait moins bien, ce sont ses options graphiques qui démontre une émulation un peu fainéante. Un must have cependant pour les fans n’ayant pas la possibilité de se procurer les jeux en copie originale.

Vasquaal

Vasquaal

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