Rapide Critique

KUNAI

Développeur : TurtleBlaze – Éditeur : The Arcade Crew
Date de Sortie : 06 février 2020 – Prix : 16,99 €

Des metroidvania, il en existe désormais une pelletée. Il devient par conséquent difficile de se démarquer dans un marché de plus en plus à l’étroit. Dans le genre, KUNAI pourrait avoir de quoi se défendre au milieu de cette foule. Il affiche après tout une bouille incroyable avec ses robots tout mignons et féroces à la fois, son graphisme rétro rappelant les heures glorieuses de la GameBoy Color, ses animations soignées et sa bande-son endiablée et parfaitement rythmée pour accompagner les atmosphères voulues par ses décors variés.

KUNAI est un metroidvania en appliquant la recette au plus près. Il ne dévie jamais de cette formule avec ses niveaux interconnectés et non linéaires, tout en restant relativement resserrés pour éviter de rendre nos allers et retours trop contraignants et/ou redondants. Il y a des passages secrets à foison avec moult trésors, un équipement améliorable pour ressentir une forme de progression en puissance de notre héros robotique à tête de tablette tactile ; bref tout le tralala habituel de la formule se retrouve appliquée à la lettre ici.

Et c’est à peu près tout ce qu’il y à dire à son sujet tant et si bien ne dévie-t-il jamais de cette formule consacrée. Il ne crée donc aucune réelle surprise même s’il reste très agréable et amusant. Sa jouabilité est proche de l’excellence, tout au plus les kunai servant de grappin à notre héros Tabby ont eu à l’occasion quelques difficultés à s’accrocher sur certaines surfaces normalement prévues pour. C’est un jeu bien fait mais qui ne cherche jamais à aller-delà de ses apparences empruntant énormément à la culture populaire japonaise comme en atteste la présence d’un sabre de samouraï comme arme principale, des shuriken et bien évidemment les dits kunai.

S’il offre pourtant un semblant d’histoire dans laquelle une bande de robots rebelles sont venus réveiller Tabby pour les aider dans leur combat contre une IA devenue folle et partie en croisade contre les humains, il n’y a pas à proprement parler une volonté d’aller au-delà des apparences. Le contexte narratif est juste ça, un contexte pour justifier tout le reste, du gameplay à son style visuel. KUNAI n’est pas Hollow Knight, ni Ori. Son développement narratif n’est qu’un habillage ce qui n’est pas forcément un mal, tant que le gameplay tient la route, et il la tient. Sa difficulté est réellement progressive en étant extrêmement généreux dans sa gestion de nos points de vie, ajoutant petit à petit des ennemis aux patterns plus complexes sans pour autant tomber dans un excès. Tout au plus certains de ses boss énerveront un peu à cause de phases où il sera possible de mourir en un coup, sans vouloir trop en spoiler non plus. Le dernier tiers du jeu s’emballe cependant un peu en terme de difficulté, sans non plus être exagérée.

Il est cependant dommage que les passages secrets dont regorge le jeu ne soient que pour récupérer de l’argent ou des chapeaux purement cosmétiques. Certes, certains d’entre eux renferment également des fragments de cœur réchappés d’un Zelda, mais pour leur grande majorité, ce sont les deux éléments susnommés qu’ils contiennent. Cet argent accumulé ne sert qu’à acheter dans une boutique d’applications mobiles – après tout Tabby est une tablette tactile montée sur un corps de robot – une série d’améliorations appréciables pour son équipement et ses différents attributs de base. Il aurait pour le coup été plus intéressant pour KUNAI que ces améliorations soient trouvables dans lesdits passages secrets, de façon à rendre notre exploration de ses niveaux plus satisfaisante et motivante.

KUNAI est un jeu sympathique au demeurant qui n’innove malheureusement pas beaucoup. Il reste néanmoins – et c’est peut-être le plus important – aussi agréable à l’œil qu’à jouer. Il n’est pas excessivement long non plus se finissant entre une huitaine d’heures tout au plus, peut-être dix pour ceux qui prendront leur temps. Son habillage magnifique laissait penser à plus, plus grand, plus fort. On aura simplement juste ce qu’il faut pour s’amuser même si finalement, cela l’empêchera de marquer les esprits durablement contrairement à ses prédécesseurs plus célèbres, et ce à défaut de proposer quelque chose de plus conséquent et original.

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Vasquaal

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