Critique

Maid Of Sker

Développeur : Wales Interactive – Éditeur : Wales Interactive- Date de Sortie : 28 juillet 2020 – Prix : 24,99 €

C’est lundi (si on n’est pas lundi, faites comme si), c’est le jour des confessions. Je n’aime pas trop les jeux qui font peur. Enfin j’aime bien, mais en général les mécaniques utilisées sont vues et revues et chaque fois qu’un jeu semble avoir réinventé la roue, en fait, c’est juste la même roue, mais avec un néon sur le côté. Maid Of Sker, c’est un peu ça.

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We Sker because we care

Adapté de deux légendes, une légende de naufrageurs d’un côté et celle de la maison hantée galloise House of Sker de l’autre, le jeu nous envoie dans les chaussures bien cirées d’un musicien nommé Thomas Evans, qui a reçu une lettre de sa petite amie lui demandant de ne surtout pas venir à l’hôtel familial parce qu’elle y est enfermée un peu contre son gré par ses proches et qu’il s’y passe DES TRUCS. Évidemment, n’écoutant que son courage, Monsieur Evans va venir à l’hôtel et découvrir qu’en effet, il s’y passe DES TRUCS. L’endroit semble sinon à l’abandon, au moins très mal entretenu et après quelques minutes à errer dans la cour puis dans le vestibule, un appel téléphonique retentit. À l’appareil, Elizabeth, la fiancée retenue qui dit à Thomas de faire attention car tout le monde dans l’hôtel est hostile, mais aveugle, donc surtout il ne faut pas faire de bruit.

Made of Scare

En vue première personne, on va devoir arpenter les couloirs et coursives de l’hôtel (ainsi que ses jardins et un réseau de grottes) en faisant donc le moins de bruit possible (ou en déclenchant des mécanismes bruyants pour détourner l’attention des méchants), afin de retrouver des zigueulbeuzes magiques qui pourraient contrer la malédiction ou on ne sait trop quoi. Et, bon, autant les décors sont très détaillés et plutôt intéressants à visiter, autant le jeu en lui même montre vite ses limites.

L’ambiance est glauque et dans les premières minutes on fait attention au bruit émis par son personnage et ses déplacements ainsi que celui émit par les ennemis (les Quiet Men), au bout d’un moment les artifices du jeu ne tiennent plus trop debout. En effet, comment font les ennemis pour savoir que les bruits sont provoqués par le joueur et non par leurs acolytes ? Les bruits de pas sur les différentes surfaces sont assourdissants, et on se demande comment les méchants ne se parasitent pas entre eux.

Alors on peut aussi évidemment marcher très lentement et retenir sa respiration, mais la reprendre produit un vacarme faisant repérer le joueur à coup quasi sûr. Et au-delà de ça, marcher sans faire de bruit et/ou attirer les ennemis loin de nous pour passer sans soucis, ça peut fonctionner sur une séquence plus ou moins longue, mais faire un jeu entier sur cette seule mécanique serait un peu juste.

 

Jump Sker

Alors parfois, comme ça, pouf, on a un bon gros jumpscare des familles, vous savez, c’est tout calme on s’approche d’une fenêtre, d’un mur, d’une patate innocente et BOUM ! Un machin surgit de nulle part et vous fait paniquer, faire n’importe quoi, renverser votre 8-6 sur le clavier ! Et ben Maid of Sker en est farci de cette mécanique. Tellement que ça en devient fatiguant. Et très téléphoné.

Sur les quatre heures que dure le jeu, on en est à un jumpscare toutes les 30 minutes à peu près. Et c’est un peu beaucoup en fait. Sans compter que les moments de tension restent assez limités car les ennemis sont effectivement aveugles mais aussi ultra prévisibles, et les éviter ne pose pas franchement de problème tant ils font de barouf en se déplaçant.

Au cas où, on a droit à une espèce d’arme sonique à un moment du jeu qui les étourdit quelques secondes, permettant d’éviter un funeste destin et un retour au dernier point de sauvegarde manuel, mais c’est bien le diable si on l’utilise plus de deux fois. Ah oui, pas d’autosave, il faut trouver des salles avec des phonographes, elles permettent d’enregistrer la partie, et elles sont facilement repérables par leurs portes ouvragées. C’est pas plus idiot que les machines à écrire. L’histoire est cela dit assez intéressante et originale malgré tout, les divers documents éparpillés un peu partout peuvent révéler les dessous de l’affaire au joueur curieux désirant atteindre la “bonne” fin.

Une proposition malgré tout intéressante si on suspend son incrédulité au maximum, un potichien à caresser, ainsi qu'une bande son envoûtante (et ayant un rôle assez important dans l'histoire) sauvent ce jeu sympa mais pas inoubliable pour les amateurs de trouille virtuelle. Un poil cher ceci dit, 25 Euro les 4 heures, faut avoir envie de donner son argent à cette petite équipe motivée, mais si vous êtes en manque de simulateur de marche accroupie, ça peut faire le job.

Shutan

Shutan

Rétrogamer dans l'âme, mais ouvert aux nouveautés.
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