Rapide Critique

Gods Will Fall

Shutan
Publié le 29 janvier 2021

Développeur

Clever Beans

Éditeur

Deep Silver

Date de Sortie

29 janvier 2021

Prix de lancement

25 €

Testé sur

PC

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Après des décennies de sacrifices affreux, de morts injustes et de souffrances terribles, 10000 villageois, guerriers, fermiers, décident qu’il y en a marre, et que les dieux ont vraiment dépassé les bornes des limites. Ils embarquent alors sur de frêles esquifs de bois, de cordes et de tissus et tentent d’aller sur l’île où vivent les Dieux pour leur péter la gueule. Évidemment, les Dieux font s’abattre sur l’expédition une tempête énorme et c’est seulement 8 bonhommes qui accosteront sur l’île, désespérés, furieux et jurant que les Dieux vont tomber.

Dans Gods will Fall on doit donc diriger la petite troupe de guerriers générés aléatoirement en début de partie, de carrure et de genre différents, portant des armes elles aussi différentes avec leurs avantages et inconvénients. Le groupe va parcourir l’île et, grâce à une carte astucieusement fournie, se diriger vers les différents donjons où se terrent les Dieux et leurs âmes damnées. Il est possible d’aborder les donjons dans n’importe quel ordre, mais il faut savoir une chose : les aventuriers ne peuvent y entrer qu’un par un, et il est impossible d’en sortir avant d’avoir tué le Dieu qui est au bout. Si le bonhomme perd tous ses points de vie, il sera capturé et il faudra qu’un autre prenne la relève pour aller le délivrer en tuant le Dieu, et s’il n’y arrive pas, ben, au suivant ! Sachant que certains ennemis ont à leur disposition un “coup mortel” qui tuera le guerrier sans chance de retour, il va falloir y aller avec minutie, patience et sang froid. Rien n’empêche bien sûr de partir d’un donjon après un échec avec la troupe restante mais le moral s’en ressentira.

Le jeu se présente comme un hack and slash relativement classique, en vue de dessus, mais il se joue plutôt comme un jeu d’action très peu permissif. Les personnages ont à leur disposition deux puissances d’attaque, un saut et une esquive. Il est possible de ramasser les armes lâchées par les ennemis pour les utiliser temporairement comme arme de corps à corps ou comme projectile. Pas de mana, juste de la vigueur qui descend à chaque coup pris, (une barre de vie camouflée, quoi) et qui peut remonter en attaquant les adversaires puis en déclenchant une “rage” pour valider les barres remontées (et augmenter temporairement la puissance d’attaque). Oui c’est bizarre à expliquer mais en jeu ça fait sens. L’esquive va être l’action de jeu qu’il faudra absolument maîtriser, puisqu’une esquive vers l’adversaire au moment où il attaque déclenche une parade, permettant d’une part d’enchaîner des coups “gratuits” mais surtout de faire remonter la barre de vigueur plus vite. Sachant que les objets de soin sont très rares, il va falloir faire avec cette mécanique qui rend chaque combat extrêmement dangereux.

Il est alors dommage qu’il n’y ait pas la possibilité de verrouiller les adversaires, car il n’est pas rare de taper à côté et de se prendre une chasse alors qu’on était pourtant sur d’être bien tourné vers l’ennemi (les personnages porteurs de marteau se font souvent avoir comme ça).

Sachant qu’il n’y a quasiment pas de possibilité d’évolution de l’équipement des personnages (à part après avoir tué un boss, où on récupère des armes, souvent piteuses et au hasard) et qu’il n’y a quasiment pas de loot, le jeu se présente alors sous des atours austères et qui vont probablement rebuter le tout venant au premier abord. En effet, les personnages sont un peu patauds, les déplacements sur la carte un peu longuets, la précision des combats avec certains types d’armes et de personnages un peu défaillante, on va dire qu’il manque peut-être un petit équilibrage.

Et puis on s’y fait, on recommence. On essaye de trouver un ordre pour tuer les Dieux, en essayant de voir s’il se passe quelque chose quand on en tue un avant un autre, si on ne peut pas récupérer quelque chose chez l’un pour l’utiliser chez l’autre, les personnages commencent à créer des liens, à s’améliorer. Machine et Machin sont du même patelin, donc quand Machin est capturé, Machine est plus motivée à aller le délivrer, ou pas, ou alors Bidule a fait un rêve où elle mourrait dans le donjon donc quand elle en sort victorieuse, elle a un plus gros bonus. Et finalement en insistant un peu on perçoit ce que Clever Beans a voulu faire : un jeu qui crée des histoires. Et finalement c’est pas mal, même si le jeu en lui même a des défauts, des bugs et une difficulté assez mal dosée qui fera hurler dans les apparts, réussir à tuer un Dieu après toutes les épreuves passées, libérer les prisonniers et voir les bonhommes sortir triomphants du donjon a quelque chose de très plaisant. Les voir ensuite déambuler sur l’île battue par les vents fait retomber la pression et ces moments de calme sont finalement les bienvenus.

Dans la lignée des clones du chef d’œuvre de From Software, Gods Will Fall n’a pas à rougir. Il est relativement difficile de prime abord mais avec sa simplicité de prise en main, ses mécaniques claires et ses développements de personnages aléatoires, il propose une aventure sympathique, quelques mystères à découvrir et où chaque partie sera un peu différente, et c’est déjà pas mal.

1 réflexion au sujet de « Gods Will Fall »

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