Rapide Critique

Godstrike

BassKass
Publié le 1 mai 2021

Développeur

Overpowered Team

Éditeur

Freedom Games

Date de Sortie

15 avril 2021

Prix de lancement

20 €

Testé sur

PC

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Il paraît que “Le temps c’est de l’argent”, comme on dit chez celles et ceux qui ne le prennent pas. Certes. Mais si le temps, c’était aussi votre espérance de vie? Bon, d’accord c’est un peu déjà le cas, personne n’est immortel, etc. Mais c’est le principe de Godstrike, et c’est plus facile à expliquer dans un jeu vidéo que dans la vie, la vraie.

Godstrike est un jeu qui combine rideaux de projectiles à esquiver, arènes fermées, ennemis aux multiples barres de vies de la longueur de trois terrains de foot, et – si tout cela ne suffisait pas aux personnes en quête de sueur et de palpitations cardiaques – un chronomètre. Chaque affrontement  – le jeu ne propose que des niveaux face à un unique gros vilain – est doté d’une minuterie, qui, comme toutes les minuteries, s’égrène tranquillement de seconde en seconde. Et à la fin il se passe quoi? Et bien à la fin de la minuterie, un seul coup de l’adversaire et Talaal, l’héroïne, passe l’arme à gauche. Cela oblige à abattre l’ennemi le plus vite possible, évidemment, et par conséquent à prendre plus de risques. Et les risques peuvent se payer cher, car tout coup reçu dans Godstrike fait chuter illico la minuterie de plusieurs secondes – une quinzaine environ, pour des combats conçus pour durer de 4 à 5 minutes. Godstrike oblige à retarder l’inéluctable en redoublant de vigilance, en se glissant à travers les nombreux projectiles et rayons laser envoyés par des grosses têtes de mort, des vers de sables géants ou des canons sur pattes, tout en s’acharnant à faire baisser la vie de nos bourreaux successifs.

Ainsi, la tension inhérente à ce genre de jeu de tir déjà frénétique – Godstrike n’est pas un jeu facile – redouble lorsque le temps est écoulé, que les couleurs disparaissent et que le joueur sait que le prochain coup sera le dernier. Ce concept est plutôt réussi sur le papier, d’autant que les bonus à ajouter avant un combat enlèvent du temps de combat disponible, obligeant le joueur à trouver son équilibre entre efficacité ou endurance dans la bagarre à venir.

Mais ce genre du twin stick shooter –  un jeu ou l’on utilise un joystick pour bouger et l’autre pour tirer en même temps – nécessite une précision d’horloger dans l’exécution. Un jeu peut être sévère, mais l’équilibre réside dans la justesse des contrôles et la récompense des rares moments de gloire du joueur. Et c’est là le principal problème de Godstrike. Le joueur se fait parfois toucher alors qu’il pense tenir le placement parfait – le fait que l’héroïne flotte n’aide pas à la lisibilité – et il est difficile de se rendre compte si nos tirs touchent alors que l’on est concentré en même temps sur des essaims de boulettes. Les arènes semblent trop vastes pour concentrer l’action,  notre personnage a une portée limitée, un déplacement assez lent et un tir principal dont le “piew piew” triste traduit parfaitement l’impression d’inefficacité qu’il dégage. Quant aux boss, si certains designs sont assez réussis, ils ne proposent pas un grand panel d’attaques, et celles-ci peuvent  se révéler difficiles à anticiper, la faute à un manque d’amplitude et de variété dans les animations. Tous ces éléments donnent des affrontements peu mémorables, parfois frustrants, dont on triomphe en ayant trop peu ressenti le frisson d’un combat homérique.

Si Godstrike pimente un concept déjà exigeant en intégrant la notion de temps, ses trop nombreux problèmes de conception, son manque global de précision et de punch l’empêchent de voler le nôtre, de temps.

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