Preview / Aperçu

Roniu’s Tale

Chezmoa
Publié le 7 septembre 2021

Développeur

Kunjee Studios

Éditeur

Mega Cat Studios

Date de Sortie Prévue

Inconnue

Version Testée

Démo kickstarter

Testé sur

NES

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Cela fait longtemps que j’ai envie de vous parler de Homebrews (depuis la sortie de Twin Dragons pour être exact). Cette idée m’est revenue lorsque j’ai reçu ma cartouche de Super Tilt Bros. Mais étant donné qu’il s’agissait, une fois de plus, du jeu d’un copain, je trouvais la situation trop opportuniste. Puis j’ai récemment reçu un mail de Mega Cat Studios, me proposant de tester leur prochain jeu sur ma bonne vieille Nintendo Entertainment System. J’ai accepté avec plaisir et voilà une excellente excuse de vous introduire au jeu indépendant pour console rétro (et de citer plein de copains géniaux).

Zut, vieux Job !

Un homebrew (qu’on traduit littéralement par “brassé à la maison”) est un jeu vidéo conçu pour une console dont l’existence commerciale est théoriquement achevée. Chaque mois, sortent des jeux sur les consoles de votre enfance, et ce, quel que soit votre âge. De l’Atari 2600, à la Dreamcast en passant par la NES et la Megadrive, vous en trouverez sur quasi tous les supports ayant existé. Pour plus de détails et une liste très complète par console, je vous invite à consulter les différents sujets du forum RGC mis à jour très régulièrement par Fei.

La production est souvent en petite série, étant donné le public de niche et les coûts pour produire de nouvelles cartouches. Si produire une centaine de PCB reste abordable, mouler de nouvelles coques en plastique pour une console d’antan est bien moins à la portée de tous les portefeuilles. De nombreuses séries sont ainsi issues de la vampirisation de vieux stocks invendus. J’ai moi-même déblisté plusieurs centaines de Sydney 2000 sur Dreamcast pour créer les versions PAL de Alice Dreams Tournament, tandis que ma cartouche de Super Connard (true story) est la vampirisation d’un Wave Race sur Game Boy.

Avec le temps et le développement du financement participatif, il est à présent plus simple de produire des jeux en série conséquente. Strumwind s’est vendu à plus de 5000 exemplaires, par exemple. Quant à Twin Dragons, il faudrait que je demande à Broke Studio, mais bon nombre de mes amis retrogamers en ont une cartouche à la maison.

Tout ce bricolage et ces productions non officielles, ne sont que les ancêtres du jeu indépendant d’aujourd’hui. En effet, les créateurs de homebrews sont souvent proches de la situation des solodevs et sont confrontés aux mêmes soucis. Distribution compliquée, mise en avant difficile, développement long et parfois sur leur temps libre. Bref le homebrew c’est le jeu indépendant des vieilles consoles.

Ma muse aime les beaux châteaux

Maintenant que vous savez ce qu’est un homebrew je peux vous parler de Roniu’s tale. Ce  jeu, dont le Kickstarter est actuellement toujours en cours à l’heure ou j’écris ces lignes, a atteint son objectif en moins de 6 heures. L’équipe de Mega Cat Studios, plutôt que de m’envoyer une simple ROM a eu le bon goût de produire quelques véritables cartouches NES pour m’en envoyer une, et ainsi me permettre de tester le jeu sur ma console, branchée à un bel écran cathodique Triniton (les vrais savent).

Pour une raison inconnue, lorsque je reçois une nouvelle cartouche homebrew, j’ai tout de suite tendance à la renifler. L’odeur de la nostalgie, déclareront certains, celle du plastique chinois diront d’autres. Et, justement la cartouche est loin de sentir le plastique tout pourrave refoulant à 50 mètres, comme un produit Wish bon marché. On découvre ici une belle cartouche noire, pourvue d’une coque plastique imitant parfaitement celle d’origine (en dehors de la couleur), ornée de stickers, eux aussi, de qualité. Ceux-ci sont collés proprement et parfaitement droit, donnant à la cartouche un look officiel et une belle finition, alors qu’il ne s’agit que d’une cartouche destinée à la presse. Un sérieux qui promet de beaux produits pour la version définitive qui sera envoyée aux backers et futurs clients.

Concernant le jeu en lui-même, Roniu’s tale est un jeu de réflexion en vue du dessus inspiré de Salomon’s Key et Solstice. Le joueur y incarne Roniu, un jeune magicien qui aura franchi le grand mur de sa ville pour se retrouver coincé dans un donjon magique d’une quarantaine d’étages qu’il faudra traverser pour terminer le jeu. Chacun de ces niveaux en vue du dessus propose une sorte de grille composée de briques de sol, de trous (eau, lave, vide intersidéral), de murs (dont certains destructibles) ainsi que de cases objets. Pour sortir, Roniu n’aura qu’à ramasser la clé de chaque étage puis à se diriger vers la sortie. Cependant, chaque case de sol ne peut être parcourue qu’une seule fois, puisque le passage de Roniu sur chacune d’entre elle les détruira, laissant un trou béant (et surtout mortel) à la place. Le joueur devra donc étudier un tracé spécifique pour atteindre la sortie de chaque étage.

Pour parvenir à s’évader le jeune magicien pourra compter sur son sort de boule de feu, afin de détruire les murs fissurés, puis se verra gagner de nouveaux pouvoirs au fur et à mesure des niveaux. Un peu de lévitation pour passer les grands vides entre les ersatz d’îlots, une pointe de fantomatisme pour passer à travers certains murs, etc. Le tout est pimenté d’ennemis, au parcours prédéfini, qu’il faudra éviter, de pièges qui seront parfois utiles à votre progression et même de quelques boss qui viendront vous donner du fil à retordre.

Bien que le nombre de vies soit limité, le jeu embarque un système de mot de passe qui permet de ne pas avoir à refaire le jeu depuis le départ après chaque Game Over. Ce système comporte encore quelques erreurs, je n’ai par exemple pas pu reprendre au boss, le code indiqué ne fonctionnant pas. Mega Cat Studios m’a cependant déjà annoncé plusieurs updates et bug fixs du jeu (je n’ai qu’un prototype après tout) qui promettent un beau suivi du résultat final. En l’état actuel à part ce tout petit défaut toute la production du jeu dispose d’une réalisation sans faille.

Le jeu est beau, et surtout parfaitement lisible, sur mon écran cathodique. Si la démo disponible présente uniquement 2 biomes, les différents univers annoncés (jungle, caverne, désert) semblent bien exploiter la palette de couleurs de la console, tout en apportant de la diversité au jeu. La musique chiptune vient renforcer l’ambiance, sans être redondante. Et on a même plaisir à la garder en tête quelques heures après une partie. Le level design est équilibré et utilise intelligemment les différents pouvoirs. Il faudra parfois mourir à quelques reprises pour trouver la solution, mais ce n’est en rien un problème puisque le système de mot de passe permet de revenir sans la moindre frustration.

Plus que prometteur, Roniu’s Tale est un homebrew bien conçu qui s’inspire à merveilles de grands classiques de la NES sans les copier-coller bêtement. On attendra avec impatience la version définitive pour vérifier si le reste du jeu est aussi réussi que la démo le laisse percevoir et si le produit final aura d’aussi belles finitions que la cartouche de démonstration.

Flipon

Simple et efficace

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