Rapide Critique

The Block

BassKass
Publié le 10 janvier 2023

Développeur

Paul Schnepf

Éditeur

Future Friends Games

Date de Sortie

16 décembre 2022

Prix de lancement

2,5 €

Testé sur

PC

Tout le monde a un avis sur les pistes cyclables, le ramassage des ordures, les couloirs de bus ou la gentrification des quartiers populaires. Fabriquer la ville, c’est pas toujours très drôle, il faut penser à « l’intérêt général » – ah ah quelle drôle d’idée -, ménager des intérêts financiers et immobiliers à nos anciens camarades de promo, éviter que les rues ne se transforment en pot d’échappement géant, tout ça tout ça.

Alors que si on pouvait juste assembler des petits blocs les uns avec les autres comme à la grande époque de notre créativité enfantine, ce serait pas plus rigolo ? C’est une question rhétorique, évidemment que c’est plus rigolo.

En plus d’un système de jeu simplissime – fabriquer des petits bouts de ville bloc par bloc sur des grilles plus ou moins grandes -, The Block convoque l’esthétique des premiers polygones, ceux qui vibraient un peu quand on les regardait de près. Ceux  qui n’ont pas aussi bien vieilli que les pixels qui font les malins dans des centaines de productions indépendantes. Ceux qui mériteraient qu’on les aime aussi.

The Block tranche : soit vous aimez sa direction artistique 3D rétro, soit vous retournez sur Dorfromantik ou Townscaper, les autres bijoux pour amateurs de patelins trognons. Sans score ni objectifs, The Block nous laisse juste bricoler avec des petits clochers, des maisons, des rues, des lampadaires, des marchés, tuile par tuile, “plop” satisfaisant après “plop” satisfaisant. On se prend à recréer la place centrale d’une ville imaginaire, à fabriquer un ensemble de maisons qui pourrait rejoindre les éléments d’un jeu de construction qui n’existera jamais, ou bien à remplir les cases d’une forêt de clochers ou de cyprès, pour voir ce que ça fait et se lancer dans un autre délire urbain. Point de planification à grande échelle, les blocs se fabriquent un par un, en partant du centre, laissant la place à l’improvisation et à la fabrique de la ville au fil des tuiles.

Son outil de sélection des blocs est imparfait, les types d’architecture limités, et on aurait apprécier pouvoir sauvegarder ses créations, mais The Block joue parfaitement son rôle : celui d’une bulle tout sauf spéculative, un moment suspendu à créer des petits mondes, comme ça, parce qu’on aime bien coller des briques avec des briques.

Rugby 22

Coincé dans le ventre mou.

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