Lylian : Episode 1

Connaissez-vous l’équipe de développement PixelPickle Games ? Déjà en charge d’une foule d’animations pour divers jeux indépendants (les petites unités en mouvement de Frozen Synapse, c’est eux), ils nous proposent toutefois leur dernier titre en date : Lylian.


Lylian au pays des merveilles…

Le monde de Lylian est dévasté. Enfermée dans une cellule capitonnée, habillée d’une seule camisole de force, la petite a l’impression d’avoir un pouvoir lui permettant d’entrevoir et de faire se manifester des choses paranormales que personne d’autre ne voit. Son ourson en peluche, Bob, créé à partir d’autres morceaux de peluches trouvées çà et là, prend souvent vie et devient son plus fidèle compagnon. Ensemble, ils s’évadent de leur prison.

C’est après une vidéo d’introduction très réussie (surtout pour un jeu amateur) que le joueur prend les choses en mains. On découvre que le jeu propose une modélisation des personnages en 3D incrustés dans un monde tout en 2D. Niveau animations, c’est donc une réussite la plupart du temps même si de gros soucis de raccords sont présents (tels qu’on en a déjà vu dans les exécrables Timecop ou Batman & Robin sur consoles 16 bits, ou tout simplement dans les Mortal Kombat). Mais globalement, l’univers est très bien présenté et donne tout de même envie de continuer l’aventure.

Le bat blesse quand on commence à vouloir comprendre le gameplay. Une touche pour sauter, une autre pour frapper, ça c’est fait. Mais quand il s’agit de comprendre à quoi servent les attaques spéciales numérotées, il ne faut pas compter sur le scénario du jeu pour vous aider. Lylian étant complètement folle, elle parle pratiquement en énigmes, en non-sens, de façon à ce qu’on ne comprenne pas toujours de quoi il en est. C’est très intelligent, mais en l’état, certains moments sont vraiment tellement incompréhensibles qu’ils handicapent le jeu et sa prise en main. On passe de longues minutes à comprendre ce qu’il faut faire alors que finalement, c’est d’une simplicité extrême.


Amateur, mais charmant

Les pouvoirs sont obtenus au fil du jeu, dans d’étranges “dimensions”. Ceux-ci peuvent ensuite être activés lorsqu’on élimine assez d’ennemis avec des coups de manches de camisole. Chaque ennemi assommé lâche un orbe jaune remettant un peu de pouvoir dans la jauge de la même couleur. Une fois pleine, il suffit d’appuyer sur le bon numéro pour le bon pouvoir afin de se transporter dans un autre monde. Dans ce premier épisode, seuls deux “mondes” sont disponibles : le champ de blé idyllique, ou le sol est toujours plat et les ennemis se transforment en guêpes énormes (pratique pour passer un ravin dans le monde “normal” par exemple)puis le monde “sous-marin” ou la gravité n’est plus la même et Lylian peut sauter plus haut.

En clair, comme dans un Soul Reaver pour ne choisir que le meilleur du genre, les différentes “dimensions” permettent de traverser des passages infranchissables dans le monde de base. C’est très intelligent et surtout, cela met en place la psyché totalement chamboulée de la jeune héroïne. Amusant, bien conçu, ce concept plaira assurément. Enfin reste Bob, le nounours, qui peut se faufiler dans les conduits d’aération pour ouvrir des portes bloquées ou, plus tard dans le jeu, se transformer en gigantesque ours en peluche atomiseur d’ennemis. Radical !

L’aventure faite d’action et de plateformes signée PixelPickle Games est donc très intéressante. Pleine de bonne volonté, à la direction artistique impeccable, à l’univers intéressant et au gameplay amusant, Lylian comble tous ses gros défauts de raccords, d’amateurisme ambiant, par une aventure parfaitement maitrisée et sans temps mort. Dommage qu’elle ne dure qu’une petite heure, malgré son boss de fin très original. Vivement la suite, finalement !

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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