Azure Striker Gunvolt

Après avoir brillamment repris la série des Megaman avec les épisodes 9 et 10, Inti Creates tente l’héritage spirituel de Megaman X avec Azure Striker Gunvolt, un jeu de plate-forme action dans la droite lignée des aventures du robot bleu. Mais avec un twist de gameplay : le contrôle de l’électricité.

Ça volt ce que ça volt…

Passons sur le scénario, confus et incompréhensible, une sombre histoire d’humains mutants, contrôlés par des programmes informatiques implanté dans des fillettes, et le groupe de rebelles devant d’abord détruire le système avant de se rendre compte que c’est plus mieux de l’utiliser et que tuer des fillettes, c’est pas cool. Le déroulement du jeu, hormis cela est un copier-coller des Megaman X : après un niveau prologue, on peut parcourir les huit niveaux des Master Robots, euh non, des Méchants Machins avec un Nom à la Con.

Chaque niveau étant thématique (laboratoire sous marin, train, jardin botanique, tour de communication) le level design est relativement varié mais peu inspiré, les niveaux étant la plupart du temps un bête couloir très vaguement labyrinthique, avec le MMNC à la fin, et des mini-bosses au milieu. Rien de bien foufou, donc.

« Maintenant t’es au courant »

L’arsenal de Gunvolt est assez limité pour parcourir ces niveaux. A la base, on n’a qu’un petit flingue lance pioupiou qui peut marquer jusqu’à trois ennemis ou marquer trois fois un seul ennemi, afin d’utiliser le pouvoir du héros et lancer des arcs électriques activant des mécanismes ou détruisant efficacement les méchants. L’utilisation du pouvoir draine une jauge qu’il est possible de recharger à la main, mais quand elle est complètement vide, elle se recharge lentement et laisse Gunvolt presque sans défense. Le flingue étant salement inefficace, il s’agit là, pour autant, de la meilleure façon de se débarrasser des ennemis, et le tout est lié à un système de scoring, pas très complexe mais où la moindre erreur fait tout perdre. Autant dire que les doigts agiles en auront pour leur argent.

Au fil des niveaux, les MMNC battus peuvent lâcher une nouvelle arme, permettant de varier les tactiques, l’un tirant dans deux directions, ou l’autre pouvant marquer cinq ennemis, etc. Mais encore une fois, c’est très classique. Les mouvements du héros sont assez limités aussi, un saut, un dash, un wall-kick et basta. Avec des objets on peut acquérir un double (voire triple) saut et un dash en l’air mais acquérir ces objets est tributaire d’un système de craft, disons… particulier.

« Pikachu, fabrique moi une arme ultime »

Bien qu’on récolte des sous en abattant les adversaires, il n’y a pas à proprement parler de magasin d’améliorations. Gunvolt gagne des niveaux, et donc des points de vie et de pouvoir, mais pour augmenter sa puissance de feu et son panel de mouvements, il faut récolter des matériaux donnés AU HASARD à la fin des niveaux, et ensuite crafter les objets. Ce système extrêmement pénible rend le craft rageant, puisqu’on n’a aucune certitude de récolter les matériaux voulus. Il est possible d’accomplir des défis dans les niveaux déjà terminés afin de gagner des matériaux bonus, mais ces défis sont vraiment difficiles à accomplir sans les objets craftés, qu’on a vraiment l’impression qu’ils ont été rajoutés à la va-vite, juste pour rallonger la durée de vie un peu juste de l’aventure principale.

Le true ending ne se dévoile d’ailleurs qu’après avoir crafté et équipé un objet précis, mais bon, vu la teneur du scénario en clichés et en histoires déjà racontées, c’est pas franchement la peine de s’y investir plus que ça. Maintenant si vous avez envie de parcourir le jeu dans ses moindres détails et faire du score et du speedrun, c’est un jeu plutôt bien conçu.

Le meilleur ami de Claude François

Dans le fond, Azure Striker Gunvolt est un bon jeu, rythmé, assez varié et intéressant à jouer, il manque tout de même un peu du supplément d’âme pour en faire un véritable indispensable. Si vous avez envie de jouer à un nouveau jeu dans la lignée des Megaman, il pourra satisfaire temporairement votre faim, mais pas plus, la faute à un level design un peu paresseux, et à un système de craft mal pensé et un écran de jeu parfois peu lisible. En attendant Mighty Number 9, la véritable relève, Gunvolt est tout de même un bon palliatif.

Shutan

Joueur éclectique, archéologue du jeu vidéo, rétrogamer compulsif. Dans un monde qui va trop vite, il faut parfois se poser et le regarder passer, sinon on loupe des trucs... Comme des vieux jeux...

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