The Coma: Cutting Class

Les Coréens ne seraient-ils pas traumatisés par l’école ? La culture populaire regorge de références de ce type comme le film Death Bell par exemple. Devespresso Games adapte ces croyances au genre du jeu vidéo avec The Coma, un survival-horror qui vous place dans un lycée en proie aux apparitions démoniaques.

Finalement les vestiaires des filles ne sont pas si intéressants que ça...
Finalement les vestiaires des filles ne sont pas si intéressants que ça…

Bienvenue dans le Coma

Youngho étudie au lycée Sehwa High et doit passer les examens de fin d’année, le “jugement dernier” comme il les appelle. Il ne croyait pas si bien dire car après une longue nuit de révisions il ne parvient plus à garder les yeux ouverts et s’endort sur sa copie. Il se réveille en pleine nuit, dans un lycée désert où la jolie prof d’anglais Ms. Song s’est changée en tueuse démoniaque ! Youngho va bien vite comprendre qu’il n’est plus à Sehwa mais dans un monde horrifique appelé le “Coma”.

La fuite comme seul recours

Le jeu se base uniquement sur la fuite. Vous ne possédez pas d’arme et seule une lampe de poche vous tiendra compagnie dans les sombres couloirs de Sehwa High. Ainsi, si vous entendez le cri de la tueuse il n’y a pas de questions à se poser ! Fuyez ! Il faudra rapidement trouver un endroit où se cacher comme des toilettes ou un placard mais attention certaines portes peuvent être verrouillées et certaines armoires peuvent être remplies, vous mettant ainsi dans une situation périlleuse. Si vous entrez dans un placard alors même que la tueuse est déjà dans la même pièce que vous, vous serez extirpés sans ménagement de votre planque et charcuté comme il se doit.

La carte est basique et ne vous indiquera pas les cachettes, les portes verrouillées ou les notes à ramasser.
La carte est basique et ne vous indiquera pas les cachettes, les portes verrouillées ou les notes à ramasser.

Il conviendra donc de faire des repérages car la map du lycée ne vous indiquera rien d’autre que le plan des lieux, votre position et l’emplacement de vos quêtes. Je vous conseille même de reproduire grossièrement le plan sur une feuille et de marquer les pièces visitées par une croix. Il y a en tout trois bâtiments distincts et si le premier est assez basique et permissif, le second sera plus complexe et le troisième sera un vrai labyrinthe qui fonctionnera à base de passages secrets communiquant entre les étages, à ce moment là utiliser une feuille de papier sera bien utile.

Tendez l’oreille !

Basé sur un stress constant, le jeu ne vous offrira aucun lieu sûr si ce n’est la cafétéria. La tueuse peut surgir à tout moment et parfois même devant nous lorsqu’on passe une porte ne nous laissant aucune possibilité de fuir, assez abusif cela dit ! Aussi, lorsque son cri retentit dans le couloir et qu’on se met à courir, il reste encore à déterminer dans quel sens il faut le faire pour ne pas foncer droit sur elle ! Notre visibilité est réduite, limitée au faisceau de notre lampe de poche et le stress est aussi accentué par le fait que l’on entend la tueuse marcher dans les couloirs lorsqu’on se trouve dans une salle. Il vaut mieux prêter attention à ces sons et attendre qu’elle s’éloigne un peu avant de tenter une sortie.

Économisez votre énergie et vos provisions

Un petit détour à la cafétéria vous permettra de faire le plein d'objets utiles.
Un petit détour à la cafétéria vous permettra de faire le plein d’objets utiles.

On ne peut pas courir indéfiniment car on possède une jauge d’énergie qui se vide à mesure que l’on court. D’ailleurs courir comme un dératé n’est pas conseillé car en dehors de la tueuse d’autres dangers guettent tels des bulbes qui explosent et vous empoisonnent, vous “confisquant” ainsi une vie ou des élèves qui surgissent de sous un meuble pour vous taillader et occasionner une hémorragie qui va elle aussi vous limiter à 4 cœurs sur 5. Les effets disparaissent avec le temps mais si on a besoin de se soigner il faudra utiliser un antidote ou une bande de gaze que l’on trouve en fouillant les lieux ou en dépensant des pièces dans les distributeurs de la cafétéria.

On pourra aussi acheter des goûters pour récupérer un cœur, des burgers qui en restaureront quatre (c’est bien connu, les burgers c’est la santé) ou pour se munir en bouteilles d’eau et boissons énergétiques pour remplir sa jauge d’énergie. Personnellement je n’ai pas trouvé que les bouteilles d’eau étaient utiles car lorsqu’on ne court pas la jauge se remplit rapidement et généralement elle suffit amplement à fuir vers une cachette. Ce n’est pas comme si on avait le temps d’aller boire une bouteille d’eau dans l’inventaire en pleine course poursuite ! D’ailleurs, ce dernier étant limité on va surtout sacrifier ces bouteilles pour pouvoir continuer à ramasser d’autres objets plus utiles car n’étant pas armé, les vies sont ce qu’il y a de plus précieux. Je vous conseille d’ailleurs de sauvegarder le plus souvent possible et de recharger la partie si la tueuse vous a trop amoché.

Pas le temps de se poser !

La traduction française est de très bonne qualité.
La traduction française est de très bonne qualité.

Là j’en viens à la particularité du jeu, elle peut être prise comme un défaut mais c’est un choix des développeurs : il n’y a PAS DE PAUSE. Que vous vouliez voir quelque chose sur la map, consommer un goûter ou lire une note, vous serez toujours vulnérables. Alors je ne vous conseille pas de vous poser dans un couloir pour vous mettre à lire les écrits récoltés, attendez plutôt d’être cachés ou de retour à la cafét’ pour le faire. C’est aussi embêtant au vu de toutes les notes que l’on trouvera sur les murs et qu’on devra donc lire sur place. Si la tueuse débarque on va marteler E pour vite fermer tout ça et se barrer fissa ! Il n’y a pas de temps mort, on bâcle un peu la lecture des textes et même si le rendu est réaliste on reste un peu frustrés de ne pas pouvoir lire correctement les écrits d’un jeu pourtant très story rich. Les notes sont très importantes pour comprendre l’histoire mais aussi pour ajouter un background solide à l’intrigue. On trouvera donc bon nombre de mots destinés aux élèves, d’échanges entre les profs, de lettres de parents mécontents…etc. C’est là où on se rend compte à quel point la traduction française est de bonne qualité et on n’en attendait pas tant pour un jeu indépendant !

Quêtes annexes et fins alternatives répondent à l’appel

À force d’apparitions, de poursuites, et de parties de cache-cache, la tueuse finit par ne plus nous faire très peur. Le jeu n’est pas vraiment à base de jumpscares même si ça peut toujours surprendre de passer une porte et d’entendre le cri démoniaque retentir. Cependant, la tueuse apparaît de plus en plus fréquemment au fur et à mesure de notre avancement dans le jeu et sa prise de puissance va vraiment relancer notre peur et notre stress !

Le jeu comporte au moins 5 fins différentes selon si vous complétez les quelques quêtes annexes et selon vos réponses à certaines questions. Il est d’ailleurs prévu que le jeu soit doté d’une suite car la fin laisse flotter un peu de suspense. J’aurais d’ailleurs préféré qu’elle soit moins abrupte et plus explicative car on aimerait en savoir plus sur ce fameux “Coma”.

Artistiquement irréprochable !

Les dialogues sont de type "visual novel".
Les dialogues sont de type “visual novel”.

The Coma bénéficie d’un traitement artistique particulier, propre aux codes coréens qui mélangent allègrement des visuels asiatiques et occidentaux. Le character design est très réussi, tout comme les décors qui sont très cohérents et soignés.

Du côté de la musique du jeu, le travail est excellent et le jeu dégage une atmosphère chargée de tension à laquelle s’ajoutent des bruitages glaçants.

Au final, The Coma est un jeu d’horreur intense qui remplit bien son rôle en prodiguant peur, stress et sentiment d’insécurité permanent, le tout avec un scénario bien ficelé et une ambiance très travaillée autant sur le plan visuel que sonore.

Kitsune-Musume

Kitsune-Musume

Ancienne amasseuse compulsive de jeux boite, j'aime à me perdre désormais sur les terres fertiles de l'indépendant. Gameuse à tendance no-skill/casu/basheuse de la touche X, testeuse de résistance mentale aux low-framerates avec ma vieille (mais fidèle) brouette connectée, j'aime les armes lourdes et badass, les univers immersifs et les scénarios bien ficelés. A l'inverse, j'ai horreur des jumpscares (flipette de catégorie 3), je fuis les collectes poussives de piécettes et je recule devant mes devoirs de rédaction d'une biographie.
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