PID

PID

Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas mis à un jeu de plateforme sérieusement. Le dernier c’était Sonic Génération et juste avant Super Meat Boy, ce dernier était d’ailleurs tellement difficile que j’ai failli quitter le monde des jeux de plateforme sans me retourner. S’il y a bien une chose qui m’énerve dans certains jeux, c’est le niveau de difficulté inutilement élevé…

Je veux rentrer chez moi !

Et là on va me jeter des pierres, mais j’assume totalement, la difficulté d’un titre n’est pas une fin en soi, sinon j’appelle cela de la perversité. PID a failli être classé dans ces jeux pervers et retors. À certains moments il peut se révéler frustrant par exemple lors des boss. Mais nous reviendrons a cela plus tard voulez-vous.

Dans Pid, le joueur est placé dans le rôle d’un jeune garçon nommé Kurt. Après un trajet exceptionnellement mouvementé en bus, Kurt se trouve sur une autre planète, pleine de mystérieux habitants aux allures de robots. Vous n’aurez qu’un seul objectif, retourner chez vous, tout en retrouvant un nouvel arrêt de bus.

L’aspect esthétique de PID est plus que soigné, tout a été mis au service de la narration particulière du titre. On appréciera particulièrement les graphismes aux couleurs pastel qui sauront nous mettre immédiatement dans l’ambiance, sans compter qu’ils sont techniquement irréprochables avec des MOBS ayant parfois des tailles impressionnantes et foisonnant à l’écran, sans jamais ralentir. Et l’aspect carré des personnages que rencontrera Curt rajoute a ce dépaysement, tant ils sont exotiques par rapport aux héros qui lui a des formes arrondies.

Les musiques aussi ne sont pas en reste, sont riches et variés, les styles allant du simple chiptune au smooth jazz. La musique accentue l’ambiance qui était déjà très importante. Je ne peux que saluer le travail fourni par les compositeurs de la bande-son. Mais un sentiment reste majeur quand on avance dans le titre, c’est la nostalgie. Tout n’est que douceur et pourtant le titre est difficile et compliqué. Il ne se laissera pas dompter facilement.

La vie c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber.

Pid n’est pas un simple platformer, non content de nous proposer de jouer avec la gravité, il nous propose aussi des niveaux casse-tête mémorables. Au tout début de l’aventure Kurt va découvrir un orbe qui lui permettra de manipuler la gravité. Pas de manière désordonnée, sur commande l’orbe créera un ou deux ray de lumière, si vous plongez dedans vous serez irrémédiablement repoussé vers l’opposé du lieu de chute de ce trait lumineux.

Tous les niveaux ont été pensés pour être traversés en prenant en compte cette faculté. Vous comprendrez donc aisément que les développeurs on ainsi joué avec pour nous offrir quelques perles de difficultés. Mais on ne s’arrêtera pas en si bon chemin, car tout au long de l’aventure vous récupérerez tout un tas d’outils, que vous achèterez grâce aux étoiles que vous avez récoltées ou que vous ramasserez après avoir détruit un ennemi, qui vous faciliteront la vie et pour les développeurs d’offrir de nouvelles possibilités de gameplay. Comme les Bombes bleues qui endommagent les ennemis instantanément, alors que les bombes rouges utilisent une minuterie qui vous permet de les placer de façon plus stratégique. Des sortes de Pétards nous permettront d’atteindre des plateformes jusque-là inaccessibles. Vous trouverez aussi des gilets qui vous aidera à vous prémunir des dégâts, car oui le jeu est mortel et en temps normal un simple contact avec un ennemi ou des pics vous ferons mourir.

Un autre aspect du gameplay est le côté infiltration, vous ne devrez à aucun moment croiser la lumière des gardes ou des lampadaires. Pour ce faire, vous aurez à votre disposition de bombes fumigènes et bien entendu votre cerveau, car l’infiltration n’est qu’un des nombreux moyens trouvés pour nous faire réfléchir. Et bien souvent la difficulté sera relevée.

La mort fait partie de la vie…

Si jusque ici le jeu peut sembler intéressant et il l’est, il ne faut pas perdre de vu qu’il peut-être infiniment frustrant. Entre la difficulté de trouver les solutions, la maniabilité de Kurt qui peut se révéler de temps à autre un peu limite et la longueur des boss, certains d’entre vous lâcheront la manette.

Là je ne parle que de difficulté moyenne, en Hard vous aurez aussi droit à d’espèce de triangles fixés aux murs qui n’hésiteront pas à vous sauter au visage quand vous passerez devant eux et croyez-moi vous le ferez. Vous remercierez le jeu de ne pas avoir de compteurs de vies et de vous laisser réessayer indéfiniment jusque vous trouviez la solution. Il n’est pas rare de recommencer une phase des dizaines de fois avant de comprendre ou d’avoir le coup de main. Pid est jeu qui se mérite, et la difficulté en est le billet d’entrée.

Néanmoins, le titre reste agréable, avec une réalisation haut de gamme pour un prix somme toute raisonnable. Il ne plaira pas a tout le monde c’est vrai, mais même moi qui n’avais pas aimé Super Meat Boy, j’ai non seulement réussi a accroché, mais aussi a aimé. Essayez-le avant de l’acheter, mais croyez-moi il est excellent et le jeu vaut largement le détour, certainement une des meilleures surprises de l’année.

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