Paper Sorcerer

Paper Sorcerer

Paper Sorcerer est le projet un peu fou de l’Américain Jesse Gallagher. Sans compétence spécifique en programmation, il a décidé de créer sa société (Ultra Runaway Games) pour développer un dungeon crawler nouvelle génération. Si l’on en croit le succès rencontré sur kickstarter (le jeu a été subventionné à 263%), il ne devait pas être le seul en manque de Wizardry, Eye of the Beholder ou autres titres de légende du genre.

Mouahaha, je suis un méchant, très méchant !

La première chose qui vous fera sourire est le choix de la difficulté. Facile, moyen, difficile et… années 80 ! Le ton est donné, l’aventure risque de ne pas être de tout repos. Le jeu se poursuit par une cinématique vous expliquant que vous êtes un sorcier maléfique, faisant régner la terreur depuis sa tour. « Malheureusement » vous avez été emprisonné grâce à un puissant sortilège par quatre héros envoyés par le roi.

Sombrant dans l’inconscience, vous vous réveillez dans une chambre. Une fois sorti de celle-ci, vous commencerez à récupérer peu à peu vos pouvoirs et serez en mesure d’invoquer un premier compagnon pour vous assister dans votre aventure. Loup-garou, minotaure, troll, gobelin… vous ferez votre choix parmi 12 espèces ayant chacune des spécialités (attaque puissante, soins de groupe, anti-magie… il y en aura pour tous les goûts). A terme, votre équipe se composera de votre magicien(ne) et trois créatures, la rejouabilité est donc excellente car suivant ce que vous choisirez les combats ne se dérouleront absolument pas de la même façon.

Le style graphique, des ombres sur du papier journal, participe à l’immersion du jeu et on s’imagine parfaitement être en train de jouer à un jeu de rôle sur table avec un maître de jeu décrivant les lieux petit à petit. Vous pourrez d’ailleurs très souvent fouiller les lieux traversés pour y obtenir des détails supplémentaires sur l’environnement et découvrir des objets cachés.

Pour sortir vous devrez leur passer sur le corps

Les déplacements dans le jeu se font par le classique Z, Q, S, D (ou toute autre combinaison de votre choix puisque l’option de personnalisation des touches a été ajoutée récemment). Comme dans tout bon jeu de rôles vous pouvez afficher différents écrans pour consulter les statistiques de vos personnages, les équiper, lancer des sorts hors combat, etc. Les combats se déroulent au tour par tour, vous permettant à chaque fois d’assigner un ordre aux membres de votre équipe. Attaque, posture défensive, lancer un sort, utiliser un objet, les possibilités sont nombreuses et il faudra gérer au mieux vos ressources pour sortir victorieux des affrontements. Les sorts utilisent de l’énergie, sachant que les personnages en récupèrent un point au début de chaque tour. Ils ont également un temps de recharge plus ou moins long suivant leur puissance. Mis à part le nom et parfois le niveau des adversaires, rien n’est indiqué, vous devrez donc bien faire attention au déroulement des combats pour éviter de lancer une attaque très puissante et coûteuse sur un adversaire déjà bien affaibli pour vous retrouver ensuite démuni face à ses copains encore en plein forme.

Le système de combat est intéressant. A chaque attaque portée, la valeur de défense de la personne ciblée y est retranchée pour obtenir les points de vie perdus. Mais attention, car quoi qu’il arrive, la valeur de défense baissera. Du coup, plus une personne encaissera de coups et plus elle sera vulnérable. Ne vous découragez donc pas face aux boss les plus puissants, même si durant les premiers tours ils ne perdront pas de points de vie, tôt ou tard ça finira par payer ! Un petit bémol cependant, il n’y a pas de journal de combat. Si dans la majorité des cas ça ne pose pas de problème, ça l’est un peu plus sur les grosses attaques de zone infligeant également des statuts élémentaires. Tout s’affiche et disparaît rapidement, on a donc un peu de mal à savoir qui a perdu combien de points de vie, de points de défense, qui est gelé, ralenti, etc.

A la fin de chaque combat vous obtiendrez un butin (équipement et gemmes, la monnaie du jeu) et vos personnages gagneront des points d’expérience. La montée de niveau est automatique et suivant la « classe » choisie les caractéristiques de base augmenteront à chaque fois d’un ou deux points, votre personnage gagnera des points de vie, parfois un point d’énergie, de nouvelles compétences et celles déjà connues deviendront plus puissantes. Classique et efficace.

Armes, armures, catacombes, entraînement, bienvenue à Sanctuaire

Le jeu se découpe en une dizaine de niveaux de quatre paliers chacun (les trois premiers sont de l’exploration de donjons avec portes, salles et couloirs alors que le dernier, un peu plus ouvert vous fera affronter un boss). Le premier boss rencontré est un chevalier errant et croyez-moi, il ne sera pas facile à éliminer. Le combat mettra à l’épreuve votre gestion de personnages et n’hésitez pas à utiliser vos potions de soin, vos cristaux pour ramener à la vie vos alliés tombés au combat ou même une flasque d’acide pour baisser ses points de vie et sa défense de 25%. Entre chaque niveau (puis par la suite lorsque vous le souhaiterez en utilisant un objet spécifique), vous ferez un passage par Sanctuaire, la ville du jeu. Vous aurez l’occasion de vous y reposer pour que vos personnages regagnent tous leurs points de vie et leurs points d’énergie (en mode facile ou normal ils reviendront également à la vie s’ils sont morts).

Vous pourrez également visiter la boutique tenue par un charmant zombie. Armes, armures, accessoires, consommables, vous pourrez faire le plein de fournitures (et vendre tout ce que vous aurez ramassé jusqu’à là). Vous aurez aussi la possibilité d’aller voir l’entraîneur pour améliorer chacun des membres de votre groupe. Défense, force, résistance magique, points de vie… tout pourra être augmenté mais ça revient vitre très cher, réfléchissez donc bien avant de dépenser vos gemmes durement gagnées.

Si vous aimez parler aux villageois, sachez qu’il y aura à chaque fois au moins deux personnages qui auront un secret ou une histoire à vous révéler. La dernière possibilité est de rendre visite à un homme étrange, qui, en échange d’âmes à collecter dans le jeu, vous ouvrira l’accès aux différents niveaux des catacombes. Cette zone est plutôt difficile (les combats arrivent par exemple sans que l’on s’y attende, dans le jeu de base vous verrez une sorte de nuage noir représentant les adversaires présents dans la pièce, ici il n’y aura rien du tout) mais réserve elle aussi de nombreuses surprises et secrets. Une fois vos emplettes terminées et vos compagnons reposés, il sera l’heure de repartir au combat pour découvrir la zone suivante.

Ce jeu a tout d’un grand

L’histoire, sans être exceptionnelle, est bien écrite et on lit avec plaisir les textes du jeu pour essayer d’en découvrir tous les secrets. Aucune traduction française n’est malheureusement disponible pour le moment, mais je sais qu’un joueur s’est proposé pour s’en occuper sur le forum officiel. La durée de vie est vraiment bonne, surtout que si vous aimez le genre vous pourrez retenter l’aventure de nombreuses fois avec des équipes totalement différentes (mis à part le sorcier que l’on vous impose, vous avez 3 compagnons à choisir parmi 12, ce qui fait de nombreuses combinaisons possibles). Les plus courageux tenteront la difficulté « années 80 » qui devrait les tenir en haleine très longtemps.

Le style graphique se prête parfaitement au genre et renforce l’ambiance du jeu. S’il y a par contre un point qui ne va pas et casse complètement l’immersion, c’est l’aspect sonore du titre. Outre les bruitages qui ne sont pas exceptionnels mais suffisent, la musique est par contre totalement ratée et ne va pas du tout avec l’univers. C’est une sorte de composition électronique vieillotte qui aurait à la limite pu être utilisée pour un shoot’em up, mais certainement pas pour un dungeon crawler ! Le développeur en a pris connaissance et devrait rapidement implémenter une option en jeu pour pouvoir la couper et mettre ce que l’on veut à la place. Dans la section des reproches, je pourrais également ajouter l’absence de carte. Le jeu étant en noir et blanc (ou variations de beige), on peut parfois être désorienté, mais les niveaux ne sont pas très grands et on retrouve vite son chemin.

Mis à part ces petits points noirs, le jeu est absolument excellent et ravira tous les amateurs du genre. Beau, long, intéressant, bourré de secrets et d’énigmes à découvrir, c’est assurément un jeu créé par un passionné. Lorsque l’on voit ce genre de projet, on est heureux que des plate-formes telles que kickstarter existent car il n’aurait sûrement pas pu voir le jour sans ça. Si les premières images vous avaient intrigué, n’hésitez plus et foncez, à 5$ ce serait vraiment dommage de se priver de nombreuses heures de plaisir et de nostalgie !

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