Q*Bert Rebooted

Ressortir les vieux titres du placard est une mode assez constante dans le monde du jeu vidéo. Le problème de notre ère c’est que généralement, il s’agit surtout d’en faire un titre pour tablettes et smartphones. Ce nouveau Q*Bert n’est pas encore sorti sur plateformes tactiles, mais il y est toutefois totalement préparé. Et cela se ressent beaucoup trop…

C’est quoi ces commandes ?

Q*Bert est un personnage un peu oublié. Il faut dire qu’avec son corps tout rond et sa trompe dont on se demande bien à quoi elle peut lui servir, cet ersatz de fourmilier mal évolué n’a pas beaucoup de charisme. Pourtant, il a marqué sa génération avec un gameplay plutôt original pour l’époque : sur des niveaux composés de cubes en 3D (une révolution !), vous devez sauter sur chaque cube pour le faire changer de couleur. Une fois tout le niveau recoloré, c’est la victoire et vous passez au suivant. Bien entendu, il faut ajouter à cela des ennemis qui recolorent les cubes en passant dessus, des serpents qui vous suivent et tentent de vous avaler, etc.
Cette version Rebooted commence plutôt bien. On vous propose d’entrée de jouer à la version Arcade original, au pixel prêt, ou à la version remastérisée entièrement en 3D. Cette dernière est malheureusement assez catastrophique pour plein de raisons : pour commencer, c’est injouable. A la manette, le personnage semble ne pas décider de nous suivre et ne comprend parfois rien à ce qu’on lui demande. A la souris (oui, c’est même le mode de jeu principal), il suffit de cliquer sur une case pour que notre héros s’y rende automatiquement. Dans les deux cas, soit c’est trop simple, soit c’est trop dur, mais c’est surtout jonché d’incompréhension de la part du jeu qui nous fait perdre des vies de façon totalement injuste.

Incroyablement frustrant

Impossible de jouer correctement à ce Q*Bert Reloaded. Mais le pire est sûrement dans le contenu, un poil abusif, qui consiste à vous faire enchaîner une cinquantaine de niveaux composés de trois stages chacun, en ne changeant que quelques variantes. Par exemple, dans un niveau, vous devrez passer deux fois sur chaque case. Dans un autre, repasser sur une case annulera sa nouvelle couleur. Le reste n’est que du level-design, avec des situations différentes, davantage de vide, des ennemis qui apparaissent plus souvent, etc.
Tout au long de ces niveaux répétitifs et ennuyeux, vous récupérerez des cristaux. Ceux-ci vous permettent d’acheter des personnages totalement clichés et vous aurez donc le droit à un Q*Bert très féminin (on vous explique même qu’avec son look à talons et rouge à lèvres, elle use de ses charmes à outrance), un savant fou, un robot, même une licorne. C’est affreux, cela n’a absolument aucun intérêt, mais c’est un peu la seule récompense du jeu et le seul intérêt des cristaux à collecter.
Enfin, chaque niveau offre trois étoiles à débloquer. La première en le terminant, la seconde en finissant le niveau en un certain temps et la troisième en réussissant un certain score. Le problème c’est que ces trois objectifs ne sont pas cumulables sur une seule partie et que vous devrez relancer trois fois le niveau pour les obtenir. C’est complètement crétin et cela renforce le sentiment d’ennui et de répétition. Bref, vous l’aurez compris, Q*Bert se plante lamentablement dans cette reconversion qu’on se doute réalisée surtout pour iOS et Android, avec son gameplay simplifié et débilitant, source d’ennuis à répétition. Mais même sur ces plateformes, pas sur que ce soit un bon jeu.

0 réflexion au sujet de “Q*Bert Rebooted”

  1. Mais quand tu parles de “niveaux répétitifs et ennuyeux”, c’était pas déjà le cas des vieux Q*bert?
    Parce que du coup, si ce jeu est raté, est-ce à cause d’un concept beaucoup trop vieillot? Ou bien d’un level-design raté pour ce remake? Après tout, Pacman et Tetris c’est aussi vieux, mais les dernières versions restent intéressantes. J’ai l’impression qu’ici, c’est un peu des 2…

    • C’est tout à fait ça en effet, c’est les deux. Je voulais pas partir en pamphlet devastateur sur cette ancienne légende qui, finalement, n’est pas morte pour rien, mais y’a de ça.
      Après, comme je l’ai dit, le gameplay rend le principe de jeu de base encore PLUS moyen. o_o

Laisser un commentaire