Styx : Master of Shadows

Après un Of Orcs and Men génial d’un point de vue scénaristique mais complètement à la ramasse niveau gameplay, Cyanide revient (sans Spiders) avec son personnage de Styx, le fourbe gobelin. Cela se passe bien des années avant le « premier » jeu et il n’est donc pas nécessaire d’y avoir joué pour apprécier ce nouveau titre…

Sorti de l’ombre

Styx se fait frapper, choppé sur le fait par le dirigeant de la tour d’Akenash. On se retrouve alors devant un scénario fait de flashbacks, avec une petite cinématique pour chaque mission donnant du sens à ce que l’on fait. Et clairement, Styx possède un scénario sympathique, mais contrairement à Of Orcs and Men ce n’est absolument pas pour cela qu’on lui trouvera de l’intérêt. Malgré des débuts longuets, la faute à un tutoriel qu’il est nécessaire de mettre en place tant les possibilités de jeu sont nombreuses, Styx : Master of Shadows est bel et bien un pur jeu à gameplay, principalement d’infiltration.

Styx peut (et doit) se mettre accroupi et passer derrière des objets ou des gardes sans se faire repérer. Il peut s’infiltrer par les petits passages bien cachés, sous les tables et autres mobiliers. Mais surtout, il peut assassiner. Il suffit pour cela de prendre un soldat par derrière et alors, deux choix s’impose : l’exécuter rapidement mais faire du bruit, ou étouffer calmement sans ameuter ses potes alentours (moyennant un long temps d’attente ou quelqu’un pourrait passer par là et vous prendre sur le fait). Une fois débarrassé d’un garde, vous prenez le corps et le planquez ou le jetez dans le vide. Rappelez-vous : vous êtes dans une tour !

Vous avez pensé à lui faire les poches avant ? En effet, il sera aussi possible (après quelques petites heures de jeu) de débloquer la possibilité de piquer ce qu’il y a dans les poches des gardes. Des gourdes de vie ou d’ambre (nous en reparlerons), des couteaux de lancers et autres surprises. Sans parler des quelques objets scintillants disséminés à travers les niveaux, qui ne sont que des collectables pour augmenter une durée de vie déjà bien énorme. Ça y est, je vous donne un peu envie ?

Cachez ce Thief que je ne saurais voir

Vous voilà bien coincé entre des gardes, un level-design qui vous a complètement chamboulé et une impasse totale en termes de diversion. C’est là qu’entre en jeu l’ambre, cette douce substance qui vous donne quelques pouvoirs provenant d’un arbre très intéressant dans le scénario du titre. Au début du jeu, ce pouvoir vous permet d’obtenir une vision éclairée des lieux (tout ce qui est important scintille de mille feux), de vous rendre invisible un court moment (salvateur à bien des moments) et surtout, de générer un clone débile de votre propre personne. Ce clone ne vous servira pas à grand-chose d’autre qu’à faire diversion ou activer des leviers, en premier lieu. Mais bientôt, ces pouvoirs seront améliorés…

En effet, lorsque vous terminez une mission vous obtenez des points de compétences à répartir dans toutes vos aptitudes. Ceci vous permettant d’améliorer le silence que vous faites lorsque vous avancez ou tombez de haut, sans parler d’un plus gros stock d’objets dans vos poches. On peut aussi préciser le venue de compétence intéressante comme celle permettant de tuer un ennemi en étant « au dessus de lui ». Bref, il y a de quoi diversifier l’action dans les niveaux plus élevés. Mais surtout, on peut améliorer ces pouvoirs et aller jusqu’à une vision permettant même de voir les objets cachés. Ou bien préférerez-vous améliorer votre clone et lui permettre d’attaquer les ennemis efficacement ? Sincèrement, il y a beaucoup à découvrir dans Styx, tout cela au profit d’un gameplay passionnant.

Il reprend beaucoup à Thief, quelque peu à Dishonored (surtout pour la verticalité de ses niveaux) et globalement, sait se faire intelligent. On peut lancer du sable sur les torches pour passer dans le noir mais attention: les ennemis entendront ou verront la flamme s’éteindre. Tout est important à surveiller dans Styx et c’est tellement mis en avant que forcément, c’est l’intelligence artificielle des ennemis qui pêche. Il ne vous laissent que très peu souvent de possibilités de vous rattraper en cas de bétise mais rapidement, on sait qu’on peut compter sur eux pour ne pas vous repérer à moins d’un mêtre dans certaines situations. Bizarre.

Permissif, mais jouissif

Styx a des défauts d’I.A bien énervants, tant la bétise ou l’intelligence de l’ennemi est imprévisible. Si vous vous faites voir et que l’ennemi est en face de vous, alors vous entrez en mode Combat. Dans ce mode vous devez réussir à parer les attaques ennemies pour le distraire et pouvoir l’assassiner. Évidemment, ça ne fonctionne vraiment que lorsqu’il est seul devant vous ! Sinon, les autres auront vite fait de vous régler votre compte. Sans parler des arbalétriers, les pires ennemis du jeu (après les chevaliers capables de vous terrasser juste en vous touchant) qui n’auront qu’à vous apercevoir pour vous lancer leurs carreaux dans la figure. La vie étant très limitée, sans parler des potions, l’idée de foncer tête baissée est clairement à bannir. Sauf dans certaines configurations de niveau qui s’y prétent… Mais cela reste très rare.

Styx est un bon jeu. Mieux : il est une belle surprise étant donné qu’on s’attendait clairement à un jeu de commande de la part du studio Cyanide qui, mine de rien, progresse énormément. Résultat, on reste un peu béat d’admiration devant les qualités d’un titre à petit prix qui peine à se vendre comme une grande production alors qu’il en a la tunique. Effectivement c’est extrêmement répétitif, c’est un mélange « facile » de tous les bons jeux d’infiltration existants (Thief, Hitman, Dishonored…), mais la verticalité des niveaux est telle qu’on s’y amuse comme un fou. Il faudra clairement aimer jouer les ombres, fuyez si vous êtes un bourrin mais honnêtement, c’est un très bon jeu du genre. Il lui manque juste un peu de finition (surtout point de vue physique des objets et des ennemis) et un vrai travail sur l’I.A qui reste encore très peu réaliste. Mais si vous avez détesté le dernier Thief (à raison), Styx est pour vous !

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

2 pensées sur “Styx : Master of Shadows

  • 07/11/2014 à 19:22
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    Of Orcs and Men a une bonne histoire mais on ne s’y amuse pas beaucoup. Celui ci à l’air d’être bien fun et redresse bien la barre. J’ai lu ici ou là qu’il y avait quelques soucis avec des sauts stressants, ou Styx qui ne s’agrippe pas au rebord, des retours ?
    Merci pour le test. Je le prendrais à Noël quand j’aurais du temps.

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    • Skywilly
      07/11/2014 à 23:02
      Permalink

      C’est assez vrai pour les sauts en effet, mais on “s’habitue” à ces sauts ratés, on apprend à la prend en main pour empêcher le bug, justement.

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