Hatred

Voilà un jeu qui a fait trembler dans les chaumières dès son annonce par le studio indépendant polonais Destructive Creations. Oeuvre de Satan pour certains, outrage aux bonnes moeurs pour d’autres, cela faisait longtemps qu’un jeu n’avait pas fait couler autant d’encre pour du sang et d’après moi, aussi un peu pour du vent.

Un jeu à posséder pour les possédés.

Hatred est un jeu d’action et de tir en vue du dessus. Un peu à la manière d’un Alien Swarm, mais la comparaison s’arrête là. Vous incarnez un homme trop dark de deux mètres qui ressemble fort à l’Undertaker, dont la voix semble indiquer qu’il fume trois paquets de clopes par jour depuis sa plus tendre enfance et qu’il descendait déjà du Bourbon au biberon quand nous en étions encore au lait. Il déteste ses voisins et l’humanité en général et décide de prendre son flingue et ses grosses godasses pour aller nettoyer les rues dans la bonne humeur.

Mon témoignage de victime de ce jeu : “C’est horrible, c’est affreux, j’ai été souillé par ce jeu et chaque minute d’Hatred m’a changé peu à peu en un immonde salaud sans coeur. J’ai progressivement eu des flash en jouant où je voyais ma boulangère que je voulais brûler vive pour son putain de pain congelé, du caissier du tabac qui me refile des briquets pourrav alors que je ne lui ai rien demandé! S’en est trop ! Moi aussi je veux tuer tout le monde en écoutant du metal!”. Voilà, si on écoute les gens sur internet c’est à peu près ce qu’Hatred est supposé me faire si j’y joue, tant son contenu est méchant et empli de violence gratuite que s’en est choquant parce que c’est pas bien.

Et sinon, il est propre ce jeu ?

Ben non il est sale ! En vérité je suis dégoûté : on ne peut pas tuer d’enfants ni de vieux, ni de femmes enceintes ! C’est révoltant, et c’est de la discrimination ! Soyons sérieux cinq minutes, Hatred n’est pas un jeu pour tout le monde, il s’adresse à des gens qui savent faire la part des choses face à une oeuvre de fiction. Évidemment ça n’est pas le cas de tout le monde et on trouvera toujours des gens bien pensant pour trouver telle ou telle oeuvre choquante parce que c’est la mode de penser ainsi, et qui oublient bien vite que par exemple dans un soucis de réalisme on pouvait tuer des enfants dans le premier Fallout et qu’on tue autant de monde dans un GTA. (Mais on te dit que ce n’est pas le but du jeu alors c’est bien).

Vous voilà avertis, ce jeu n’est pas pour tout le monde. Donc si l’idée de meurtre de masse gratuit et sans complexe vous gêne, veuillez vous diriger vers les sorties en direction de mon doigt (je vous laisse choisir lequel).

Orchestré via l’Unreal Engine 4, Hatred est assez soigné niveau graphisme.

Le level design est propre, bien foutu, fourmille de petits détails et de décors destructibles pour notre plus grand bonheur, ça pète bien de partout et le choix du noir et blanc comme couleurs principales fait ressortir de manière très énergique les explosions et autres effusions de sang. La lumière est particulièrement bien gérée je trouve, le jeu reste lisible tout en gardant une atmosphère étouffante et l’impression d’être plongé dans un film d’Oliver Stone : Natural Born Killer.

La Bande son ne m’a pas marqué plus que cela. Franchement, un bon MP3 de votre cru fera l’affaire, afin de : brûler, égorger, poignarder, ventiler, exploser le premier qui passe à votre portée. Car le but du jeu, c’est ça. Vous tuez tout ce qui passe et faites une “exécution” (sorte de Finish Move) qui fera remonter votre vie, et c’est d’ailleurs le seul moyen de vous soigner. Vous aurez des objectifs pour chaque niveau, comme par exemple sauver des poneys, aider mamie à faire ses courses… Mais non je déconne, tranchez la tête du canasson et tuez mamie avec !

On a le droit à trois armes qui peuvent être échangées contre une autre tombée au sol ou honteusement lootée dans un commissariat en feu et la gestion des munitions est très importante. Vous pourrez toutefois gratifier vos victimes d’un très élégant “coup de latte dans ta gueule” en pressant une touche qui mettra au sol la plupart des passants, mais sera inefficace face à la police et à l’armée.

La difficulté est ultra élevée et ce, même en “Facile”

Survivre, passé les 2 premières heures de jeu, peu s’avérer ultra tendu et vous devrez utiliser les décors autant que possible et vos grenades dont le nombre est restreint afin de réussir à vaincre les forces spéciales de la police, lorsque vous aurez été trop méchant avec les gentils civils innocents.

Il convient de noter tout de même que le jeu n’est pas si violent que cela, pas de gore outrancier ni de détail trash, Hatred reste pudique sur bien des points comparé à un Fallout où l’on voit des crânes exploser au ralenti et des tripes voler joyeusement. Je suis un peu déçu.

En résumé Hatred est un jeu bête et méchant qui aurait sans doute fait sourire le Professeur Choron, un excellent défouloir sans cervelle ni autre but que vous divertir si vous n’êtes pas allergique, un pur moment de jeu mais qui ne saurait durer tant la durée de vie dépendra de votre lassitude ce qui je pense ne devrait pas excéder la poignée d’heures.

MarcheMort

Rock ’n’Rôliste sadique d’alignement loyal mauvais, il aime la littérature anglaise et faire rouler les dés et les têtes. Il déteste les arcs en ciel, les poneys et les escaliers en colimaçon. Joueur de jeux vidéo compulsif depuis le règne de Justinien, il a joué en LAN avec Abdul Al Hazred. Il pratique la nécromancie au quotidien et voue un culte à Cthulhu lorsqu’il est en robe de chambre. Pour lui le jeu de rôle est un style de vie et il parle de lui à la troisième personne pour faire croire à ses lecteurs qu’il n’a pas écrit sa bio’ lui-même à quatre heures du matin. Twitter : @Marchemort.

MarcheMort

MarcheMort

Rock ’n’Rôliste sadique d’alignement loyal mauvais, il aime la littérature anglaise et faire rouler les dés et les têtes. Il déteste les arcs en ciel, les poneys et les escaliers en colimaçon. Joueur de jeux vidéo compulsif depuis le règne de Justinien, il a joué en LAN avec Abdul Al Hazred. Il pratique la nécromancie au quotidien et voue un culte à Cthulhu lorsqu’il est en robe de chambre. Pour lui le jeu de rôle est un style de vie et il parle de lui à la troisième personne pour faire croire à ses lecteurs qu’il n’a pas écrit sa bio’ lui-même à quatre heures du matin. Twitter : @Marchemort.

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