Treeker : The Lost Glasses

Avez-vous déjà choisi le plus beau des bonbons dans un paquet pour vous rendre compte ensuite que le goût était acide ou insipide ? Vous savez cette sensation d’avoir été trompé par un joli packaging ? La sensation est la même avec Treeker car sous ses airs de jeux d’énigmes et d’exploration aux graphismes minimalistes agréables, Treeker est en réalité un jeu de plateforme hardcore avant tout.

Beauté indigeste

Oh ! Les beaux îlots ! Oh le joli phare !
Oh ! Les beaux îlots ! Oh le joli phare !

A la recherche des légendaires lunettes ayant permis à plus d’un pirate de s’enrichir vous échouez sur une île et oh! miracle les lunettes sont là. Celles-ci permettent de révéler des objets d’une dimension parallèle en les portant, notamment des plateformes et ainsi d’avancer.

Vous commencez donc gentiment à explorer une île aux couleurs douces et aux formes géométriques harmonieuses. Le jeu est graphiquement magnifique mais tout est gâché par le gameplay…

Après avoir résolu une première énigme toute simple en utilisant les lunettes et la lumière du soleil vous pouvez accéder à une sorte d’ascenseur qui vous transporte dans les airs et là, comment dire, l’horreur commence. Déjà on ne voit pas les pieds du personnage et les sauts requièrent une extrême précision, ensuite il n’est pas possible d’évaluer correctement la distance entre les plateformes si bien qu’on tentera parfois un saut long pour atterrir beaucoup trop loin et inversement et pour finir les contrôles ne permettent pas d’effectuer des sauts millimétrés.

J’ai commencé le jeu à la manette et j’ai du me rabattre sur le combo clavier-souris étant donné que certains phases nécessitaient une extrême rapidité (comment rendre les plateformes encore plus pénibles) et que tourner la caméra au joystick était bien trop lent par rapport à la dextérité que peut offrir une souris.

C'est ici que votre cauchemar commence mais ne vous inquiétez-pas, c'est pire ensuite.
C’est ici que votre cauchemar commence mais ne vous inquiétez-pas, c’est pire ensuite.

Sur une phase aérienne les lunettes permettaient de dissocier les vraies plateformes de celles où vous passerez à travers. Si vous n’avez pas vérifié avant vous êtes bons pour recommencer, normal me direz-vous mais parfois les plateformes “sûres” nous tuent aussi ! Oui parce qu’on a eu le malheur de sauter plutôt que de se laisser tomber dessus… Mais là ce n’est que le début. Vous aurez droit à trois phases du même type qui vous ouvriront la porte de trois mondes tous plus horribles les uns que les autres.

Alors que le monde de la Lune offre enfin quelques énigmes à bases d’objets à retrouver et de musiques à faire correspondre (et encore ce n’était pas très recherché si bien que la difficulté est très mal dosée dans le jeu, on alterne entre énigmes simplistes et plateformes punitives), le monde du Soleil et celui de l’Engrenage ne vous laisseront aucun répit.

Vous sentez ? Ça sent le rage quit là non ?

Vous aurez droit à de longues phases de plateformes sans sauvegardes intermédiaires, bien punitif et bien rageant alors qu’on en demandait qu’à explorer et apprécier le jeu ! Ainsi, après les plateformes mouvantes aériennes on aura droit à des plateformes translucides qu’on ne verra qu’avec les lunettes. Ces lunettes obstruent la vue et les plateformes semblent alors se chevaucher à tel point qu’on ne saura jamais vraiment où sauter, ajoutez à cela un motion blur vomitif et vous aurez une bonne idée de la prise de tête.

Une phase horripilante de plateformes translucides. Ne descendez pas sur l'îlot, la pancarte vous dira que c'est une impasse !
Une phase horripilante de plateformes translucides. Ne descendez pas sur l’îlot, la pancarte vous dira que c’est une impasse !

Rassurez-vous il y a pire ensuite. La prochaine phase consiste en des plateformes translucides (on devra donc porter ces satanées lunettes) et des plateformes qui disparaissent si on reste dessus trop longtemps. Et alors on tombe ? Nooon, on ne tombe pas si la plateforme disparait (enfin “les” plateformes parce que si vous restez trop longtemps sur l’une toutes les autres s’effaceront aussi) mais on est bons pour recommencer en sautant à l’aveugle. Impossible. On recharge la partie, toujours pas de plateformes, on doit donc quitter le jeu et le relancer pour qu’elles réapparaissent ! Du délire.

Et en matière de phases énervantes et punitives Treeker ne manque décidément pas de ressources car vous aurez droit ensuite à des plateformes chronométrées (trois phases de suite sans sauvegarde intermédiaire pour être précise) et à des plateformes minuscules où même vos sauts “courts” seront trop longs…

C’est précisément le genre de jeu hardcore que j’évite comme la peste. Alors oui on peut dire que je manque de skill mais il faut pas exagérer non plus, le jeu aurait simplement pu ajouter des points de sauvegarde et cela m’aurait déjà fait gagner au moins 3h. Pourquoi je l’ai terminé ? Honnêtement je ne sais pas, je dois être maso (quoique sado aussi car tout en mourant vingt fois de suite j’ai longuement eu le temps de penser à quelle manière de tuer les développeurs m’apporterait le plus de satisfaction).

Je suis tellement déçue de ce jeu, rien ne me préparait à passer 80% de mon temps à sauter sur des plateformes et à mourir indéfiniment. Il était tellement joli, j’aurai presque eu envie de lui pardonner les souffrances qu’il m’a infligé mais non, fallait que ça sorte ! D’autant plus que la fin du jeu n’a aucun intérêt, tout ça pour ça.

Kitsune-Musume

Ancienne amasseuse compulsive de jeux boite, j'aime à me perdre désormais sur les terres fertiles de l'indépendant. Gameuse à tendance no-skill/casu/basheuse de la touche X, testeuse de résistance mentale aux low-framerates avec ma vieille (mais fidèle) brouette connectée, j'aime les armes lourdes et badass, les univers immersifs et les scénarios bien ficelés. A l'inverse, j'ai horreur des jumpscares (flipette de catégorie 3), je fuis les collectes poussives de piécettes et je recule devant mes devoirs de rédaction d'une biographie.

Kitsune-Musume

Kitsune-Musume

Ancienne amasseuse compulsive de jeux boite, j'aime à me perdre désormais sur les terres fertiles de l'indépendant. Gameuse à tendance no-skill/casu/basheuse de la touche X, testeuse de résistance mentale aux low-framerates avec ma vieille (mais fidèle) brouette connectée, j'aime les armes lourdes et badass, les univers immersifs et les scénarios bien ficelés. A l'inverse, j'ai horreur des jumpscares (flipette de catégorie 3), je fuis les collectes poussives de piécettes et je recule devant mes devoirs de rédaction d'une biographie.

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