A Hat in Time
Windows mac PlayStation 4 Xbox One

Une petite fille à chapeau qui n’a pas de nom à part se faire appelé « kid » par tout ceux qui oseront la prendre de haut, aura fort à faire dans A Hat in Time, un jeu dont le titre parle de temps alors que hormis les quinze et quelques heures que j’y aurais investi, jamais il ne sera question de voyage dans le temps. Rejoignant la cohorte de jeux de plateformes en 3D à la collectionnite aiguë, il nous embarque dans une aventure qui donne envie de l’adorer autant que l’on pestera sur certaines de ses imperfections. N’est pas Mario qui voudra.



Time is running out

Comme beaucoup d’entre nous, notre héroïne aurait sans doute préféré qu’on ne la réveille pas ce matin-là, alors que la mafia locale d’une petite planète vient réclamer sa taxe pour la laisser poursuivre sa route. Ni une, ni deux, voilà que dans l’altercation, ses sabliers du temps lui servant de carburant vont se voir déversés sur la dite planète. Vous aurez compris la suite, ce scénario étant aussi complexe qu’un Bowser kidnappant une certaine princesse. Ici, les sabliers remplacent les étoiles à ramasser, et les différents chapeaux que notre gamine pourra porter seront autant de Kazooie alternatifs lui offrant diverses compétences pour réussir dans sa quête. Dans sa campagne de financement participatif, A Hat in Time promettait de nous offrir des sensations dignes de ses glorieux ancêtres dont il s’inspire, et dans les grandes lignes, il s’y est tenu. Les références sont aussi nombreuses que plus ou moins subtiles, et même ses musiques se feront presque trop familières dans leur mélodie. Quatre mondes, plus un cinquième articulé uniquement autour du combat contre le boss de fin, seront à parcourir plusieurs fois afin d’en récolter les sabliers nécessaires pour le terminer, auxquelles vont s’ajouter quelques niveaux cachés plus abstraits dans leur représentation. Si comme pour la plupart des jeux du genre, il ne sera pas spécialement nécessaire de tout trouver pour arriver à nos fins, les complétionnistes apprécieront quand même qu’il y ait de quoi faire. De ce côté-là, A Hat in Time est relativement généreux par rapport à sa modeste stature. Nous y sommes amenés à récolter en sus des sabliers, des pelotes de laines pour se confectionner de nouveaux chapeaux, et, de la menue monnaie pour s’acheter des badges qui nous alloueront des pouvoirs supplémentaires, souvent passifs. Au moins, ce n’est pas un jeu pas trop radin en contenu. Le contrat semble respecté de ce côté-là.

La jouabilité est aussi de très bonne qualité. Notre chapelière du temps peut faire un double saut qu’elle peut prolonger d’un plongeon, courir à la verticale sur les murs telle une kunoichi, ou encore faire un salto arrière. Elle est relativement souple dans sa prise en main la rendant souvent très agréable à diriger entre les plateformes les plus simples et les plus compliquées que le jeu aurait à nous offrir. La courbe de difficulté est plus que correcte en étant progressive sans être insurmontable. A Hat in Time ne vous demandera que de récolter un nombre précis de sabliers avant de vous laisser accéder au boss de fin. Il est donc parfaitement possible de se passer de son quatrième monde, qui en étant le moins linéaire de tous, propose aussi parmi les passages les plus difficiles, et parfois frustrants pour différentes raisons. Cependant, ne pas le faire serait dommage. Il y en a donc pour tout le monde, des joueurs les plus casuels aux plus hardcore. Sans en atteindre malheureusement la finition quasi parfaite des jeux Nintendo, A Hat in Time a au moins pour lui d’en respecter le cahier des charges dans sa grande majorité.

Chaque monde traversé peut ainsi devenir aisément une partie de plaisir nous rappelant sans cesse ses inspirations. Celui de la forêt lugubre évoquera sans souci Banjo & Kazooie dans l’esprit et peut-être même Luigi’s Mansion avec son manoir hanté par un fantôme courroucé nous pourchassant. Le second monde prend place dans un studio de cinéma où deux oiseaux se disputeront la victoire pour l’Oscar local, nous partageant entre des niveaux dans une ville habité par une folle fanfare nous collant aux basques, et de l’autre à un remake rigolo du Meurtre de l’Orien Express. Avec ses niveaux plus linéaires et s’articulant autour d’un contexte narratif plus lourd que dans les autres mondes, on lorgne ici dans un style à la Psychonauts, dont l’approche de la plateforme était similaire, en faisant de son gameplay un miroir de ce qu’il essayait de raconter. Le premier monde nous introduisait quant à lui à une petite ville balnéaire qui ne sera pas sans nous évoquer les plages de sable chaud de Super Mario Sunshine, tandis que sa mafia apparaît caricaturale et presque trop innocente dans sa représentation très enfantine. Malgré le charme de ces mondes pris chacun individuellement, dans un ensemble qui est censé former ce jeu ils manquent de cohésion l’un avec l’autre. A Hat in Time souffre du coup de son aspect pot-pourri d’influences. Bien qu’une certaine nostalgie pour ce type de jeu et de leur humour bon enfant joue en sa faveur en ce qui me concerne, il reste en bouche un goût d’inachevé.



Une tête à chapeaux

Sa personnalité se dégage en définitive difficilement. J’en veux pour exemple cette petite fille à moustache dont on fait la rencontre dès le premier monde. Au commencement, notre héroïne semble trouver en elle une amie avant de s’en faire une ennemie en refusant de l’aider dans sa mission pour nettoyer sa ville de la mafia rampante. A l’issue de cet incident, elle disparaît pour ne quasiment plus réapparaître, si ce n’est vers la fin où elle tiendra le rôle de boss final. Ce n’est peut-être qu’un détail dans un jeu de plateformes 3D où le scénario est général le cadet de nos soucis. Excepté que dans son cas, il joue un rôle d’importance pour encrer correctement ses personnages. Il faut dire qu’il n’a pas exactement choisi de partir sur une histoire tenant sur post-it à la Mario (ou presque), mais plutôt de construire un univers qui se voudrait cohérent, ne serait-ce que pour rester crédible, à la Banjo & Kazooie, et plus encore à la Psychonauts. Il en résulte un manque de cohésion comme déjà évoqué plus haut, alors que chaque monde et leur galerie de personnages parviennent difficilement à s’imbriquer dans un tout général pris en dehors de leur environnement. Ce qui n’aurait du être qu’un détail est en vérité important en pouvant empêcher certains joueurs d’entrer entièrement dans son aventure sans se sentir dans une sorte de best of maladroit du jeu de plateformes en 3D. Ce qui est dommage en fin de compte pour un titre réellement charmant et apportant son lot de passages amusants, divertissants et même attachants. Mais pris dans sa globalité, cela fonctionne moins. Il s’agit sans doute d’un manque de maturité pour un univers encore balbutiant ne demandant qu’à éclore.

Je pesterai aussi volontiers contre l’habituelle plaie de ce genre s’exprimant par des caméras imparfaites. Et ce plus spécialement dans les endroits étroits rendant certains passages pratiquement injouables tant la caméra décide souvent dans ces moments-là de partir dans tous les sens. Et quand il s’agit de plateformes pointues et compliquées dans le moulin à grain du quatrième monde, je peux vous assurer qu’il y a de quoi jurer tous les noms d’oiseaux possibles. Ce genre d’exemple est malheureusement communs à ce type de jeux et plus encore ici, étant plus ou moins gênant selon la complexité de la situation. J’aimerai aussi souligner que pour un titre aussi modeste sur le plan de la technique visuelle, il m’est arrivé de souffrir de baisses de performances impossibles à comprendre. Quelques pistes semblent évoquer un bug possible avec l’utilisation d’une manette Xbox. Je n’ai malheureusement pas trouver de solution à ce jour. Graphiquement, A Hat in Time n’est pas désagréable mélangeant la 3D avec un aspect cell-shading. Seulement là encore, la qualité est variable. Autant certains personnages seront bien animés et modélisés, d’autres apparaîtront plus grossiers. Impossible non plus d’évoquer un choix de couleurs parfois criardes qui fonctionnent plus ou moins bien selon les mondes et manquant d’uniformité colorimétrique. Il y a clairement des morceaux de choix qui savent flatter l’œil comme il se doit, tandis que d’autres non. Dans sa globalité, ce n’est pas gênant, mais on en vient à se demander ce qu’il aurait été possible avec plus de temps et de budget. Surtout quand on voit le quatrième monde prenant place dans une chaîne de montagnes pseudo-tibétaines qui s’aménage souvent de magnifiques panoramas.

Pour finir, mon dernier grief ne fait qu’aller en fin de compte dans le même sens que les précédents. Il s’agit des chapeaux. Si les badges sont clairement intéressants à utiliser, les chapeaux le sont moins. Pour être plus précis, une partie d’entre eux ne seront quasiment jamais utilisé. Assez souple dans sa manière de nous laisser gérer son aspect plateforme, A Hat in Time semble avoir assez peu usage de certaines des compétences de notre héroïne. Bien évidemment, ces chapeaux sont tous utiles à un moment donné ou un autre. Sauf que la majorité d’entre eux resteront dans une utilisation contextuelle offrant assez peu de libertés au joueur. Ainsi l’un des chapeaux, qui est plutôt un masque, permet de faire apparaître des plateformes jusque-là sous forme immatérielle. Un autre servira à transformer notre héroïne en bloc de glace lui permettant d’user de tremplins spécialement conçu pour ce pouvoir. Ce n’est en fin de compte pas tellement qu’ils ne servent à rien, c’est qu’ils servent peu. Il peut ainsi devenir fastidieux de passer d’un chapeau à l’autre selon le contexte. Du coup on se limitera souvent à l’utilisation de deux ou trois d’entre eux, sauf si réelle nécessité. Hélas, le dernier chapeau obtenu qui permet à ralentir le temps, ne servira quasiment à rien sauf contre les derniers boss. Obtenu trop tardivement et pas vraiment pris en compte dans le gameplay si ce n’est pour justement ralentir le temps, son utilisation restera très limitée. Un comble pour une héroïne dont c’est censé être le domaine d’expertise.


A Hat in Time malgré son titre ne jouera pas avec le temps ou si peu. C’est un jeu de plateforme en 3D qui rappellera manette en main les ténors du genre comme Mario 64 et cie, sans pour autant prétendre au même niveau de qualité. Il souffre de ses erreurs de jeunesse, d’un univers encore balbutiant, de soucis de caméra et de performances dans certains cas. Ses soucis techniques pourront cependant être corrigés par des mises à jour. Il y a pourtant du bon, voire du très bon dans ce jeu le rendant très sympathique malgré ses imperfections. Bon à savoir, ses généreux développeurs ont prévu de sortir deux nouveaux mondes gratuitement, d’ajouter un mode coopératif (normalement) et la possibilité de créer des mods en intégrant le Steam Workshop (Je n’ai pu trouvé si cela sera aussi le cas sur consoles). A Hat in Time n’est pas parfait, on aimerait pourtant qu’il le soit tant et si bien qu’il sait se faire aimer. Il faut simplement ne pas oublier ses défauts actuels pour apprécier ce qui fonctionne.

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.

Vasquaal

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.

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