Astro Bot Rescue Mission
PlayStation 4

Tiens donc, de la plateforme en VR, et sans vue subjective ; voilà qui est (un peu tristement) original. Des couleurs, de l’inventivité et un réel désir de mettre à profit la réalité virtuelle pour en tirer une expérience renouvelée du genre, Japan Studio nous fait de belles promesses… et les tient.


Les possesseurs de PSVR connaissent sans doute Astro Brot : la petite compilation gratuite de mini-jeux The Playroom VR (excellente vitrine pour la technologie VR au demeurant) proposait de jouer avec le mignon petit robot et de tester divers gameplays et ambiances. Un plateformer était déjà présent, et on ne pouvait se dire qu’une chose en y jouant : si seulement ils en faisaient un vrai jeu !

Japan Studio, la filiale de Sony dévolue au développement de jeux a répondu à ce souhait, et force est de constater qu’Astro Bot Rescue Mission répond largement aux attentes que l’on pouvait nourrir. On retrouve donc le petit robot, qui va devoir parcourir quelques 25 niveaux pour retrouver les membres d’équipage de son vaisseau, et les 5 éléments éparpillés de ce dernier. Un scénario en forme de prétexte pour mettre en place des univers colorés à parcourir le sourire aux lèvres, et à explorer le mieux possible.

Plateforme et exploration

Moss avait frappé un grand coup lors de sa sortie en février 2018 : sa gestion de la plateforme en VR, plaçant le joueur devant un champ du jeu « fixe », avait fait merveille. Astro Bot fait les choses un peu différemment mais réussit tout aussi bien : cette fois, le joueur est placé au cœur des niveaux, et se déplace à mesure qu’Astro avance. Première conséquence : on se retrouve immergé dans ces mondes colorés et mignons, qui trouvent facilement l’équilibre entre simplicité (permettant un affichage globalement lisse) et détail (les textures, l’herbe, les animations, une foule d’éléments égayent l’univers du jeu). Ce placement du joueur au cœur du jeu permet de mettre en place une mécanique d’exploration qui représente sans doute le principal attrait d’Astro Bot : dans chaque niveau, il faut en effet retrouver les 8 membres d’équipage, plus ou moins cachés. Si une bonne moitié d’entre eux n’échappera à personne, une autre moitié nécessite de fouiller un peu partout, que ce soit avec Astro, mais aussi soi-même directement : on regarde en haut, en bas, on se penche sur un côté… Le joueur fait corps avec le jeu naturellement, faisait de l’exploration une évidence agréable. Il faudra d’ailleurs également trouver un caméléon, généralement bien caché dans le niveau, qui permettra de débloquer des défis par la suite (sous forme de courses contre la montre) ; si le jeu est globalement très simple (et donc accessible aux enfants), c’est là l’occasion d’ajouter un peu de challenge.



La VR magnifie donc l’exploration en plongeant le joueur dans un monde charmant, et en utilisant habilement la possibilité de visiter physiquement les lieux. La mise en scène accentue encore l’effet, en plaçant l’action tantôt loin du joueur, en contrebas, tantôt en hauteur ou sur un côté, parfois tout proche (et que c’est mignon !)… Les points de vue changent, renouvellent l’émerveillement constamment. La gestion du déplacement du joueur est également maligne : si, comme on l’a dit, ce dernier se déplace avec Astro lorsque celui-ci avance, il n’est pas possible en revanche de repartir en arrière. Astro peut bien rebrousser chemin, mais la caméra ne le suivra donc pas, et il sera hors de vue s’il revient trop loin sur ses pas. Cela pourrait frustrer, car un oubli oblige alors à recommencer le niveau. Mais ces derniers n’étant pas si longs, ce n’est pas vraiment rédhibitoire. Surtout, cela permet d’éviter des mouvement avant-arrière avec la caméra, propices au motion sickness ou à tout le moins à un certain désagrément. En contraignant la caméra à avancer et uniquement avancer, Japan Studio s’affranchit de ce problème. Jouer à Astro Bot ne s’avère donc jamais éprouvant, et il est vraiment agréable de constater à quel point le jeu a été pensé pour la VR et l’exploite à merveille tout en évitant ses écueils. Tout juste déplorera-t-on une gestion du son pas du tout 3D, qui s’avère gênante lorsqu’on cherche les fameux membres d’équipage : une fois proche d’eux, on peut les entendre appeler à l’aide… mais impossible de se fier à la bande-son pour savoir s’ils sont plutôt devant nous ou derrière. Dommage.

Un gameplay simple mais efficace

Côté gameplay, on fait dans l’efficace : un bouton pour frapper les ennemis, un autre pour sauter, et la possibilité de planer sur quelques encablures en appuyant à nouveau sur le bouton de saut, grâce à une sorte de propulseur contenu dans les pieds du robot. Cette capacité de planeur est intéressante à plus d’un titre : d’abord, la propulsion est matérialisée par des lignes sous les pieds d’Astro, qui le relie au sol. Un ennemi qui croise ces lignes subit des dégâts, ce qui permet déjà de varier les joutes (certains ennemis ne peuvent pas être frappés mais il faudra planer au-dessus d’eux). Surtout, ces lignes permettent d’estimer le point de chute d’Astro quand il aura fini de planer : lorsque le jeu joue avec le relief, lorsqu’on passe d’un point élevé à un contrebas parfois très bas, cette petite aide visuelle permet d’éviter une mauvaise chute due à une erreur d’appréciation de la position 3D du robot. Simple et malin.



En plus de ces capacités basiques, de nombreux niveaux proposent un gadget qui sera utilisé avec le bouton tactile de la manette PS4 et son détecteur de mouvement : un grappin pour créer des ponts de corde, une lance à incendie pour arroser des plantes ou éteindre des flammes, ou encore des shurikens qui permettront de couper certains éléments, voire de créer des plateformes en les plantant aux endroits adéquats. Tout cela est très bien utilisé (et exploite donc fort bien la manette PS4), dans des niveaux inventifs qui renouvellement le jeu et ne cessent de ravir le joueur. Les boss ne sont pas en reste : si, à l’image du jeu, ils ne constituent pas un défi très relevé (à l’exception du boss de fin, plus retors), ils présentent tout de même des affrontements originaux et la VR est là aussi mise à contribution pour les rendre impressionnants. A la limite, on pourra éventuellement regretter un character design pas très inspiré pour ces derniers, mais c’est vraiment aller chercher la petite bête.

On l’attendait depuis The Playroom VR, et on n’est pas déçu ! Astro Bot Rescue Mission est une merveille de jeu de plateforme, qui prouve, comme Moss il y a quelques mois, que la VR a beaucoup à apporter au genre. Accessible pour les enfants, enchanteur pour tous par son univers et son intelligence en termes d’exploitation de la réalité virtuelle, le jeu de Japan Studio est tout simplement un must have pour les possesseurs de PSVR.

Mwarf

Mwarf est chef de projet (dans l'informatique) et travaille à Paris. Il s'intéresse beaucoup au cinéma et au jeu vidéo, adore Kubrick, Quentin Dupieux, le duo Iguchi/Nishimura (il est éclectique), et toute sorte de jeux indés innovants. ll aime aussi le metal (et l'indus en particulier), et peut écouter Nine Inch Nails, KMFDM ou encore Tool toute la journée. Ho, et il aime particulièrement écrire pour partager ses découvertes.

Mwarf

Mwarf

Mwarf est chef de projet (dans l'informatique) et travaille à Paris. Il s'intéresse beaucoup au cinéma et au jeu vidéo, adore Kubrick, Quentin Dupieux, le duo Iguchi/Nishimura (il est éclectique), et toute sorte de jeux indés innovants. ll aime aussi le metal (et l'indus en particulier), et peut écouter Nine Inch Nails, KMFDM ou encore Tool toute la journée. Ho, et il aime particulièrement écrire pour partager ses découvertes.

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