Onimusha: Warlords

Onimusha: Warlords

L’année 2019 signe le retour du trio infernal de Capcom, du nouveau Devil May Cry au remaster d’Onimusha : Warlords qui nous intéresse aujourd’hui, en passant par le remake de Resident Evil 2. Si l’originalité n’est pas au menu ce soir, au moins elle sera familière et en haute définition.



Un coup de peinture et c’est reparti

Le premier des Onimusha était un projet le cul coincé entre deux chaises, son développement ayant commencé en prévision d’une sortie sur la première des Playstation avant de se voir entièrement dédié à sa petite sœur plus puissante. Il en portera au final certains stigmates propre à la première console de Sony et de sa 3D tremblotante. Il doit avant tout son existence aux équipes de Capcom alors désireuses d’en faire un Resident Evil à la période Sengoku dont il reprendra les grandes lignes. Autre anecdote amusante, Devil May Cry doit à son tour partie ou totalité de son existence à un bug d’Onimusha durant lequel ses ennemis restaient en l’air, inspirant le style de combat aérien de Dante. La boucle fut ainsi bouclée.

Onimusha : Warlords fut aussi le premier jeu de la Playstation 2 à franchir la barre du million de copies vendues, pérennisant la future série culte sur un total de six jeux dont deux spin-off. Mais depuis sa sortie, 17 années se sont écoulées, alors que peut-il bien rester de ce morceau important de l’histoire du jeu vidéo ? Un remaster dans un premier temps qui respire la facilité sinon la qualité. Reprenant la technologie des premiers Resident Evil, Onimusha se meut en 3D dans des décors en 2D. Le passage en haute définition ne permet donc aucun miracle. Les décors en 2D sont ainsi upscalés pour ne pas trop jurer sur nos écrans en 1080p et au-delà. Le résultat reste suffisamment convaincant dans l’ensemble même s’il ne cachera pas son âge dès les premiers instants.

Assez remarquablement par contre, les animations, même faciales, tiennent encore la distance, et ce sans doute grâce à la motion capture utilisée pour leur réalisation. Je me rappelle encore que la série des Onimusha avait entre autres fait parler d’elle pour avoir eu recours à de célèbres acteurs japonais pour personnifier ses protagonistes principaux. On se souviendra plus localement de la présence de Jean Reno dans le troisième volet. La 3D elle aussi parvient à se maintenir grâce à un très bon antialiasing et une fluidité générale du jeu grâce à un soixante images par seconde cependant bloqué. Le menu des options se fait par contre pingre vu qu’il ne permet que de choisir la résolution et le mode d’affichage. Ce dernier par ailleurs coince avec le ratio en 21:9, vu que sur ce dernier en plein écran, le jeu est étiré sans mettre des bandes noires de chaque côté, forçant à y jouer en mode fenêtré comme ce fut mon cas.

Il existe en plus du ratio 4:3 d’origine, un 16:9 certes plus moderne, mais dans ce cas, il est construit autour de recadrages et de vues zoomées pour le simuler. Dans l’ensemble, il fonctionne, mais les puristes préféreront sans doute jouer en 4:3. Les doublages sont disponibles en anglais et en japonais. Je ne saurai que recommander ce dernier pour un jeu d’acteur plus convaincant. Pour sourire, choisissez les voix anglaises pour un côté plus kitsch.



C’est dans les vieux pots que l’on fait les vieilles confitures

Samanosuke, le protagoniste principal et samouraï de son état, peut être désormais dirigé avec le stick analogique nous épargnant les mouvements assez lourds de l’original et de sa croix directionnelle trop rigide. Kaede, sa comparse kunoichi, sera jouable à deux occasions en offrant un changement de rythme appréciable. Nettement moins bien équipée que Samanosuke et ses épées magiques, elle devra utiliser son agilité pour éviter les ennemis plutôt que de les affronter. Il faut se dire que nos deux héros sont plus rapides et souples – surtout avec l’analogique – que les membres des S.T.A.R.S.

Ainsi comme chez son aîné de Raccoon City, mais cette fois-ci dans un château médiéval japonais plutôt que dans un manoir de contes d’horreur, il y aura des puzzles à résoudre, des clés à trouver, des pièges en veux-tu, en voilà, et des monstres un peu partout. On retrouve par ailleur le même système d’herbes de soin. Nos deux héros bougent contre toutes attentes avec une certaine aisance, l’analogique aidant bien. Onimusha est donc resté malgré le poids des années un hack and slash compétent qui surprend à être toujours aussi divertissant. Malgré tout, il est difficile de ne pas se sentir limité de nos jours par sa simplicité et une certaine redondance de son système de combat, après que d’autres titres aient porté le genre sur des hauteurs plus sophistiquées tels que Nioh ou la série des Dark Souls, et peut-être le Sekiro de From Software qui lui a un air de ressemblance. Le plus embêtant étant ce choix de rester sur un système de caméras fixes qui dans un jeu plus dynamique comme celui-ci, rend l’action par moment difficilement appréciable avec de constants changements de caméras quand on passe d’un endroit à l’autre, sans parler des ennemis nous attanquant hors champ.

D’ailleurs, c’est beaucoup plus le second Onimusha qui essayera d’innover en introduisant des éléments de jeux de rôle, tandis que Warlords devra plutôt être vu surtout comme la volonté de ses développeurs de changer d’air après trois Resident Evil aux Etats-Unis, et ce sans pour autant chercher à révolutionner leur recette habituelle, ce qu’il ne fait absolument pas. L’histoire elle-même ne brillera pas non plus par sa profondeur en ayant un ton très série B. Ici Oda Nobunaga est présenté dans un premier temps comme étant le grand méchant de l’histoire en ayant signé un pacte avec les démons pour obtenir un pouvoir allant au-delà de celui des mortels. Or on ne le voit que dans les cinématiques d’ouverture et de fin. Il n’est même pas le boss final (il faudra attendre les volets suivants pour cela). Les différents protagonistes apparaissent malheureusement un peu creux sans nous laisser d’impact particulier du fait de leur développement assez léger.


Voilà donc un remaster un peu maigre qui se contente du minimum syndical, ce qui était à prévoir sur un jeu vieux de presque vingt ans et limité par sa réalisation technique d’origine. Il a au moins le mérite de tourner parfaitement en en faisant la version ultime de Onimusha: Warlords. Ce dernier reste un jeu intéressant même si aujourd’hui ses faiblesses de gameplay et de narration n’en sont que plus apparentes. Reste derrière un hack & slash d’horreur qui ne fait pas vraiment peur et qui aura inexorablement vieilli sur bien des points, mais dont la jouabilité au stick analogique et un système de combat encore compétent, ne le rendent pour autant pas complètement obsolète et toujours agréable à (re)découvrir. Il aurait été néammoins plus intéressant de retrouver tous les Onimusha dans une compilation que celui-ci tout seul.

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