Critique

Edgar - Bokbok in Boulzac

D√©veloppeur : La poule Noire¬†– Date de Sortie : 26 f√©vrier 2020 – Prix : 15,99 ‚ā¨

D√©couvert au festival des jeux d’Angoul√™me, Edgar – Bokbok in Boulzac est un jeu d’aventure qui a eu la bonne id√©e d’√™tre jouable √† la manette. C’est ainsi du fin fond de mon canap√©, lui-m√™me au fin fond de ma campagne bourguignonne, que j’ai pu guider Edgar dans son p√©riple √† la ville.

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Salut ma poule !

Edgar est un homme simple, il vit paisiblement dans une cabane √©loign√©e de la ville, en compagnie de sa poulette, et passe son temps √† faire pousser des courges.¬† La courge c’est en effet un l√©gume fantastique qui se conserve sans soucis m√™me longtemps apr√®s avoir √©t√© r√©colt√©. Id√©al en gratin, en soupe, ou… Bref les courges c’est bon, mangez-en !

Mais voil√† Edgar n’est pas le seul √† raffoler des courges, les mouchilions aussi. Cet insecte mi-mouche, mi-lion raffole en effet du fameux l√©gume et la machine qu’Edgar utilise pour les repousser en en panne. L’orage a an√©anti le morceau de Razidium servant de base au syst√®me. Edgar part donc “en ville” pour en trouver, r√©parer sa machine, sauver sa r√©colte et ainsi manger de la bonne soupe. La suite de l’histoire r√©v√®lera de sombres ph√©nom√®nes sur le fameux village de Boulzac et son √©trange pass√©.

On s’attache tr√®s vite au personnage d’Edgar, un peu niais, mais aussi brute de d√©coffrage, il est attendrissant (et souvent dr√īle) par ses r√©actions et ses r√©pliques. Les autres habitants du village sont eux aussi bien travaill√©s et l’on prend plaisir √† les d√©couvrir un par un au fil de l’aventure. On y retrouve bien s√Ľr tous les arch√©types de la vie d’un petit village fran√ßais, de la vieille dame au chat, au p√™cheur alcoolique (fan de vieux rouge qui t√Ęche plus que de bi√®re), en passant par le patron de PMU rigolo. La touche franchouillarde donne un charme ind√©niable √† cet univers, et l’on sourit jusqu’aux oreilles lorsqu’Edgar cherche avec insistance en hurlant la d√©nomm√©e MICHEEEELLLLEEEE ! On imagine sans soucis le ton sur lequel notre h√©ros le cri en traversant le village. Pour des sensations encore plus authentiques, vous pouvez, tout comme moi, lire √† haute voix les r√©pliques d’Edgar avec votre plus bel accent morvandiau (du Morvan donc, la plus belle campagne de France, vous ne connaissez pas ?).

Les graphismes color√©s (qui ne seront pas sans rappeler l’√Ęge d’or du jeu d’aventure), et la musique ambiance village fran√ßais, ajoutent une surcouche de fraicheur √† cet univers au lore bien construit. La qualit√© graphique et sonore est au rendez-vous, pour habiller une √©criture et une narration elles aussi bien finis.

Sa meilleure amie pondait quelque part

Les √©nigmes du jeu sont tr√®s abordables et ne posent pas de v√©ritables difficult√©s. Le village n’√©tant pas tr√®s grand, on s’y retrouve assez rapidement, d’autant plus que certaines zones deviennent inaccessibles une fois inutile. Le nombre d’objets et de personnages est lui aussi assez restreint pour une exploration qui soit int√©ressante sans √™tre r√©barbative.

Si la premi√®re partie du jeu prend vraiment son temps pour planter le d√©cor avec des qu√™tes bien ficel√©s, la fin est quant √† elle trop exp√©di√©e et bien moins int√©ressante. L’une des premi√®res √©nigme demande par exemple de combiner 3 objets diff√©rents (et pas forc√©ment facile √† se procurer) pour se d√©verrouiller, tandis que la qu√™te principale se r√©sout avec des objets r√©cup√©r√©s avec une facilit√© d√©concertante. J’ai d’abord cru que je devais utiliser ceux-ci pour obtenir des √©l√©ments plus importants, alors qu’il me suffisait de foncer √† la zone de l’√©nigme finale pour terminer l’histoire. J’avoue √™tre rest√© sur ma faim pour toute cette seconde partie.

Mention spéciale à la toute dernière phase. Si celle-ci est originale par rapport au genre du jeu, on se demande un peu ce que cela vient faire là. Vraie fausse bonne idée ou vulgaire remplissage de fin de jeu, la question reste malheureusement entière et donne une dernière impression du jeu pas forcément positive, ni très représentative du titre.

Jeu d'aventure à l'univers et l'humour passionnant, Edgar - Bokbok in Boulzac pêche malheureusement par une progression bien moins intéressante. D'une qualité décroissante au fil des quelques petites heures de l'aventure, on en retiendra surtout la première partie vraiment rafraichissante avec des énigmes bien ficelées et un univers riche. Le reste du jeu, sans être désagréable, se reposant un peu sur ses lauriers et filant en ligne un peu trop droite se terminer sur une aventure qu'on aurait voulu voir durer encore, avec d'autres belles quêtes, comme le jeu a su nous en proposer au départ.

Chezmoa

Chezmoa

Tous mes articles pour GSS sont sous licence Beerware.

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