Critique

The longing

Développeur : Studio Seufz– Éditeur : Application System Heidelberg – Date de Sortie : 05 Mars 2020 – Prix : 14.99 €

Il y a des jeux, ou tout du moins des expériences vidéoludique, qui vous tapent dans l’œil au premier regard, où vous savez qu’un jeu, quelle que soit sa qualité, doit être joué, vécu et narré. The Longing a provoqué exactement cette envie, tout cela grâce à un trailer d’une durée de 4h. Oui madame, ou monsieur, quatre longues heures hypnotiques de rien. Et vous savez quoi : c’est trop bien.

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Mon temps pour un royaume

Le Royaume est dans la panade. Le roi de celui-ci, dans un dernier élan de force, a créé un shade (vous, la petite bestiole humanoïde noire aux yeux jaunes) et vous confie deux missions ainsi qu’une restriction. Sa première mission sera de réveiller le roi après 400 jours de sommeil, soit une bonne grosse sieste. Sa seconde mission consistera à veiller sur le royaume souterrain pendant qu’il ronfle récupère. Enfin, le shade n’aura pas le droit de sortir du réseau souterrain.

À ce moment-là, le chronomètre est déclenché et votre aventure de souverain par intérim débute. Et vous vous attendez à gérer tout un royaume de fidèle féodaux, y gérer l’économie ainsi que les envies de bagarres de vos voisins frontaliers qui profiterait du sommeil de votre bon roi pour vous envahir ? Eh bien désolé de vous décevoir mais il n’en sera rien. Dans votre royaume, il n’y aura personne, pas de voisin avec qui se bagarrer, ni de champs à récolter. Votre objectif ici sera d’attendre que les quatre cents jours passent. Et on parle de quatre cents vrais jours !

Parmi les activités que vous propose le jeu, vous pourrez vous balader dans les grottes et dessiner, faire de la musique (une fois l’ensemble des parties du saxophone réunies), dessiner, lire (on y trouve notamment l’intégrale de Moby Dick) et piocher.

Expérience solitaire

Pendant les quatre cents jours que durent le jeu, l’exploration complète ne sera pas possible, certains passages étant bloqués. Il faudra attendre que des jours / semaines passent pour que ces chemins soient accessibles (comme un trou qui sera bouché par une stalactite qui tombera d’elle-même après 15 jours). Ainsi, la progression et la découverte sera hachée permettant au joueur de découvrir peu à peu les grottes, et au passage le forcer à revenir pour y avoir toujours quelque chose de différent à y faire.

Évidemment, cela n’est pas suffisant car les grottes ne sont pas si étendues que cela. Quelques objectifs supplémentaires viendront ponctuer ce voyage plein de patience, en trouvant du matériel pour améliorer le confort de votre chez-soi, en construisant un lit, un bain, en dessinant ou en jouant de la musique. Au fil du temps, vous tomberez sur des endroits mystérieux, vous dévoilant de petites bribes de lore, mais rien de folichon. Ce qui vous fait revenir, c’est bien votre avatar. Bien plus facile à gérer qu’un Tamagochi, étant donné qu’il ne dort pas, ne se nourrit pas, ne se fatigue pas, ni ne tombe malade. Par contre il sait vous tenir par les sentiments. Laissez-le inactif pendant plusieurs secondes, faites le bouger et il vous lâchera des punchlines qui viendront briser votre gros cœur impénétrable. Évidemment le jeu met en avant d’autres aspects de la vie, notamment quant à l’ennui et surtout au rythme de vie que l’on mène et celui auquel on est esclave.

Vraie expérience interactive, The Longing vous fera subir la lourdeur du temps et demandera de faire preuve de patience. Est-ce que ce dernier propose suffisamment de contenu pour tenir les quatre cents jours de l'aventure ? Aucune idée. Par contre, alors qu'il me reste encore 254 jours avant le grand réveil, je continue de relancer le jeu, en le picorant (pour avoir toujours un petit quelque chose à faire et à découvrir) et à narrer mes aventures sur ce thread (attention, ça spoil sévère), en attente d'un final que l'on espère à la hauteur de l'aventure globale.

Crim

Crim

Intégriste gaucher depuis 1983. Les cailloux: GOTY des armes depuis 2013.

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