Rapide Critique

Infliction

Développeur / Éditeur : Caustic Reality 
Date de Sortie : 18 octobre 2018 – Prix : 17,99 €

Infliction est le premier jeu du studio australien Caustic Reality, studio d’un seul homme, Clinton McCleary. Il s’agit d’un jeu d’horreur à la première personne dans lequel vous incarnez un homme qui retourne chez soi afin de retrouver des billets d’avion que sa femme a oubliés, ce qui la contraint à être bloquée à l’aéroport.

Infliction s’ouvre sur une citation du nécronomicon, ouvrage fictif présent dans l’oeuvre littéraire du romancier d’épouvante Howard Phillips Lovecraft ; citation qui se ponctue par “Les esprits vengeurs sont nés d’un meurtre violent.” Le ton est donné.

Dans un premier temps, vous allez découvrir la grande maison de notre couple, maison qui serait parfaitement accueillante en temps normal sauf que vous la parcourez de nuit et un malaise est omniprésent. Par-delà les chambres pleines de vie, la grande cuisine et les salles home-cinéma tout à fait mondaines, des touches d’horreur et d’onirisme pointent leur bout de nez ; comme en témoignent ces livres sur la spiritualité, certaines pièces décorées avec des masques qui suscitent l’effroi et les innombrables films d’horreur présents sur les étagères.

En parcourant la maison, vous allez en apprendre plus sur cette famille, ses petites joies, ses craintes et son quotidien. L’arrivée récente d’un bébé au sein de la famille rend votre épouse très heureuse, et tous les ingrédients d’une famille épanouie sont présentes. La narration du jeu passe principalement par des notes écrites et doublées par votre femme et quelques objets comme des journaux audio ainsi qu’un narrateur qui se manifeste ponctuellement par téléphone.

Les mécaniques de jeu sont simples, vous explorez les niveaux avec les touches directionnelles, une touche vous permet de vous accroupir et une autre permet de zoomer. Vous allez également récupérer un appareil photo polaroid qui, en prenant une photo, vous permettra d’obtenir des indices pour la suite de votre progression.

Le principal intérêt du jeu est sa narration. Comme dit précédemment, la découverte de la maison, en apparence tranquille dans un premier temps, n’est que la première couche narrative de l’histoire de notre couple et de leurs enfants. En effet, sous ses airs de famille épanouie se cache un malaise plus profond. Les différentes pièces de la maison ne présentent aucune grande surprise, si ce n’est les quelques éléments horrifiques précédemment cités, et la découverte de la dernière chambre située à l’étage sera celle qui enclenchera véritablement la narration. Vous y trouverez un tableau que votre épouse a peint représentant un visage hurlant, et le basculement vers l’envers du décor aura lieu. Dès lors que vous concentrerez votre attention sur ce tableau, le jeu prendra une dimension surnaturelle dans laquelle un esprit vengeur viendra s’en prendre à vous ; esprit qui n’est autre que celui de votre épouse que vous avez assassinée.

La suite de l’aventure est alors une plongée dans la psyché de notre protagoniste, dans laquelle vous allez revisiter tous les moments et lieux clés depuis le meurtre de votre épouse, représentant une véritable descente aux enfers. L’histoire est au final assez classique dans sa forme ainsi que dans son traitement, son level design dirigiste et son gameplay simpliste ne suscitent guère d’enthousiasme. La peur suscitée par le jeu est également faiblarde, car seulement ponctuée par les apparitions du spectre de votre épouse ainsi que d’un boucher qu’il vous faudra éviter par la discrétion. Les quelques décors sont joliment rendus avec le moteur Unreal Engine et le sound design fait son effet.

Avec sa durée de vie de deux heures, Infliction vous occupera le temps d’une soirée, dont les traces s’évaporeront dès le jeu éteint.

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Browarr

Browarr

Né dans un entrepôt rempli de PC, il a depuis développé une attirance pour les sagas Fallout, STALKER, Quake et Alexandra Ledermann. Vous le trouverez rarement dehors, trop occupé à faire du rocket jump tout en sirotant un Dr Pepper. "Jamais sans mon Canard PC".

D'autres Critiques

Laisser un commentaire