Rapide Critique

A Monster’s Expedition

Développeur / Éditeur : Draknek & Friends
Date de Sortie : 10 septembre 2020 – Prix : 17 €

Déjà très connu pour son Sokobond ayant fait sa petite impression en 2014, Draknek (et ses ami.es) a surtout marqué le jeu indépendant avec l’excellent A Good Snowman is Hard to Build.  Entre temps, Cosmic Express est sorti, bien décidé à changer la perspective de jeu… Mais l’histoire de cet étrange être ayant déjà modelé beaucoup de bonhommes de neige en votre compagnie semble avoir le droit à une suite spirituelle avec ce A Monster’s Expedition que l’on n’attendait clairement pas aussi généreux !

Déjà étonnant en preview, A Monster’s Expedition s’affirme rapidement artistiquement parlant. Couleurs vives et ambiance apaisante seront deux des raisons qui vous feront vous sentir bien dans cette aventure pleine de réflexion. Votre personnage doit donc relier des îles entre elles pour atteindre un bout de carte où l’attend un Ferry qui lui permettra de terminer son aventure (en tous les cas, pour le joueur).

Pour permettre d’atteindre les différentes iles, un postulat de base très simple est proposé : il vous est possible de frapper les arbres pour les faire tomber sous forme de rondin. Ensuite, il va falloir les pousser ou les faire rouler, en fonction de leur position. Mais l’explication va s’arrêter là : non pas que A Monster’s Expedition manque de mécaniques de jeu, bien au contraire, mais parce qu’il va réussir à vous les faire découvrir et vous apprendre à vous servir de votre environnement et de ces rondins de bois d’une bonne dizaine de façons… sans jamais une seule ligne de texte.

Malin à n’en plus finir tout au long de la dizaine d’heures de jeu nécessaire pour arriver au bateau de fin (comptez le double si vous voulez finir le jeu à 100% et trouver tous les secrets), A Monster’s Expedition n’a qu’un seul petit défaut inhérent à sa durée de vie : on peut rapidement se sentir perdu sur une île bien trop difficile à cause de son monde un peu libre et de la possibilité d’être en terrain « secret » où la réponse à l’énigme est plus complexe que dans votre progression naturelle. C’est quelque chose qui n’était pas dans le très court « A Good Snowman » et qu’il va falloir apprivoiser ici. La règle d’or est donc l’habituel conseil de darons : « lâchez la manette, allez prendre un peu l’air, et revenez ensuite ou après une bonne nuit de sommeil ». Et parce que le jeu est si bien fait, tout va vite se déverrouiller avec un naturel déconcertant.

A Monster’s Expedition a le chic pour vous faire paraĂ®tre aussi intelligent que son Level Design l’est. Au final, qui des deux sublime le mieux l’expĂ©rience ? C’est sans doute un tout, un de ces titres un peu parfaits qui partent Ă  l’aventure avec le joueur en ne le prenant jamais pour plus bĂŞte qu’il ne peut l’être. Avec sa fonction de retour en arrière sur plus d’une centaine de pas, la possibilitĂ© de “rebooter” l’Ă®le d’une simple touche et ses sauvegardes rapides très nombreuses et archivĂ©es pour retrouver la moindre trace de sa progression, le jeu ne laisse rien au hasard et permet au joueur de vivre l’aventure sans contraintes.

Une aventure paisible et complexe, qui nous transporte dans un monde si beau qu’on ne voit pas le temps passer. Le temps d’un café, d’une petite pause au bord de l’eau ou tout simplement, de quelques secondes de contemplation servies par de vraies brises musicales à la fois guides et câlines. Un vrai beau jeu, au level-design de génie.

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Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

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