Rapide Critique

Windbound

Développeur : 5 Lives Studios – Éditeur : Deep Silver
Date de Sortie : 28 Août 2020 – Prix : 29,99 €

Windbound a fait parler de lui sur les réseaux de par son apparence similaire avec un certain Breath of the Wild. Il serait plus judicieux de le comparer à Wind Waker puisque son héroïne Kara préfère les bateaux aux chevaux. Dans Windbound, nous sommes, comme son titre l’indique, liés par le vent, et dans son cas le vent qui vient gonfler la voile des bateaux. Son monde ouvert se constitue d’archipels générés aléatoirement à chaque nouvelle partie ou après chaque mort, puisque de survie il s’agira avec les conséquences arbitraires habituelles du genre.

Heureusement, il existe deux modes, un appelé survie, intransigeant avec le trépas qui vous fera redémarrer de zéro à chaque fois au tout début du jeu et ce sans aucune cérémonie. Un autre un chouïa plus souple, appelé mode histoire, ne vous fera recommencer qu’en début de chapitre – Windbound étant découpé en chapitres – sans vous ôter toute forme de progression comme les attributs, armes ou outils dits des anciens. Ce peuple d’antan disparu sera d’ailleurs au cœur de l’histoire du jeu ainsi que la motivation derrière laquelle son héroïne avance.

Survie oblige, il va falloir ramer littéralement et figurativement d’une île à l’autre pour ramasser quantité de ressources nécessaires au craft pour se confectionner outils, armes et de la nourriture consommable sans se rendre malade. Il faudra ramer également pour activer trois tours à chaque nouveau chapitre, qui une fois fonctionnelles viendront à leur tour ouvrir l’accès à un portail vers un autre monde. Ce dernier emmène vers une réalité alternative dans laquelle nous sera contée l’histoire des dits anciens accompagnée d’un périple poético-mystique dans une mer agitée en ligne droite.

La formule de Windbound semble rodée tout autant qu’elle est répétitive et sans grande surprise. Chaque chapitre se joue sur le même modèle, à remplir les mêmes objectifs avec pour seule variété des îles plus grandes ou différentes, de nouvelles créatures sauvages à affronter, de nouveaux dangers rendant l’expérience plus difficile. Pour autant, la génération aléatoire de ses îles laisse plutôt l’impression de parcourir des environnements génériques et sans âme plutôt que des lieux uniques et mémorables manquant de se renouveler suffisamment. 

Son gameplay reposant sur des mécaniques de survie et de craft déjà vues et revues font également de Windbound un jeu à l’ennui latent ratant le coche avec l’aventure sans procurer de réel plaisir à explorer son monde à l’opposé d’un certain Zelda. La manière de sauter de Kara est par ailleurs rédhibitoire, cette dernière étant rigide et imprécise au possible. Heureusement, la plateforme n’est pas un élément de gameplay primordial, étant rarement utilisé. Elle ne peut non plus grimper avec aisance sur certains rochers. Je chipote sans doute, mais la similitude d’extérieur entre Windbound et Breath of the Wild font que la comparaison inévitable entre les deux ne jouera pas en faveur du premier.

Il est par exemple frustrant que ce jeu n’offre pas une ergonomie et une jouabilité aussi bien pensée et amusante que celle du titre de Nintendo pourtant sorti il y a déjà quelques années et semble au contraire vieillotte dans son approche. Le craft apporte peu en termes d’amusement et apparaît plus ennuyeux qu’autre chose, avec notamment une héroïne qui souffre de faim régulièrement. Il s’agit à mon sens plus d’une tentative de rallonger la durée de vie en rendant la difficulté artificiellement plus élevée, sachant que récupérer des ressources peut prendre parfois pas mal de temps, alors que ses objectifs sont assez simplistes : ils consistent à simplement grimper trois tours pour activer un switch.

Si le jeu est joli, ses animations sont trop rigides et trahissent trop vite un système de combat assez bateau sans véritable subtilité, reposant principalement sur deux actions : frapper et esquiver sans que sa variété d’armes restreinte n’y apporte la moindre complexité supplémentaire. Les armes de jet reposent qui plus est sur une visée curieuse et toute sauf intuitive. Son histoire pourtant mise en avant comme importante, faillit à nous passionner en restant trop cryptique.

Combat, exploration et challenge sont au coeur de Windbound, mais il lui manque un certain raffinement et une richesse pour lui permettre d’aller au-delà de l’ennui d’un jeu dont on aura vite fait le tour par manque d’originalité ou de finitions. Dommage, car sa gestion de la physique du vent rendait la navigation intéressante.

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Vasquaal

Vasquaal

Laisser un commentaire