Rapide Critique

Monster Prom 2 : Monster Camp

Développeur / Éditeur : Beautiful Glitch
Date de Sortie : 23 octobre 2020 – Prix : 12 €

En 2018, Monster Prom avait mis une bonne dose de mordant dans le petit monde du visual novel. Pour sa suite, l’équipe barcelonaise de Beautiful Glitch est repassée par la case Kickstarter qui leur avait porté bonne fortune et qui confirme la synergie avec une communauté passionnée qu’apporte une telle plate-forme : 530 000 € ! Avec cette somme, Monster Prom 2 ne sera pas un jeu, mais trois ou quatre, et la première partie, intitulée Monster Camp, reprend la même formule. Les suites à venir proposeront un gameplay qui s’en écartera ; elles seront vraisemblablement proposées à l’achat séparément.

Monster Prom était un mélange de dating sim burlesque et de party game ; le but, pastichant tous les codes du genre, était d’emmener au bal de fin d’année votre élu(e), à un détail près : tou(te)s les adolescent(e)s sont des monstres ! Hipster vampire, fantôme hédoniste, convent de sorcières, loup-garou gaillard… Chaque événement était ainsi constitué d’une saynète comique tordue, retournée et exploitée pour en épuiser tout le potentiel à l’aide d’un humour très acide et épicé qui met en scène des lycéen(e)s dont les hobbys consistent à massacrer, arnaquer et autres vilénies (ce sont des monstres !). Quitte à faire vibrer au passage les ondes les plus méta ou moins inspirées : on n’hésite pas à citer d’authentiques marques commerciales qui tombent un peu dans la soupe de cet univers fantaisiste. Les résolutions proposées dépendent alors des points de compétence dont on dispose dans les catégories concernées : par exemple, on peut choisir entre une réponse « creative » et une réponse « charm »; il vaut mieux choisir là où l’on est le plus fort, car tout le sel et le challenge consiste à vous retirer des points de compétence en cas de mauvaise réponse ! A la fin de la partie, votre nombre de points dans les catégories idoines et l’état de votre relation détermine votre succès ou non.

Le jeu comportait aussi un aspect party game : jouable en ligne ou en local jusqu’à quatre joueurs, les quelques crasses qu’il permet aimablement de faire à l’adversaire ne sont, au fond, qu’un prétexte à mieux rire ensemble des blagues du jeu – car l’on est plus de fous. Dans tous les cas, les parties ne durent guère plus d’une heure et invitent à en relancer une pour tenter de nouvelles choses !

Le tout se faisait en admirant les visuels extrêmement engageants d’Arthur Tien, et au son pêchu – et rare dans les jeux vidéo – de l’album de surf rock The Incredible Crocotiger du groupe expérimental russe Messer Schups.

Pourquoi vous ai-je ainsi décrit par le menu le premier jeu ? D’abord parce que GSS ne l’avait pas testé, ce qui me permet de faire d’une pierre deux coups. Ensuite parce que Monster Camp est tout simplement rigoureusement la même chose. En un peu moins riche : moins de PNJ, exit les romances cachées. Le plus gros changement est le cadre du jeu, adieu la fac et vive les excursions dans les bois, les baignades dans le lac (en exterminant au passage quelques royaumes sous-marins ?) et les joutes dans l’arène en attendant la Nuit des étoiles filantes. Certains personnages de Monster Prom, cibles romantiques ou non, sont de retour (dont Damien le démon), d’autres sont des nouveaux, comme Calculester le robot.

Le principal à-côté est un minijeu de boisson : comme dans Fort Boyard, on peut choisir l’épreuve d’adresse ou l’épreuve de chance, et se retrouver avec une des boissons-bonus aux effets aussi imprévisibles que pimentés. Côté musique, le son rock est toujours présent, assuré à présent par Claudi Martinez, et le style graphique n’a pas changé, bien que le nombre de planches à dessin ait augmenté.

Des options permettent de désactiver les côtés les plus trash de l’humour (sexe et violence meurtrière), même si cela revient un peu à se priver de ce que le jeu offre de plus intéressant, ou encore de ne pas spoiler les rares références au premier épisode. Quelques features, enfin, manquent encore à l’appel, dont l’une des plus importantes : la galerie d’illustrations à débloquer. La synergie entre écriture, dessin et musique est en effet l’une des plus grandes forces du titre !

Si Monster Prom vous intéresse, commencez directement par le premier jeu, moins cher et plus riche. Cette suite se destine avant tout à toutes celles et tous ceux qui ont accroché à l’ambiance farfelue et caustique de Monster Prom et ne souhaitent qu’y retourner, qu’ils y projettent la nostalgie de leur jeunesse ou au contraire un désir de revanche… Et si vous appartenez à cette deuxième catégorie, allez-y sans souci.

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Catel

Catel

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