Rapide Critique

Partisans 1941

Développeur : Alter Games – Éditeur : Daedalic Entertainment
Date de Sortie : 14 Octobre 2020 – Prix : 30 €

On se rappellera avec nostalgie des Commandos du studio espagnol Pyro en jouant à Partisans 1941, un jeu de stratégie en temps réel en vue du dessus, chose devenue plus ou moins rare même si le genre semble reprendre un peu poil de la bête ces derniers temps. Au cas où son titre ne vous aurait pas déjà vendu le pot aux roses, il s’agit de Seconde Guerre mondiale, du front Est, qui s’attardera cela dit avant tout à ce qui pouvait se passer derrière les lignes tandis qu’un certain commandant Zorin tentera de réunir quelques bras volontaires – des partisans – homme ou femme, soldat comme adolescent, pour combattre la menace nazie et la repousser loin d’un peuple en souffrance.

L’histoire de Partisans 1941 suffit à donner du contexte à son gameplay mais ne semble guère offrir plus que cela. Ses personnages communiquent régulièrement entre eux, notamment entre deux missions autour d’un feu, mais peinent à dégager la moindre émotion sincère en raison d’une écriture relativement peu passionnée malgré son engagement à vouloir nous décrire la vie de petites gens aux prises avec les nazis au quotidien. Heureusement, on n’en attendait pas forcément plus, mais sachez que sa narration ne soulèvera pas les foules. 

Reste donc le jeu en lui-même qui joue sur un registre familier reposant sur l’appréhension de son environnement, le repérage de l’ennemi et de ses rondes, et la mise en place de notre escouade improbable. Bien qu’il ne nous l’impose pas – être bourrin étant parfaitement possible – la discrétion et l’infiltration vont se révéler bien souvent la solution la plus idéale. Dans le cas contraire, passer aux forceps au travers des lignes ennemies se soldera la plupart du temps par des dégâts lourdement infligés à notre escouade, ainsi que le gaspillage de nombreuses munitions. 

La subtilité remporta à n’en pas douter tous les suffrages tant et si bien nous permet-elle de progresser avec plus d’aisance, s’avérant de toute manière plus intéressante et stimulante intellectuellement parlant que la violence pure et dure dans le cas présent. Pour mieux nous servir, on a droit aux habituels cônes de vision, la gestion du son très importante, la présence de nombreuses cachettes pour les corps à peine refroidis de nos ennemis tout comme un arsenal de solutions plus silencieuses pour s’en défaire comme le couteau.

Néanmoins, il arrivera que faire parler la poudre soit la meilleure des solutions, et pour se faire, nos héros disposeront d’un arsenal d’époque convenu, chacun ayant leur spécialité dans la maîtrise des armes qui viendra s’exprimer au travers d’un arbre de compétences à débloquer au fur et à mesure. L’IA reste conventionnelle pour nous contrer, les cartes ressemblant parfois plus à de vastes puzzles, l’aléatoire n’ayant pas trop cours dans ces environs. On appréciera cependant quelques touches personnelles du jeu, comme le fait qu’un chef d’escouade ennemie pourra remarquer la disparition d’un de ses soldats.

Dans sa progression, Partisans 1941 reste relativement commun tout en étant efficace, les missions se durcissant en termes de difficulté sans pour autant atteindre la complexité d’un Shadow Tactics. Ses niveaux n’en restent pas moins intéressants, une fois quelques heures passées après les premiers assez petits et pauvres en termes de complexité. Les niveaux de tutoriel sont d’ailleurs nombreux et font du mal à un jeu qui peine à trouver du rythme.

Point original, Partisans 1941 se repose entre chaque mission sur une gestion de nos héros. Il sera dès lors possible de leur assigner des tâches pour augmenter nos ressources nécessaires au “financement” de nos missions. Ces tâches restent par contre étonnamment superficielles au bout du compte et on aurait très bien pu s’en passer pour se concentrer sur les missions principales. Une idée intéressante qui aurait pu profiter d’un peu plus de travail et de profondeur.

Partisans 1941 est un jeu intéressant pour peu qu’on s’intéresse au genre. Il est joli dans son genre mais souffre de plusieurs bugs frustrants et d’un pathfinding perfectible. Derrière se trouve un jeu de stratégie en temps réel qui émule les Commandos et Cie, manquant cela dit d’un peu de finition et de passion pour réellement nous émoustiller. Sa proposition de jeu reste divertissante au demeurant mais pourrait ne pas en enthousiasmer certains sur la longueur.

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Vasquaal

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